voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “épines

Colette Fournier – Apprends-moi à danser


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Photo :  Emmanuelle  Gabory

 

 

Apprends-moi à danser
Je veux retrouver le soleil
Flirter sur un rayon de miel
Brûler la pointe de mon cœur
Sur des épines d’arc-en ciel
J’ai besoin du velours de la voix
Feutrant ses frissons de soie
J’ai besoin de la couleur du vin
Fleuve de rubis où tout chavire
J’ai besoin du nectar des abeilles
Des parfums du paradis
Des ailes de tous les anges
J’ai besoin de devenir archange
De me transmuter, de m’alchimiser
J’ai eu si mal dans mon corps
Irradié et somesthesique
Que ce soir je veux danser
Libre, nue, échevelée
Ivre comme une bacchante
Et quelque part folle à délier
Avant que ne descende sur moi
La lente douceur du soir…


En pire d’un sourire – ( RC )


Avec l’exposition « L’Ange du Bizarre », le Musée d’Orsay broie du noir pour notre plaisir

dessin: Paul Gauguin (1848-1903) Madame la Mort , 1890-1891 Fusain sur papier –

la belle aux joues lisses,
a la bouche calice,
qui brille de toutes ses dents…
Comment oublier son oeil ardent
est celle dont le regard
fait que l’on s’égare ,
que l’on tombe sous l’empire,
aiguisé de son sourire,
comme un reflet de l’ âme,
où s’affutent les lames,
sous un masque aimable,
celles d’un sabre
dans un étui de velours.
C’est toujours l’amour,
et l’éternel désir,
qui toujours attire ;
l’envie de possession,
les fruits de la passion,
à placer dans la corbeille,
aux côtés d’une bouche vermeille …
Le galbe moelleux d’une poitrine,
– mais les roses ont des épines,
l’aventure libertine
cachait ses belles canines ;
c’étaient celles d’un fauve,
sous une robe mauve :
le baiser de la mort
embrassant encorps,
juste l’instant du crime,
– ce moment ultime…
tout en jouissant
du goût du sang :
un très court avenir
confié à une vampire

RC- dec 2015


Jean-Claude Pirotte – tu ne sauras jamais qui je suis


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tu ne sauras jamais qui je suis
dit l’enfant je passe mon chemin
je vais vers les prairies lointaines,
où l’herbe chante à minuit près des saules
qui pleurent car c’est ainsi
que s’ouvre à mon cœur la musique fidèle
et que le monde enfin commence à vivre
et que je commence à mourir
tu ne me verras pas vieillir
ni ne reconnaîtras mon ombre
adossée au talus là où le sentier noir
se perd dans un fouillis d’épines
et les étoiles des compagnons blancs
 
tu as beau regarder sans cesse derrière
toi comme si tu craignais l’orage
et que tu te hâtais poursuivi par l’éclair
jamais tu ne surprendras mon sourire
tendrement cruel comme celui d’un tueur triste

 

in

Veilleurs, Passage des ombres


Croix des Corbières – ( RC )


 

 

photo: croix discoïdale de Fanjeaux

 

Je me rappelle  du soleil
Se  déplaçant  lentement sur les Corbières :
La  roche  est ocre et vermeil   ;
Il y a du sang  sur les pierres.


Parmi les  ronces,           de noires prâlines,
Éclate l’offrande des fruits mûrs,
– Un ciel  cristallin et dur –
>      Les  doigts sont couverts  d’épines .

Si c’était le coeur  transplanté
Qui part en déconfiture,
se couronnant de blessures…
Puis une  tête  ensanglantée

Qui penche, sous son propre poids,
Avec celui du ciel indifférencié,
La fournaise du Mont  des Oliviers…
L’ombre de la croix, lentement,  tournoie.

Le soleil , avant d’aller  se coucher,
envoie  ses dernières  flèches,
Qui vont  se ficher,
Dans l’épaisseur  de la terre sèche.

…   Se  détache  à l’horizon,
La silhouette  d’un château Cathare,
Recueillant les derniers rayons du soir,
–       une ultime oraison       – .

