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Aude Courtiel – des jours des semaines entre un sourire et l’esquive


photo Kathia Chausheva

J’ai guetté les plis sur ta peau.
Des jours des semaines entre un sourire et l’esquive.
Des centimètres de nuages à boire.
Et la peur d’échouer.
Parce que rien ne remplace l’absent.
Que tout pourrait s’arrêter au silence.
Que tu pourrais contourner le vent.
Fermer les fenêtres.
Tapisser l’être.
Pourquoi ne pas enfiler la tombe.
La mort n’est pas le silence.
Tu pourrais aussi passer par les trous dans la porte.
Remettre à plat les plis.
Nommer l’espace.
Du dehors du dedans.
Tamiser le temps.
Avant, maintenant.
J’ai plongé un papier entre tes doutes.
Qui sait si tu l’enveloppes comme un rêve.
Femme à la mer
Combien de temps elle flotte ?
Combien de peaux ?
Des couches
Des plus ou moins vraies
Des plus ou moins fausses
Des promesses
Des effluves
De fauve
Des chiens des chiennes et du velours
À un poil près pointait le bruit du vent
Silence
Encore du temps
À la surface de la lune
Pour soutenir le foutre
Pour dilater la blessure
Prendre le large
À l’horizon qui sait, le chant des sirènes
Combien de temps flotte avant les sirènes ?
Femme marine à deux queues
Envie d’être en soi
En vie d’un toi
Bruit de peaux entre les flammes
Pas de larmes consumées
De cris à l’aveugle
Mais le murmure d’un ruisseau qui fume
Jusque dans la bouche Jusque dans l’iris
Chance
Incandescence
Le désir dilatait le rêve
Est-il encore chaud ?
Bruit de peaux entre les flammes
Pas de larmes consumées
De cris à l’aveugle
Hais le murmure d’un ruisseau qui fume
Jusque dans la bouche
Jusque dans l’Iris
Chance
Incandescence
Le désir dilatait le rêve
Est-il encore chaud ?
Bruit de peaux entre les flammes
Pas de larmes consumées
De cris à l’aveugle

Mais le murmure d’un ruisseau qui fume
Jusque dans la bouche Jusque dans l’iris

Chance
Incandescence

Le désir dilatait le rêve
Est-il encore chaud ?


Séverine Capeille – Cet effluve étrange et si particulier , propre aux objets abandonnés


« Cet effluve étrange et si particulier Propre aux objets abandonnés »

« J’ai traversé l’allée de l’immeuble, marché sur un sol carrelé
Il y avait encore les boîtes aux lettres sur le côté
Mais tous les noms sur des plaques carrées
Comme des petits cercueils alignés
J’ai senti l’odeur quand j’allais m’éloigner
Cet effluve étrange et si particulier
Propre aux objets abandonnés
De la cave en bas de l’escalier
Rosae rosae rosa
À ces parfums qu’on n’oublie pas
J’ai ouvert cette porte qui donne sur la cour intérieure
Vide. Sans trace des plantes vertes, des bacs à fleurs
Et du petit rosier. Une cour carrée et sans couleurs
Qui m’a fait envier Verlaine et ces auteurs
Illustres et bienheureux promeneurs
Retrouvant leurs antiques splendeurs »
pp. 20-21
D’autres extraits de De l’amour, de Séverine Capeille

Ombres contre vents – sous ce soleil neuf


image: illustration Maggie Taylor

encore un « ping »  comme on dit,  du blog d’Adelline…

Et sous ce soleil neuf

les fleurs  vivront elles ?

le sourire de leurs pétales

sera-t-il aussi éblouissant que l’an dernier ?

J’ai gardé le souvenir de leurs effluves

de leur  frémissement de soie

cette musique douce  invitait à la danse

à la joie

Tout reste inscrit dans le bleu pur

Dans l’espace de tes sourires

H S