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Francis Ponge – plat de poissons frits


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Mosaïque  romaine  – lieu  non identifié

 

Goût, vue, ouïe, odorat… c’est instantané :

Lorsque le poisson de mer cuit à l’huile s’entr’ouvre, un jour le soleil sur la nappe, et que les grandes épées qu’il comporte sont prêtes à joncher le sol, que la peau se détache comme la pellicule impressionnable parfois de la plaque exagérément révélée (mais tout ici est beaucoup plus savoureux), ou (comment pourrions-nous dire en­core ?)… Non, c’est trop bon ! Ça fait comme une boulette élastique, un caramel de peau de poisson bien grillée au fond de la poêle…

Goût, vue, ouïes, odaurades : cet instant safrané…

C’est alors, au moment qu’on s’apprête à déguster les ilets encore vierges, oui ! Sète alors que la haute fenêtre l’ouvre, que la voilure claque et que le pont du petit navire penche vertigineusement sur les flots,

Tandis qu’un petit phare de vin doré — qui se tient bien vertical sur la nappe — luit à notre portée.

Francis PONGE « Pièces » (Gallimard)


Daydreamdaisies ( ML ) – Love for life


peinture: Pierre Tal Coat

peinture:           Pierre   Tal Coat

Un texte  dans la langue originale,  de M L  ( du blog  de Daydreamdaisies),

suivi de ma traduction…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I cradle the silence

I bow my head as life’s candle is lit

I can see the flame trembling

In the meandering trail of birds

Rejoicing in the cry of a newborn

My gaze, it answers to the infinity

My fingers run smooth

In morning’s blinding curtain

With gratitude

With freedom of breath

In laughter and in vehemence

They run and my hands

They lift me up

When I throw myself in between

The blades of thunder and light

I am the spark

Flaring, blazing

I am the warmth born

Where those two blades meet

I am life

Where swords of contrasts

Sometimes dash to fall

In love

Daydreamdaisies (  M L )

Je supporte le silence

Je m’incline quand la bougie de vie est allumée

Je peux voir la flamme tremblante

Dans le sentier sinueux des oiseaux

Me réjouissant dans le cri d’un nouveau-né

Mon regard, répond à l’infini

Mes doigts se passent en douceur

Dans le rideau aveuglant du matin

avec gratitude

Avec la liberté du souffle

Dans le rire et dans la véhémence.

Ils courent et mes mains

me relèvent

Quand je me jette entre

Les pales du tonnerre et de la lumière

Je suis l’étincelle

La torche, flamboyante

Je suis la chaleur née

Lorsque ces deux lames se réunissent

Je suis la vie

Où des épées de contrastes

Parfois se précipitent , à tomber amoureuse.

  1. RC