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Pentthi Holappa – les navires naufragés


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peinture: Katheryn Holt   naufrage

 

LES NAVIRES NAUFRAGÉS

 

 

Il n’y a pas d’abri contre la douleur, ni sous une cuirasse
ni dans le ventre de la mère. Y en aurait-il dans une
urne funéraire?

Prends garde aux nuits de pleine lune, quand la mer
reflète
les lumières de la ville !
Le ciel pourrait s’effondrer sur tes épaules.

 

Ta foi fragile dans les anges du ciel pourrait
se briser, si tu les voyais cueillir sur les récifs
les brassées d’or
des navires naufragés.

Tu te mettrais à pleurer, après l’esquisse d’un sourire.

 

L’homme est un enfant, qui même sous les coups n’apprend pas
que les miracles s’effacent dès qu’on les
contemple.
Ceci
n’est pas le pire malheur, mais plutôt de rester
au port
quand les anges déroutent les bateaux vers les hauts-
fonds.

 


Garous Abdolmalekian – Anonyme


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Tu m’as touché à l’épaule

Pour secouer ma solitude

 

Ah! qu’est-ce qui t’amuse?

Secouer la neige

Des épaules d’un bonhomme de neige?

On peut retrouver les textes  de G Abdolmalekian, aux  éditions Bruno Doucet

Jean-Luc Steimetz -Les herbes coupées


livre d'heures du duc de Berry - détail

 

 

                       peinture:  détail d’une  « heure »   ( riches heures  du Duc de Berry -)

 

Les herbes coupées

                                           bleues dans l’herbe.

Le poirier qu’il faudrait émonder.

Sur un fil

des étoffes rendues à leurs couleurs.

Dans une lavande

                                    les réseaux de l’épeire,

une guêpe agrippée.

Un livre de Chénier,

                                      ces deux trois vers

qu’il laissait parfois sans suite

comme

      où dort la solitude amante des ombrages.

La paresse attend la nuit.

Le temps ouvre ses heures,

                                                 les referme

aussi juste et calmement que le font les fleurs.

Le jour en coupole arrondit mes épaules.

 

Jean-Luc Steimetz


L’absence éveillée – ( RC )


document visuel: montage perso

                document visuel:         montage perso

 

 

 

 

 

Fi des saisons,

Et de leur danse …

Elles reviennent,

Comme elles se doivent,

Ce que tu vois depuis ta fenêtre,

Peint de lumière oscillante,

Se pare des couleurs,

De la nature.

Elle lui est soumise,…

Je n’ai rien inventé.

Et tu peux compter les années,

Qui lentement s’égrennent … ;

Rien ne vient

Dessiner un sourire,

Et occuper de son ombre,

Les rectangles de lumière.

Poser les bras sur tes épaules.

Il n’y a de pli dans le ciel.

Que l’absence,

Elle, toujours éveillée.

 

RC Janvier 2014

en rapport avec un texte  de Nathalie Bardou,

paru dans son blog « tentatives de lumière »


Alain Mabanckou – Le livre de Boris


photographe non identifié

                         photographe non identifié

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Livre de Boris
Est ton pays
Celui qui t’ouvre les portes
Sans fouiner dans la besace
De tes songes

Est ton pays
Celui qui t’indique où
Mettre tes songes en lieu sûr

Nul ne naît en terre étrangère
L’espace appartient à l’homme
Dont le sort est d’errer

Ne me demande pas mon pays d’origine
Regarde dans mes yeux baissés
La fêlure des horizons

… Qui t’a parlé du mot exil
Je ne le prononce plus

Bâtis dans ton cœur
Des terres de réserve
Des îles vierges
Ne demande à l’espace qu’un peu d’immobilité
Le temps d’une halte

II faut bêcher le territoire au jour le jour
Y planter un drapeau blanc
Et non des épouvantails
Qui apeurent les oiseaux

L’exil est aussi ce chemin
Qui délivre de la solitude

Tout homme seul
Porte la langueur du temps
Sur ses épaules
II pleure le cloisonnement
De l’espace

Mais toi
Regarde plutôt la splendeur
Des songes égarés
Dans l’herbe de ton enfance…

Alain Mabanckou, (Congo)


Le ciel s’appuie sur nos épaules ( RC )


peinture  perso:      grand  é:  huile  sur carton  1998

Réponse  au post  de Tikopia…

Si le ciel  s’appuie  sur nos épaules,
Alors, les mondes lointains, nous enveloppent
Les comètes  nous montrent  du doigt,
Et se rient  de la pesanteur qui nous confine
La poussière des étoiles  nous accorde un peu
de lumière, enfin, celles qui n’ont pas  choisi la voie
du noir.


Amandine Marembert – doigts d’un peigne


photo: Van der Keuken             Johann Jake avec Elise 1961

Un petit garçon un peu silencieux  d’Amandine Marembert,   est  publié aux éditions Al Manar.


il prend ma main penche la tête vers le sol pour que je lui caresse les cheveux
mes doigts sont les dents d’un peigne démêlant l’écheveau des phrases tues

Est-ce que des mouvements de bras de mains d’épaules suffisent à remplacer certaines paroles ?
les peaux savent-elles vraiment parler un tissu ponctué par les seuls grains de beauté


Robert Piccamiglio – Midlands – 01


J’apprécie beaucoup les textes  de Robert Piccamiglio;  Poète, il est aussi l’auteur  de romans  et pièces  de théâtre…

Son grand  récit  « Midlands », fait écho  – hommage, à son père, mineur…

en voici un court extrait…   (  j’ai fait attention à respecter  les  retours de ligne).

peinture: Tentation de St Antoine - Jerome Bosch

 

———

Le matin quand je suis parti

Peggy dormait encore.

Ou faisait-elle seulement semblant ?

Mais quelle importance !

elle avait su se montrer si aimante

malgré la tristesse de ses yeux.

Avant de quitter la chambre une main sur la poignée’ de la porte j’ai fait un signe amical aux poissons multicolores enfermés dans l’aquarium.

Toujours en mouvement. Nageant silencieusement. Sans but.

Mais pourquoi dans le fond faudrait-il toujours chercher un but?

De Denvers nous avions filé dès le lendemain vers le Texas. Houston.. La ville près du désert.

De la fenêtre de l’hôtel je l’apercevais au loin. Charnel. Immobile. Mystérieux.

Avec ces dunes déployées

comme des ailes battant d’une mesure millénaire les promesses de l’horizon.

J’ai fermé les yeux

et j’ai pensé à des épaules dénudées

de femmes.

Ces femmes que nous avons cru aimer.

Ou était-ce nous-mêmes que nous cherchions

à aimer un peu plus à travers elles ?

Le matin la fille est sortie la première de la chambre. Je devais dormir. Ou je faisais seulement semblant