RC –  avril  2015


Vahagn Davtian – Pierre sculptée avec croix


photo perso-          Croix sculptée,     Vallée du Lot,        Lozère

photo perso- Croix sculptée, Vallée du Lot, Lozère

Pierre sculptée avec croix



 

Dans les épines,
dans les rochers,
dans le vent,
dans les tempêtes,
à travers les neiges
à travers le grillage
inamovible
têtu
l’effritement
droit
indéchiffrable
simple,
seul et modeste
contre le ciel
contre le soleil
un pilier de la douleur
une colonne de conscience
contre le temps
, comme la beauté
crucifiée.

 

Stone Carved with Crosses
Vahagn Davtian

In the thorns,
in the rocks,
in the wind,
in the storms,
through the snows
through the scorch
unmovable
stubborn
crumbling
straight
undeciphered
simple,
alone and modest
against the sky
against the sun
a pillar of grief
a column of conscience
against time
like beauty
crucified.


Cécile Odartchenko – Le dit renaît


peinture: J Sorolla - orangers d'Alcira

peinture: J Sorolla – orangers d’Alcira

Cécile Odartchenko, À l’ami Moreu
« le dit renaît »

Tu marches peu,
mais tu marches quand même dans le labyrinthe de ton jardin.
À terre, les pierres plates,
les creux et les bosses
qu’avec le temps
ont façonnés les poids des corps
se mesurant à la résistance des chemins.
Tu sais la terre,
tu sais la pierre, tu sais la craie et le gravier
et chaque racine qui prend le sable dans son bouquet
et le tient en place.
Tu connais le buis et le rosier,
les bordures, les touffes,
les feuilles douces, les feuilles lisses,
les piquants, les épines, les orties.
Tu es l’ami
de celui dont le visage plein de rides
est une campagne à lui tout seul
ou dont la main est plus rugueuse que la patte de l’éléphant
pour avoir tenu les outils de jardin depuis des millénaires,
vieux visages, vielles mains,
corps usés, rétamés,
de corne et de peau, plissés.

du site  des éditions des vanneaux

 


La solitude du pin ( RC )


La solitude du pin, secoué par le mistral

Sans remords, lourd de bruissements,

Se tait, offrant ses épines, au soleil

Et aux senteurs de thym…

Tout tourne autour du centre,

Certains diront « nombril du monde »

<          Mais où est donc le centre ,

Si je n’en connais pas l’origine ?

 

L’humanité commence par le nombril,

Disent-ils avec justesse, dans la tradition congolaise.

Et le monde, … Commence-t-il par le temps,

Et l’horloge du soleil, qui indique , du pin, ses ombres ?

Ou bien le regard, celui de l’enfant,

Que l’on porte , comme nos premières années,

Toujours vivantes, avec la mère, présente

Dans l’humanité, dont elle est l’Origine,

et se tient toujours ici…

RC – 18 juin 2013

En rapport  avec le texte de Norbert Paganelli
Non ce n’est pas facile
De cueillir la main et son ombre
La solitude du thym
Charcuté sans remord
Il faut savoir tendre l’oreille
Et se taire
Captant un silence
Lourd de bruissements

Il faut aussi creuser
Et creuser encore
Et unir la force de l’homme
Au regard incrédule de l’enfant

La femme elle
Se tient toujours ici

Norbert Paganelli http://invistita.fr/
(du recueil »A notti aspeta / La nuit attend »)

 

 


locataires de l’hostile ( RC )


Il n’y a plus d’empreintes sur le sable
Que de dessin d’un monde meilleur
L’angle de la peur, de la souffrance

Ne concerne pas les voyageurs
Mais les reptiles,
Locataires de l’hostile

Et les plantes à épines…
Les êtres tapis au creux de la terre
La bouche collée, sous le sol

Qui chuchotent leur exil,
Aux peaux craquelées, comme leur terre-mère
De boue sous un soleil impitoyable

Découpent les ombres au fer rouge
Si ombre il y a – et leurs mains tendues
Vers l’ailleurs d’un peut-être …

RC   – 11 juillet 2012

photo extraite des  dragons d’Asgard


Thierry Metz – extraits de Terre


photo- montage Raphaëlle Colombi

 

 

 

J‘entraîne mes pas.
Dans une demeure que je n’attendais pas,
si frêle
où ma voix
comme une torche
s’éteint.
Ne s’entend plus
que sur un bûcher.

