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Ismaël – la page de Tunis


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photo John Finnan

photo John Finnan

la page de Tunis « est extraite  d’une  parution de la revue sic du collectif Dixit

Je n’ai d’autre chevelure, à tresser d’azur. Que celle de la nuit. Tombant, opaque, et malléable, sur le jasmin du mur. Son image. Le miroir n’est pas un miroir. S’il consent à la forme. Et la nuit, n’est pas nuit. Si elle ne tombe, que sur sa propre image. La mort est perpétuelle. Tresser la nuit. Briser le miroir. Ce n’est que faire trembler l’invisible. Ce n’est que chatouiller l’arbre, lorsque le désir du fruit cueille la faim. Déraciner la perpétuation,
en lieu et place, laisser l’inconnu germer. Le seul travail de la terre, qui vaille la peine d’oublier l’horizon.
Je n’ai aucun devoir de mémoire, sauf celui du rêve. Sauf le devoir de verser au sommeil, à boire, à se désaltérer, du nuage. Les nuits sont faites du même rêve exactement de la même manière, que les mers sont faites de la même eau. Le rêve du jour n’est pas un rêve, c’est la négation du rêve.
Peut-être la mémoire du rêve, est-elle le sommeil de l’altérité.
Peut-être que c’est le sommeil qui se meut dans le rêve, non le contraire.
(Démonstration) le v(i)oleur ne veut plus de moi. Un corps (en dé)coule, une inclinaison. Il (dé)laisse ma personne vidée de tout bruit, sur cette pente, ailleurs.(Réponse)Je suis ailleurs
Peut-être que les inconnus que nous croisons en rêve ne sont-ils pas imaginaires, mais qu’ils se sont perdus dans notre sommeil. Ou bien peut-être que c’est nous, qui nous sommes perdus dans leur sommeil, à eux. Peut-être qu’eux aussi nous prennent pour des personnages imaginaires.
Peut-être que l’homme qui a cherché toute sa vie, la femme qu’il a aimée en rêve, savait-il, lui, qu’elle était endormie, comme lui, qu’elle s’était éveillée, aussi. Peut-être espérait-il qu’elle le chercherait, aussi. Et qu’ils finiraient, par se perdre, l’un dans l’éclat, de l’autre.
Peut-être le rêve est-il l’au-delà, du feu.
Je n’ai pas d’étoiles, à éplucher. Elle ne m’a laissé, qu’une ombre, inhabitable, dans la bouche.
Un samedi à minuit et dix minutes.


Ismaël – la page de Tunis


peinture- graphisme: Bachès

 

 

 

 

 

 

la page de tunis                par ismaël

Je n’ai d’autre chevelure, à tresser d’azur. Que celle de la nuit. Tombant,
opaque, et malléable, sur le jasmin du mur. Son image. Le miroir n’est
pas un miroir. S’il consent à la forme. Et la nuit, n’est pas nuit. Si elle
ne tombe, que sur sa propre image. La mort est perpétuelle. Tresser la
nuit. Briser le miroir. Ce n’est que faire trembler l’invisible. Ce n’est que
chatouiller l’arbre, lorsque le désir du fruit cueille la faim. Déraciner la perpétuation,
en lieu et place, laisser l’inconnu germer. Le seul travail de la terre,
qui vaille la peine d’oublier l’horizon.

Je n’ai aucun devoir de mémoire, sauf celui du rêve. Sauf le devoir de verser
au sommeil, à boire, à se désaltérer, du nuage. Les nuits sont faites du même
rêve exactement de la même manière, que les mers sont faites de la même eau.
Le rêve du jour n’est pas un rêve, c’est la négation du rêve.
Peut-être la mémoire du rêve, est-elle le sommeil de l’altérité.
Peut-être que c’est le sommeil qui se meut dans le rêve, non le contraire.

