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Bassam Hajjar – tu n’es rien et ta parole est passagère


Adolph Gottlieb, Sounds at Night, 1948: peinture :        Ad Gottlieb –  sons  dans la nuit   1948

 

Ils ne s’appellent pas des tombeaux car personne n’y repose

de simples signes

celui qui passe, rapide dans sa voiture, tourne la tête vers eux

ou bien celui qui marche à côté d’eux,
distrait,

pas d’arbres hauts et plaintifs pour les entourer et les ombrager
pas de pierres debout
pas de noms
pas de murailles •
pas d’insignes
pas de sentiers.

Edifice d’un passage fugace ..
lorsque tu passes à côté de lui en t’éloignant
il s’amenuise doucement avant que le carrefour ne le dérobe

à tes yeux

avant que ne te dérobe à ses yeux
le carrefour.

Tu n’es rien
et ta parole est passagère, comme toi,
parmi des gens de passage

c’est pourquoi
je parle de moi,
moi,
qui ne passe pas souvent
dans ton horizon.

 

extrait de   « tu me survivras  » ( Actes Sud )


Nath Bardou – Ne disons plus


peinture perso 1991 huile sur toile ( détail )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne disons plus

 

Du bleu au rouge

Tournoyant sans repos

Autour des derniers bastions des orbites.

-Là, cogne la mémoire –

J’étais enduite de ton verbe et

Cimentée à ton souffle,

La poitrine crépitant

Au feu de l’ombre

– la paupière aux aguets –

Le temps que prend

La veine pour jaillir du marbre.

Chrysalide aquatique

Grignotée par un azur

Aux mille tentacules,

Et les nuits, le ventre clos

Roulaient

( le souffle parfois inquiet )

Sur les rails raides du vent,

Tout ce qui approche

Du sommeil aux canines blanches

A fait un long périple

Dans les océans de l’encre.

Echo de mannequins emmurés

Qui,

Traquant l’épi bleu,

Se sauvent dans l’interstice du silence.

Ne disons plus _

L’édifice s’écarte sous le poids du ciel

Et le sable retourne

Là où le soupir a balbutié.

N. B   août   2012

peinture perso   1991      huile sur toile                110x150cm environ