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un pont entre tes paroles – ( RC )


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détail d’une peinture de Botticielli (Vénus et Mars )

 

 

J’ai entendu la mer
dans la conque marine.

Et dans le ressac,
m’est parvenue ta voix,
dans le silence qui se retire,
suivant la marée basse.

Il y a du silence en toute chose,
et c’est un pont entre tes paroles.
Elles se poursuivent dans le temps,
et l’émotion tinte de leur écho.

C’est une voix sereine
qui rend sa grâce
au sourire d’un enfant,
auquel tu redonnes le souffle.

Je t’ai écoutée,
comme le ressac,
dans la conque marine.


Bassam Hajjar – Ils recouvrent de blanc ton absence


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Lorsque tu la quittes
ses murs se rapprochent
la maison qui, délaissée,
trouve son âme dans un coin
et devine, depuis un instant seulement,
la toile d’araignée qui pend
dans le familier
devenu vacant.

S’éloigne-t-elle maintenant ?

Ou bien la fais-tu basculer dans le vide

de tes yeux mouillés

dans tes mains

dans le grand air

des lieux éloignés

comme si la fenêtre derrière toi

regardait vers le dedans

et s’éloignait à son tour

tandis que t’absorbent la rue et le tournant
avec une boule dans la gorge
de la taille de l’océan.

Elle ne te voit plus maintenant
la maison qui se blottit dans les entrées désertes de son âme
comme si dans le silence de ceux qui restent, là-bas,
elle baissait la tête et prêtait l’oreille
à l’écho des pas d’hier

à l’écho du rire ou du chuchotement dans les salles de séjour

et les chambres

dans la cuisine

sur les étagères et la table
dans les coeurs étincelants des bouteilles d’eau et de cognac.

Comme si elle devinait
que la petite femme
habitait toujours son coeur
et marchait pieds nus pour ne pas troubler la quiétude
dans son esprit brisé,
comme un murmure
qui s’élèverait en elle, .

et de ses flancs
coulerait l’aigreur de l’attente.

Comme si, quand nous partons, c’était la maison qui nous
quittait,

les tableaux et les étagères descendent des murs
les récipients s’en vont
les meubles aussi
la couleur quitte la maison
tandis que les rideaux restent tirés sur son secret
ainsi que les amantes.

Comme elle est nomade, la lumière
et comme l’ombre est sédentaire

Et les maisons dans la mémoire sont des chambres obscures
des couloirs
la respiration tranquille des draps endormis
réfugiés dans la béatitude de leur bleu
seuls et lisses
seuls et creux comme les veuves
les veuves que sont les maisons
lorsque nous nous éloignons d’elles,
que nous faisons signe de loin
et qu’elles font signe de loin.

Puis la trame de l’horizon se relâche

et l’air se tend,

ni l’oeil ne voit

ni les fenêtres ne clignent

et entre eux la distance commence à se remplir, le temps
commence à creuser.

Ma fille distribue-t-elle en ce moment les rôles du soir ?

Discute-t-elle avec sa voisine la poupée ?

Fait-elle manger Snoopy avec sa petite cuiller ?

Trouble-t-elle l’esprit tranquille de la maison ?
Ou bien dort-elle ?

Et quand la mer passe dans sa nuit
elle se retourne, comme sur l’écume d’une vague,
et son visage s’éclaire, halo de sommeil.

La somnolence c’est aussi les maisons
leur apanage et leurs fantômes cachés
lorsque l’air, alourdi par la fumée et les lampes du soir,
endort la petite femme sur le canapé
tandis que se noie la table du bureau
dans le flot des néons
que bâillent les papiers et les livres
que s’arrête le poème.

Lorsque tu la quittes
ses murs s’écartent

La maison, vaste,
imite le désert des livres
le hurlement des loups au loin
tandis qu’un écho s’écoule de ses flancs.

Qui est l’absent ?

Les choses sont à leur place, sauf toi
les choses sans toi
te cherchent là où tu n’es pas.

Ils te voient là où tu n’es pas.

L’absent est avec eux
dans la photo, sur la chaise, derrière la table,
derrière la fenêtre,

ou bien tu avances, sous leurs yeux, dans la rue
les pieds exilés et le torse maigre.

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Quelque part où les lignes courent, s’enfuient – ( RC )


 

 

 

graphique: Richard Diebenkorn: sans titre 1993

graphique ( gravure  ? ):       Richard Diebenkorn:           sans titre 1993

 

 

 

 

 

 

 

–Quelque part où les lignes courent, sur le corps de la terre.

Certaines s’enfoncent ,s’enfuient

rebondissent sur les accidents du terrain,,

la chevelure obscure des bois denses.

 

Sans couleur pour l’instant, peut-être suspendue dans un gel provisoire,.

A chaque instant, celle-ci peut occuper les lieux,

Inonder la surface, comme le ferait le rideau du soleil naissant,

ou, à l’inverse, celui de la nuit .

 

Mais bien avant,           les collines se propulsent vers l’avant,

ou plutôt        les ombres,      se liguant contre le jour,

émergeant de la brume, comme              engluées

dans une couche épaisse de peinture.

 

Je perds alors la notion de distance,               divisée

par les silhouettes des poteaux électriques,    leurs fils dansant,

l’étagement des haies,       les champs s’empilant,            verticaux..

Tout est rythmé de signes qui n’ont pas d’autre signification qu’eux-même.

 

Même la route sur laquelle je m’appuie

se met à tanguer en virages     derrière un rocher 

Peut-être disparaît-elle               à jamais

Comme ce trait interrompu sur la toile.

 

L’équivalent d’une          stridence,

d’un appel qui ne trouve pas d’écho

émis par un chant d’oiseau,

bientôt bu par le silence .

RC – oct 2015

 

 

 


Ps posthume ( RC )


image: encre perso 1978

image: encre perso 1978

 

 

 

C’est  un dialogue brisé,

D’un grand coup de hache,

Qui t’a jetée au sol.

…. Et ce dialogue continue dans l’absence.

 

Il y a toujours

Sur la table,   tes paroles,

Prisonnières du papier,

Qui pourtant , s’envolent,

Aussi fraîches  qu’elles sont écloses.

Et qui parlent encore,

Sitôt sorties de l’enveloppe.

 

Je pourrais presque

Encore te répondre,

Mais mes lettres envoyées

Tomberaient dans le vide,

Comme dans un puits sans fond,

Ne restituant aucun écho.

———-    – plus aucun écho.

 

>           (alors,      je les pense  )

Peut-être aussi, que tu te caches si bien,

Que tu te confonds

Avec la nuit,

Comme un jour elle ,     ( tu ) m’enveloppera (s).

RC –   mars 2014

 

—–

 

– auquel je joindrai le beau poème de Pierre Dhainaut, qui va dans le même sens:

 

A la mort de M.

Pour qui parler sinon pour ceux qui nous précèdent
en l’invisible ?
Absent, ils n’ont qu’un peu d’avance.
Aucune inscription, seulement la terre
moins lourde, ici.
L’amour par-delà les regards,
l’amour affranchira les souffles :
acquiescer à la mort comme au feuillage qui s’agite,
nous faisons plus que retrouver la voix,
le silence y devient un arbre d’air ou de lumière.

Candice Nguyen – Forêt, Femme, Folie, un écho


Forêt, Femme, Folie, un écho

Forêt, Femme, Folie, un écho

The Sugar Plum Fairy Pr – Blind

 

J’habite un pays au-dessus des toits à hauteur de cheminées, sous mes yeux le creux qui s’étend. D’où je viens les eaux sont profondes, les cieux peu cléments, les lendemains incertains. Le grain des voix est cassé par la solitude des départs, de ceux qui durent trop longtemps, pour des destinations lointaines et se répètent souvent. D’où je viens les enfants partent en masse vers les tours de verre et reviennent rarement. D’où je viens les attentes sont plus grandes que par-delà les plaines, rêves à l’automne moins pâle, le crépitement du bois dans les foyers nombreux contre l’hiver intransigeant.

J’habite un pays au-dessus des toits à hauteur de cheminées, sous mes yeux leur absence qui s’étend. D’où je viens les forêts sont pour s’y perdre, les jeunes femmes y partent seules, de nuit, et reviennent quelques matins plus tard le regard fuyant, le ventre vide. Les ruisseaux sont gelés, le poisson prisonnier, des tâches sombres, rouges, se remarquent encore entre les feuillages au pied des arbres. D’où je viens les hameaux s’arrêtent en lisière des forêts, denses, sauvages, redoutées, et l’imaginaire magnifient les femmes et les portent hors de la maisonnée, l’extérieur apprivoisé, le tigre dompté. D’où je viens les hommes sont extérieurs à tout, n’ont rien en propre, pas de tâche assignée, fumer jouer chasser : se faire chasser. Ni des forêts ni des lignées, ils rentrent nus.

Et puis il vint des étrangers comme il en vient à chaque époque, en chaque lieu. On commença alors à faire tomber les arbres aux abords des sentiers et peu à peu nos peurs de la forêt sacralisée furent bientôt remplacées par la peur de sa propre disparition. On nous prédit l’expropriation, l’avènement d’un nouveau dieu, on mit à jour la futilité de nos croyances, à sac nos rites et nos terres. D’aussi loin que je me souvienne, peu ont résisté, il n’est de cycles qui se renouvellent sans le refus de s’enfermer.


