voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “dormeur

Paul Vincensini – le dormeur


 

Eggleston, William (1939- ) - 1970c. Self-Portrait 8530661830.jpg

photo: William Eggleston

 

Le dormeur atteint par son silence
La clarté la douceur et la durée
Des racines heureuses
Qui ne voyagent qu’en elles
Loin des feuillages infidèles
Des oiseaux criards
Et des couleurs du ciel

« D’herbe noire », 1965.


S.M.Roche – Nocturne


372023

 

 

Des ailes bruissent au fond d’un seau,
des formes surgissent de la terre,
d’autres sont accroupies.

La rumeur de leurs mains nappe la ville.
Un dernier fruit tombe du ciel
sur la tôle du poulailler
et les coqs sont réveillés.

Personne ne pense aux étoiles,
il a fait trop chaud tout le jour.

Le dormeur amène la voile,
le songe s’engrave sur le lit,
le poème s’est perdu.

Il reste le bois fendu
d’une nuit sans sommeil.

 

– A lire, avec beaucoup d’autres  sur  le site « chemin tournant »


Diana Der-Hovanessian -Poème ouvert


peinture: artiste américain ( non identifié)

peinture: artiste américain ( non identifié)

la mort se trouve à côté chaque dormeur
ce jour se réveille
guette toutes les étapes
en posant le talon
qui rythme s’accélère à nouveau
et exhale chaque souffle
sauf où l’amour y respire

death lies beside each sleeper
that day wakes up
stalks every step
puts down the heel
that pace picks up again
and exhales every breath
except where love breathes in
ce texte, dont j’ai tenté la traduction,   est extrait du très riche  site  de la poésie  arménienne,  visible  ici.

Carlos Martinez Rivas – Portrait de dame avec jeune dormeur


peinture:         Fernando Botero           » le déjeûner sur l’herbe »

PORTRAIT DE DAME AVEC JEUNE DONNEUR

La jeunesse n’a pas où appuyer la tête

Sa poitrine est pareille à la mer.

Comme la mer qui ne dort ni de jour ni de nuit.

Elle est en formation

et non pas groupée comme la maturité.

Comme la mer qui dans la nuit

et alors que la terre dort comme une souche

se retourne dans son lit.

Seul.

Retiré dans ma toux.

De mon lit qui grogne j’entends couler l’eau.

Toute l’eau qu’on entend passer la nuit sous les lits.

Sous les ponts.

Les oiseaux du ciel ont leurs nids.

Nids étrangissimes

Les renards et les renardes ont de joyeuses tanières

où faire ce que bon leur semble.

En la laissant pour demain sa vie passe.

Et à la Pinacothèque de Munich,

sous le grand champignon, à l’ombre affable des Vieux Maîtres,

ou dans la marmite du plaisir,

renversant sur le sol son futur

Il dit à sa jeunesse, à son divin trésor il dit :

– J’attends seulement que tu passes pour me servir de toi.

Et apprendre à m’asseoir.

Commencer à prendre figure.

Voilà ce que fit Mister Carlyle, le dyseptique.

Ce que firent Don Pio Baroja et son béret.

Ou Emerson (« … une physionomie bien achevée est la véritable et unique fin de la Culture »).

Et tous les autres Octogénaires, ceux qui escamotèrent leur destin :

le propre, ce qui de l’homme fait une rosse

et finit en lunettes, museau, moustache individuelle et entêtée.

Voilà ceux qui parvinrent à ‘la fin et réglèrent l’affaire et méritèrent

un portrait dans leur vieux fauteuil rose

déjà chauve et beau à leur semblance.

extrait de recueil de poésie  sud-américaine


Marina Poydenot – Le rêve dans le dormeur


peinture: le berceau: Berthe Morisot

 

 

 

 

 

 

provenant de ses vers « libres »…  voila un aspect des créations  de Marina Poydenot

Le rêve dans le dormeur

Parcourant des milliers de comètes,
pieds nus,
le rêve
se change en ascenseur,

étoile dans un boyau noir.Dans un va-et-vient confus
quelqu’un te prend la main,
tu retrouves l’odeur de chlore
qu’il ne fallait pas respirer,
le timbre grave qui te faisait peur
et t’enfantait.Tu t’éveilles plein de voix
dans le silence de la nuit,
à te demander
qui rêve dans le dormeur,
qui parle
à qui,
ensemble séparés
par une mince feuille de temps.