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Désintégration – un chant dans les hautes terres de Mongolie – ( RC )


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Le soir devient un fait établi,
et s’étale,          presque fluide,
sur les hautes plaines de Mongolie.

On perçoit dans la langueur des ombres,
un chant étrange,       comme si les pierres,
en tapis, étaient le fruit de paroles sèches,

une métaphore du désert chantant  :
le reste de l’explosion des roches,
répandu dans le désert de Gobi,

l’esprit des dunes,
une désintégration,
à échelle minuscule,

un fractionnement ( en tous petit morceaux ) ,
qui s’assemblent au gré du vent,
avec                 une fluidité lente .

>    On n’en cerne pas les formes,
car les dunes se déplacent
et ondulent,            dans le silence,

( ou presque, )
puisque ce chant ténu,
serait celui ,

produit par la friction
de quantités de grains de sable,
auquel l’horizon         répond,

en un bourdonnement continu
qui semble de loin,
horizontal,       justement,

mais recule,
de même     que les distances
alors que l’on s’avance .

Les ondes s’étirant,
tant dans l’espace aérien , qu’au sol,
arrivant à  fusionner.


RC – juill 2017

 

basé  sur la musique  de Tristan Murail  » désintégration »,

composée précisément par rapport au désert de Gobi .


Pentthi Holappa – parfum de fumée


peop care  04.jpg

montage perso –

 

 

Parole de ruine

 

Je veux venir près de toi.

Je ne trouve vrais ni la pierre, ni le monde ni les distances.

Le coup d’aile d’un oiseau dans le ciel de grand gel dure

aussi longtemps que la ville aux murs coulés de béton

Il m’a fallu me briser avant de perdre mes illusions.

Aujourd’hui,
je suis certain que tes cellules m’entendent
quand je parle la langue aux mille sens des ruines
en moi-même,
mais rien que pour toi en vérité.

 

Parfum de fumée (1987)


Cette dame blanche – ( RC )


photo :  Elisabeth Kalinovski

 

 

C’est cette dame blanche,

qui ne se montre qu’en robe de soir,

au milieu des étoiles.

 

Certains disent que c’est comme une bulle,

échappée de l’étang ,

que les arbres n’ont pas pu retenir,

ni les oiseaux

 

et qui n’en finit pas de grossir,

légère et qui s’envole

toute ronde,

 

pour faire le tour du monde,

emportant son secret

dans sa face cachée .

 

Elle se méfie des hommes,

et de leur indiscrétion :

ils ont débarqué un jour sans prévenir,

ayant décidé de venir

à bord d’un vaisseau métallique,

dans une étendue désertique.

 

( un endroit impersonnel :

Y avait même pas un hôtel) !

Mais la dame étant fière :

 

elle n’a donné aux hommes que de la poussière,

car malgré sa bienveillance,

elle garde ses distances .

– L’espace est immense,

et tout le temps elle danse :

et tourne sans bruit :

Elle se fait belle chaque nuit

pour se faire caresser par le soleil :

Sa lumière l’émerveille .

 

Depuis la nuit des temps,

elle rêve d’en faire son amant .

( Aujourd’hui la lune est rousse

 

regarde comme sa peau est douce ! )

Elle n’a rien d’un épouvantail,

à cause de sa petite taille :

 

mais elle grossit de jour en jour :

et compte bien jouer un bon tour

à la terre

 

qui la maintient prisonnière :

elle se réveillera en sursaut,

sans ses ruisseaux,

 

et la mangera petit à petit

avec grand appétit :

La terre sera son satellite

 

elle la prendra sous son orbite

elle deviendra planète à son tour

ne serait-ce que par amour

et concurrencer Vénus .

 

Elle a bien d’autres astuces,

car notre dame blanche

voudrait bien prendre sa revanche :

 

( avoir à ses pieds le système solaire ! )

  • ça, ce serait le monde à l’envers !

RC- nov 2016


Pas d’épaisseur , de celle des pierres – ( RC )


photo wikipedia

 

Je te verrai,

Image présente,

A travers les murs,

Tournant mon regard

Vers où je te sais.

 

Il n’y a pas  d’épaisseur,

De celles des pierres,

A jouer la distance

Avaler les espaces,

Les collines et les villes,

 

Redessinant tes gestes,

Comme si la barque des songes,

Ouvrait aux portes  du jour,

Ta silhouette indécise

Se découpant dans la brume.

 

RC –  juin  2014


Eric Dubois – entrelacs


peinture:                 Larry Rivers                      the last civil war veteran

ENTRELACS

Tu as fait                    Des bains de mémoire                       Dans les souvenirs
Tu t’es noyé              Imperceptiblement                             Dans les non-dits
Tu as perdu              Des amis            Tu as glissé               Dans les entrelacs
Désormais le présent                    S’octroie une pause                   & le passé

Temporise      tes excès            Dans les non-dits        Tu pars à leur recherche
tu partages tes repas       avec des absents     tu bois à la santé d’inconnus
tu parles à des doubles     qui n’en sont pas        Tu as glissé

Dans les entrelacs    Désormais le présent     S’octroie une pause & le passé

Temporise        tes excès       qui n’en sont pas
Des bains de mémoire          Tu en as les séquelles      Des souvenirs
Tu n’en gardes que                                                            La quintessence
Sur les non-dits              Tu gardes les distances        Des souvenirs
Des amis                Désespérément             Tu pars à leur recherche
Tu as glissé          Dans les entrelacs

 

Extraits de «Estuaires»                                  éditions Hélices collection Poètes ensemble

© Hélices éditions    http://helices.fr