 

Mais la voix revient, chargée de foin :
Où sommes-nous ?
Quelle heure est-il ?
Il n’est que maintenant. Et c’est le livre. Et je n’ai rien trouvé d’autre. Mais je sème. Tout ce que je suis. Pour qu’il y ait un chemin au croisement de nos voix.
Je me tais.
J’écoute.
Un oiseau s’est posé sur moi.
Quelqu’un dans la haie a
ouvert un livre
                   malgré les épines

 

Thierry Metz

 

 


Caméléon (RC)


Caméléon

Des colonies de fourmis          se suivent
C’est à peine si on dirait qu’elles bougent
Même celles à tête rouge
Sagement alignées,          – point de rétives.

Sous les vents désignés par la rose
Pucerons aux entrelacs des épines
Sous l’oeil de la grande assassine
Allongée, et qui prend la pose…

Voila , Messieurs, la reine des amantes
Celle assoiffée de globules
Vous copule , aux ciseaux des mandibules
C’est une verte, et lente,             une mante

Religieuse,         en sa prière
Immobile, en arrêt sur l’image
Compte de ses maris, le carnage
Derrière le rideau de lierre

 

L’épeire ma voisine, aux pattes, à poils
Fournit de fin tissage, son spectacle
D’une géométrie apparemment sans obstacle
A cueillir les mouches , en son étoile

Le tout bien considéré, … je m’habille en insecte
Je suis immobile, comme feuille verte
Et attend, la coulée des heures, la gueule ouverte
Punaises et moucherons, dont je m’    délecte

Je suis le caméléon,         à langue agile
Peint de branches et feuillages
Nouveau costume et d’habillages
Sans grand besoin                d’ustensiles

Je me promène, déguisé à ma guise
En lenteurs de promeneur
Et         toujours en couleurs,
Des insectes, multipliant les prises.

RC-   6 juin 2012

 


Patti Smith – Roses brûlantes


image; montage perso juin 2011

Patti Smith,

la  star punk-rock,  est connue  aussi pour ses recueils  de poésie…

voila  l’une  d’entre elle,  dont j’ai un peu modifié ( peut-être à tort), ce qui nous  est donné à lire  sur  cette page

ROSES BRULANTES

Mon Père, je brûle les roses
Mon Père, seul Dieu saura
ce que le coeur secret révèle
des danses antiques avec la biche

Père je l’ai blessée  profondément
Père je ne la blesserai plus
j’ai valsé au milieu des épines
où  les roses brûlaient sur le sol

ma fille puissiez-vous  en rire un jour,
une bougie rêve une bougie dessine
le coeur qui a brûlé
brûlera pour toujours
puissiez-vous ,vous retourner,  pendant que les roses tombent

BURNING ROSES

Father I am burning roses
Father only God shall know
what the secret heart discloses
the ancient dances with the doe

Father I have sorely wounded
father I shall wound no more
I have waltzed amongst the thorns
where roses burn upon the floor

Daughter may you turn in laughter
a candle dreams a candle draws
the heart that burns
shall burn thereafter
may you turn as roses fall

Patti SMITH


Jean-Jacques Dorio et son hommage à Mirò – 2 – LE CREPUSCULE AUX DOIGTS DE ROSE


Miro, Constellation 21
Le crépuscule rose caresse les femmes et les oiseaux

LE CREPUSCULE AUX DOIGTS DE ROSE

LE CRÉPUSCULE ROSE CARESSE LES FEMMES ET LES OISEAUX
Les oiseaux sont des flammes qui raniment le printemps
Le printemps en hiver sous l’amandier sans fleurs
Cent fleurs et mille épines qui déchirent nos vies
Nos vies à l’eau de rose à l’eau de purin à l’eau de vie
L’eau de vie où la part des anges n’est pas faite pour les chiens
Les chiens qui lèchent nos arpèges et nos mains que caressent le concert des Constellations
quand le crépuscule est rose
et caresse d’un geste auroral
les femmes et les oiseaux

du blog poétique  et inspiré d’art  de Jean-Jacques: