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Entaille de l’histoire de l’Afrique – ( RC )


photo Luca Galuzzi 2007

photo Luca Galuzzi 2007

Sur les pistes où sont passés jadis,
Au milieu des sables et des rocs,
Tant de caravanes, et de cris,
Tant d’esclaves enchaînés,

Aux êtres vendus comme bétail,
Arrachés les uns aux autres,
Sous le fouet
Et les griffures du soleil…

Sur ces pistes, ne subsistent,
Comme vestiges, juste le sable
Des couches en ont recouvert d’autres,
Comme les années l’ont fait .

L’entaille de l’histoire, cicatrice
Gravée de générations d ‘exil,
Est pourtant toujours ouverte
Mémoire du tribut du sang, de l’Afrique

RC – mai 2014

 


Puits de la mémoire – ( RC )


photo Dina Bova

photo Dina Bova

Voila que je me penche
Sur le bord de ce qui entaille
La mémoire.

Ici le soleil ne se reflète pas,
Car le miroir des eaux,
Est si loin de la surface,

Que même se perdent les traces,
De notre enfance, de nos premiers pas.
– L’envers de notre destin.

J’ai beau tester la distance,
En lançant quelque objet,
Le bruit de l’impact s’absente,

Comme si le temps même
Se perdait dans l’écart
Des défaites de la conscience.

Me penchant au-dessus
De ce puits de mémoire,
Que rien n’éclaire,

Et dont je ne peux percevoir que la nuit,
…..         Aux rives de l’oubli,
Elle prend possession      de tout .

– Il faut que j’invente le jour,       et
La matière dont je serai fait,     peut-être

Demain.

RC-  8 novembre 2013

avec une citation qui rejoint le sens du texte ci-dessus;

« Ce n’est pas tout de naître, il faut encore naître une seconde fois à soi-même et au monde »——— Le ravissement :  in Le cantique des cantiques


Le geste avait pris sa main ( RC )


dessin calligraphique  à partir  d'une  sculpture  de Matisse,  exposition Matisse  et Rodin, musée  Rodin,

dessin calligraphique à partir d’une sculpture de Matisse,           exposition Matisse et Rodin,       musée Rodin,   décembre 2009

Ce qu’il se passe sur sa page,

je ne peux l’expliquer          …

il y a de l’oubli nécessaire, et un temps céleste,

qui brouillaient sa présence et dirigeaient ses pas.

 

                Des pas d’encre                quand je débarquais demi- inconscient,

franchissant des seuils sans s’arrêter,

usant de l’entaille comme des signes,       portés par une mémoire.

 

Elle était là, à ma place, basculant au bord du monde,

et se frayait un chemin parmi la surface,

                         toute à elle sans un parcours de sève ,

unie au tracé rapide sur la feuille qui tremble.

 

                             J’avais vécu le temps d’un baiser anonyme,

qui ne laisse de son passage, que la trace du dessin,

C’était un grand geste précis qui allait se lancer

dans une arabesque, et le mouvement seul,

avait pris sa main.

 

Il se demanda encore s’il y était pour quelque chose,

confondant le destin et le dessin.

                             Une seule lettre  en sépare le sens….

 

On lui dit que oui .

RC –  10 avril 2013