Peut-être que les inconnus que nous croisons en rêve ne sont-ils pas
imaginaires, mais qu’ils se sont perdus dans notre sommeil. Ou bien
peut-être que c’est nous, qui nous sommes perdus dans leur sommeil, à
eux. Peut-être qu’eux aussi nous prennent pour des personnages imaginaires.

Peut-être que l’homme qui a cherché toute sa vie, la femme qu’il a aimée en
rêve, savait-il, lui, qu’elle était endormie, comme lui, qu’elle s’était éveillée,
aussi. Peut-être espérait-il qu’elle le chercherait, aussi. Et qu’ils finiraient, par
se perdre, l’un dans l’éclat, de l’autre.
Peut-être le rêve est-il l’au-delà, du feu.
Je n’ai pas d’étoiles, à éplucher. Elle ne m’a laissé, qu’une ombre, inhabitable, dans la bouche.

 

 

parution collectifdixit

 


Marie Bauthias – L’ombre des leurres ( extrait 01 )


photo:             Andreas Ulvo

 

proche ou lointaine c’est
l’ombre qu’on recherche
le seuil où pourrait être dit la main son lit
le trésor qui veille à trouver à venir
la parole nomade qui nous rendrait amis
on cherche sans savoir une nuit efficace
un ciel qui roule de plus haut
sans doute l’autre endroit
le premier mot ouvert
on cherche
l’éclat et son sort


Journée immobile ( RC )


peinture: Franticek Kupka

peinture: Franticek Kupka

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La muse est malade

Conduit un astre ,pâle

Couleur de fiel

En coulures de miel

Une vague d’argent déferle

En un éclair, pareil

Confisque un soleil

D’or et de perles

La lune reste fade,

Une journée lointaine, râle

Laissée en rade

Aux couleurs sales

Les navires sont immobiles,

Se découpent en nombre

De coques sombres

Tout près de l’île.

Ma terre est encore si lointaine

Quand je revois son éclat

Malgré le soleil là;

Si las – et la route qui y mène.

RC  –   30 septembre 2012


Else Lasker-Schüler – SECRÈTEMENT, à la nuit


Avec la présente,  je continue la publication des poèmes de cette  auteure, réunis  dans la plaquette  qui porte justement ce nom   » SECRÈTEMENT, à la nuit »..paru auxéditions   « Héros-Limite »

Peinture indoue: palais de Hampi

pour  rappel  mes précédentes publications sont:

Else Lasker-Schüler – Arrivée

Mélodie

Le chant de ma vie

Au Prince Tristan

Un chant d’amour

SECRÈTEMENT, à la nuit
Je t’ai choisi ‘ Parmi tous les astres.
Et je veille – fleur aux aguets Dans le feuillage susurrant.

Nos lèvres s’apprêtent à préparer le miel Nos nuits chatoyantes sont écloses.
Les cieux de mon coeur s’embrasent À l’éclat radieux de ton corps –
Tous mes rêves irradient de ton Or, Je t’ai choisi parmi tous les astres.
———–
HEIMLICH ZUR NACHT
Ich habe dich gewählt Unter allen Sternen.
Und bin wach – eine lauschende Blume Im summenden Laub.
Unsere Lippen wollen Honig bereiten Unsere schimmernden Nächte sind aufgeblüht.
An dem seligen Glanz deines Leibes Zündet mein Herz seine Himmel an —
Alle meine Träume hängen an deinem Golde, Ich habe dich gewählt unter allen Sternen.
1907

peinture; aquarelle de Andrew Wyeth     de la suite  "Helga"

aquarelle de Andrew Wyeth de la suite "Helga"

et comme je l’ai fait par  deux  fois déjà,  en écho avec  les  créations  du peintre Andrew Wyeth.., magnifique utilisateur de la lumière…

 

A noter  au passage  que ces reproductions  sont  « rares » –  à savoir  que c’est  scanné  d’un livre  acheté  aux USA, et difficilement trouvable en Europe.