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Armand Robin – vieille communiste


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XII

Une femme pas vieille, Mais vieille communiste,
Étendit les bras, cria :
—    Arrachez-moi du corps les haillons du dogme!

Revêtez-moi d’un manteau tout simple !
Elle s’est réveillée, couverte de plaies
Et comme stigmatisée :
Le sang que dans les geôles versent
Ceux qu’assassinent les messieurs des bureaux
Perlait sur ses tempes.
XIII
Ils sont accourus, ils ont braillé :
—    Le communiste ne meurt pas !
Mais il n’est pas encore arrivé qu’un homme ne meure pas

Et plus l’homme a de la valeur,

Plus grande est pour lui la douleur.

Ils sont accourus, ils ont braillé :
—    Dans le socialisme.
Un doigt blessé ne fait pas mal.
Ils se sont blessé un doigt, Ils ont eu mal, Ils ont douté…


Embrasser le monde, même à courte échelle – ( RC )


peinture Antoni Tapies_- 1951 Asia _Sao Paulo Museum of Modern Art, Brazil

peinture Antoni Tapies_- 1951 Asia            Sao Paulo Museum of Modern Art,           Brazil

 

 

Avec quelques idées, des pas hésitants sur la berge,

Il se hasarde sur le seuil de l’existence,

 

Et quelquefois trempe son corps         en entier,

Ou juste un doigt,   histoire de « tester ».

 

C’est sûr,                sa vue ne porte pas loin, pas plus

que la lueur d’une lampe de poche, pointée sans grande portée.

 

Nous dirons que c’est la nuit, ou un soir bien avancé.

Ce n’est pas un phare, qui fend l’obscurité.

 

Mais plutôt une luciole .

Une pensée qui jouit de sa propre lumière .

 

L’étreinte de l’extérieur,             est un espace .

qui semble se refermer sur lui à mesure qu’il avance .

 

L’arbre était immobile ,  sentinelle de plein vent .

Une présence,   qu’il aurait pu ne pas voir ,

 

s’il était passé une dizaine de mètres sur le côté .

En fait,        la marche porte son propre aveuglement .

 

Il est difficile d’embrasser le monde, même à courte échelle,

Sans se faire porter par la lumière d’un astre .

 

Celle d’un livre, par exemple .

Sans être universel,           le regard en sera plus étendu .

 

 

RC – nov 2014


Anna Jouy – Lève-toi


Photo:  Eve  Arnold : photo: Eve Arnold  :Silvana Mangano avec Brancusi au MOMA , en1956

Photo: Eve Arnold :      Silvana Mangano avec Brancusi au MOMA ,               en1956

 

Un  texte  issu  de l’abondant site  d‘Anna Jouy, de sa section « prosaïque« –

( une  écriture très originale)

 

—-

 

la nuit vient de finir au siphon, je l’ai vue tournoyer comme un doigt dans l’eau, dans le sens du temps.

 

une lune de chrome, visière passoire, brillante, électrique, minuscule lampadaire sur les chutes de mon bain

la nuit silencieuse qui s’en va avec la clochette du chat encenser la lumière, à la fraîche

et moi dedans, corps et rêves à retenir ses fanes.

 

…cette aube toujours entre nous

 

la nuit des filles au nombril de diam’s et le reste en deuil

la nuit dont on dit tant de biens et panse tant de maux

composition de mystères, ses potions, ses homélies

la nuit qui voile la terre pour mieux ouvrir le ciel

lever la tête, tendre vers ses étoiles

oh! oui la nuit des femmes, quand tout traîne à la semelle de jour en jour

 

…c’est bien l’aube

je change de bain et  revêts  l’étole esclave des messes journalières .

 


Même si tu n’es plus – ( RC )


photo: Lux Coacta

                             photo:           Lux Coacta

 

 

S’il faut voyager dans la mémoire,
Et dans les chapitres
Que je t’ai dédiés,
Je revois ton visage,
Quelque part  réapparaissant
Au détour du chemin,

Et je passe le doigt sur ton sourire,
Malgré les rideaux de pluie,
Qui rebondissent sur la terre,
Et l’amollit pour mieux feuilleter,
Les pages du temps dilué,
Inondé d’émotions .

L’œil reste envoûtant ,
Le regard  énigmatique ,
Imperméable
A la déroute des ans,
Partis et disséminés,
Au petit bonheur,

Mais le souvenir,
Lui,           resté intact,
Retrouvé dans l’écriture fine,
Couchée dans tes lettres,
Comme l’enveloppe ouverte,
D’un poème permanent .

Même, si tu n’es plus…
( comme on dit ) .

RC –  juillet  2014


Guy Goffette – La peau du soir


 

peinture: James  Rosenquistpeinture:  James  Rosenquist

 


Tandis que saigne longuement
la paume du soir
qu’au fond des plats d’argent
se figent les sauces
une petite fille se pique d’être femme
dans la peau du miroir
lissant d’un doigt mince
sur la poitrine d’une star quadrichrome
la rose de papier qu’une mouche traverse
comme elle indifférente
aux ruines de nos jours.

 

G G

 


Le ciel s’appuie sur nos épaules ( RC )


peinture  perso:      grand  é:  huile  sur carton  1998

Réponse  au post  de Tikopia…

Si le ciel  s’appuie  sur nos épaules,
Alors, les mondes lointains, nous enveloppent
Les comètes  nous montrent  du doigt,
Et se rient  de la pesanteur qui nous confine
La poussière des étoiles  nous accorde un peu
de lumière, enfin, celles qui n’ont pas  choisi la voie
du noir.


En présence de l’inconnu ( RC )



Un quart de tour de terre
Suffit à bouleverser les  critères,
Mettre en présence l’inconnu
Aux enfants marchant les pieds nus,
Dans la poussière…
C’est quand même un mystère
De voir arriver par les airs
Et au-delà des mers

Tous ces gens  venus d’ailleurs
Et d’un monde pensé meilleur,
Sortant de leur carrosse
Qui se reflète dans les yeux  des gosses.

Ils n’en  croient pas leurs yeux
Quand viennent  se poser devant eux
Brillant de chromes et courbures,
De grosses voitures

Que leurs mains ,  osent parcourir
Les toucher du doigt, en garder souvenir
Lors d’une  courte pause, regards en miroir,
Les reflets du toucher, se jouent en noir…

C’est avoir  à portée  de mains,    le mythe
de l’occident,      – que les  rêves  habitent…

Il y a toujours des pensées avides,
Même pour les bouteilles en plastique,  vides.

RC   –  24 décembre 2012