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Béatrice Douvre – L’oiseau


Oiseau  promenade  V Brauner  6_z.jpg

 

peinture :  Victor  Brauner   promenade  de l’oiseau –        1958            Grenoble

 

L’oiseau ensemble
Ton pays se souvient
De la tempête ouverte
D’un nom plus fort que les oiseaux
D’un vent serré dans les mémoires
Les grands toits de la neige attendrissaient nos doutes
Nous courions, enfants des libertés d’oiseaux
Sous des rocs confus de la mémoire divine
Un grand souffle éclairait nos lampes dégagées
Ton pays se souvient-il
De la terre et du vin
Que nous buvions sans doute
Dans les maisons fermées ?

—-


Que chacun reste à sa place – (RC )


carreaux -  raku -

 

montage  perso  2012

 

 


Je me méfie des signes
Clignotant dans la nuit.
Ce sont peut-être des phares,
Guidant les marins vers le port,
Ou des feux  sournois qui égarent…

Je me méfie des symboles,
Et des grandes formules;
Des lions ailés  sur les  drapeaux,
Des discours et grandes phrases,
De bavards, et de l’emphase.

L’image peut-être  trompeuse,
Et celui qui l’utilise,
Le fait souvent habilement,
L’abondance  nous cerne,
Ce qu’on appelle « prendre des vessies pour des lanternes ».

Que chacun reste à sa place,
Et vénère ou non, un dieu.
Je n’ai rien contre les  convictions,
Le parcours de l’imaginaire.
Chacun est libre, les pieds sur la terre,

De percevoir entre les nuages,
Les murmures des oracles,
Et de croire  aux miracles,
De lire des figures
Dans le marc de café…

Chacun ses choix.
Quant à en faire une loi,,
Imposer ce qu’il faut croire,
Permettez que je doute,
Je ne partage pas avec la planète,

Mes hallucinations.
Je ne suis pas  conforme,
Et pas fait pour les dogmes.
Et j’ai quelque  suspicion,
Envers la politique, et la religion.


RC –  sept  214


Un glissement des sens affecte le silence – ( RC )


peinture: Philipp Perlstein

peinture:             Philip Perlstein-         Aaron Douglas

S’il suffit d’être le sommeil où se réveille le jour.

Je peux attendre le retour, celui de la lumière

Dessillant les paupières, mais aussi, les yeux de l’esprit.

Je peux rester immobile.

Je me ferai statue, dans un jardin,

Couvert de mousse à longueur  d’années.

Celui qui reste  figé à attendre, que se transforment en fleurs,

Les réalités du matin naissant.

Mais il y a de beaux jardins  et une belle terre ;

Je la prends dans mes mains

Et , jusqu’à présent disparu à moi-même,

Comme l’était la Belle-au-Bois ( elle attendait)…

J’ouvre les paupières, au début avec

Doute et circonspection.

Je tâte mes membres.

Tout est en place,

Le cœur est là, … il ne se pose pas de questions.

Le ciel se strie d’évènements recommencés.

Des mouvements minuscules, et d’autres, apparaissant comme des cataclysmes.

Un glissement des sens  affecte le silence,

Je suis pris par un frémissement.

C’est un réveil.

La lumière est déjà haute dans le ciel.

Il ne me reste plus qu’à la dire.

La statue s’est mise en marche.

Elle ne s’arrêtera pas.

RC  –  janvier  2014


Si tu manques de souffle (RC)


peinture; Henri Gervex

Si tu manques de souffle, c’est parce que monte la route
Et qu’en début de printemps, l’oiseau picore du doute
S’il a laissé ses ailes  trop longtemps pliées
Alors que la vie bruisse , dans l’éveil des insectes ailés
Et l’ours brun en sortant de sa tanière, ébloui par le soleil
Sorti de somnolence, a même oublié, jusqu’à la saveur  du miel

Ainsi, en se réveillant d’une parenthèse  que nul n’habite
Tu retrouves  avec elle le sourire, que sa bouche abrite
Le son  de sa voix, sa parole et ses gestes aimants
Qui délaissent  le triste et font revenir, du passé, l’avant.

If you run out of breath, it is because the road goes up
And in early spring, the bird pecks of doubt
If he’d left its wings, too long folded up…

While life rustles,  in the wake of winged insects
And the brown bear coming out of his den, dazzled by the sun
Out of sleepiness, even forgotten, until the taste of honey

Thus, waking up for a break , that no-one dwells
You find  her mouth again , where shelters  her smile  ,

The sound of her voice,   her loving words and gestures
Who leave the sad,     and makes the past forward.

 

 

RC  9-avril 2012

 

en écho à Tikopia… sur son tout  récent post

 


aux lendemains qui doutent, les tornades immobiles (RC)


installation: Tony Cragg: homme assemblage

aux lendemains qui doutent, les tornades immobiles

 

Tornades immobiles, étendons nous,

L’épicier de passage nous assaisonne, de remords.

Tchernobyl nous survole de son œil indolore,

Le sang est invisible dans l’espèce d’espace

où les frontières n’ont plus cours.

 

Aux vents de l’absence, recroquevillés d’indifférence,

Des entiers des hivers des étés mélangés.

Poussières en petitude, longueurs de vie rabougries

Toujours un fauteuil roulant , pour nous attendre

 

Vieillesse et sécheresse, l’histoire continue sa route

Pour nous, sans nous aux lendemains qui doutent

 

 

 

Ce texte créé le21 mai 2011 ——->est en écho à celui de

Question d’espace

 

 

photo - photo montage de photo personnelle et d'un auteur des années 50