Voyageur des frontières ( RC )


photo: Evo Lielsen

peinture       : Evo Lielsen

 

Il va, dans l’encaissement des vallées,

Des villes qui débordent,

Du gris et de la rouille,

Et quelques ponts sur la rivière,

Il y va

Sur ces voies,

Où les banlieues cèdent du terrain,

Vers des parcelles en pente.

Il va,

Dans la campagne abandonnée,

D’herbe pelée,

Le bois humide et des pierres anciennes.

Il va,

C’est un espace étroit cerné de montagnes,

Répercutant l’écho des nuages,

Où se hissent péniblement les routes.

Il arrive,

Au delà de la frontière,

Espérant que le gris s’extirpe,

Le langage avenant et solaire…

Il arrive,

Dans un pays, porté d’autres instants

Mais retrouve les vallées encaissées,

Et des villes débordant de gris et de rouille…

RC – 24 août 2013

(  écrit en repensant au roman de  Maurice Pons: « les saisons » )


Théo Léger – Perdu dans la Montagne un soir de novembre


 

 

 

 

peinture: Marsden hartley

peinture: Marsden Hartley

Perdu dans la Montagne un soir de novembre

 

 

Amples demeures des morts. La sourde. L’endormie.

J’entends se déchirer la caresse des branches

contre sa pierre énorme

j’entends la violente larme des torrents.

Je rôde sur une rive de fumée.

J’éveille une barque l’eau neutre les roseaux.

Je trouble à peine leur silence.

Je passe et ne laisse aucune ombre.

Chemin perdu, j’appelle.

A peine un écho me répond

un vent d’hiver.

Où sont les anciens voyageurs ?

Où sont mes camarades mes frères ?

Où sont ils ?

Soupir innombrable des pins contre une pente obscure.

 

 


Rasem Almadhoon – Echo


photo Michael Schlegel - Iceland

photo Michael Schlegel – Iceland

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je désire dessiner l’écho

Sur la soie de la mémoire

Sur le bois de l’attente.

Je désire écouter l’absence

Pendant qu’elle explique à l’inquiétude ses raisons

Et qu’elle entre avec elle dans un débat tenace et stérile.

Je désire dormir

Sans que mes yeux ne perdent le plaisir d’observer la vie

Pendant qu’elle accompagne les passants au matin

Vers leurs petites affaires quotidiennes.

Je désire être ici

Et là

Prêter attention à la pierre de l’oubli

Lorsqu’elle tombe lourde dans le puits des jours prochaines

Et lorsqu’elle annonce de haut

Que les miroirs de l’âme

Ecrivent tout ce qu’on n’a pas dit

Tout ce dont on n’a pas entendu le tintement.


Le temps a du sursis – ( RC )


photo perso: nénufars  du lac Tendrela - Burkina Faso, région de banfora

photo perso:                nénufars du lac Tengrela –             Burkina Faso, région de Banfora

Le temps a du sursis
C’est lui qui m’a surpris.
Je suis venu te lire
Avant que les pages ne se déchirent.

A me glisser sous l’écharpe
De tes lignes, j’attrape,
Un morceau de coeur en mots
Dont je me fais proche écho.

En redoublant d’efforts
… Autres horizons, autres décors
Pour Bd’ s et phylactères
Partager semblables repères

Aux parfums de fête
Qui t’ont tourné la tête
Que dire de l’intime ?
D’une vie qui s’anime…

J’entrecroise mes lignes
Aux tiennes,   nouvelles rimes.
Réconciliées aux lendemains
J’entrecroise les doigts des mains.

Et partage le reflet
mouvant des fées
Dans un lac au repos
Ondulant, sans crapauds

Au silence limpide
D’étendue liquide
Parfums, phrases d’amour
De tous tes mots autour.

RC  –   janvier 2012,     modifié  15 janvier 2013


Ombre et contrevents – Je te peindrai des ciels


peinture; Eugène Boudin: figures sur la plage 1886

Du blog  et de l’écriture  d’Adeline  chez  « Ombre et contrevents »

Je te peindrai des ciels

rien que des ciels

avec  parfois

un arbre nu

ou quelques mâts

pour dessiner des lignes

des lettres floues

tu y liras ce que  je crois

entendre

sans doute

un écho déjà  lointain

le vent rougira  mes joues et mes pensées

un nuage  d’anthracite  sera lourd de regrets

ou d’inquiétude

Mais si tu viens

pour un seul de tes sourires ébauchés

je reprendrai  la palette pour ajouter un soleil

A éblouir la mer