voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “Ethiopie

Leopold Sedar-Senghor – L’éthiopienne


…Puisque reverdissent nos jambes pour la danse de la moisson

Je sais qu’elle viendra la Très Bonne Nouvelle

Au solstice de Juin, comme dans l’an de la défaite et dans l’an de l’espoir.

La précèdent de longs mirages de dromadaires, graves des essences de sa beauté.

La voilà l’Ethiopienne, fauve comme l’or mûr incorruptible comme l’or

Douce d’olive, bleu souriante de son visage fin souriante dans sa prestance

Vêtue de vert et de nuage. Parée du pentagramme.

 

Léopold Sédar Senghor

in  » Ethiopiques « 


Cribas – Arthur et le fou


portrait d’Arthur Rimbaud

Arthur et le fou

Par Cribas–  (  voir  son blog   » le cri est un autre  silence «  )

Je n’ai jamais eu d’amis

Peu importe leurs noms

Trente-sept saisons en enfer

A boire du petit laid

Comme Verlaine.

 

L’ami ne vient jamais

Et la princesse s’étourdit

Il est un reflet maudit

Une aurore éternelle

Sous un soleil d’Ethiopie

 

Chaque matin le voyage

Le silence

Et dans son sillage

L’effronté moins qu’un singe

 

Mes phalanges maudites

Mon langage punitif

Ma raison s’illimite

A ces décors en friche

 

 

 

Cribas  07.08.2010

 

 


Filippo Marinetti – la guerre est belle,


Le philosophe Walter Benjamin,  nous  révèle  dans   » L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique » les écrits de l’artiste italien  « futuriste » : Marinetti.

(futuriste aussi parce  qu’effectivement, le futur  réservait encore  bien des  « surprises » guerrières…)

peinture: Umberto Boccioni,

Les  futuristes, qui dans  leur  apologie du mouvement,  de la machine,  de l’industrie, penchaient  généreusement  vers les  fascistes…  nous voici  édifiés  avec  ce texte, il serait intéressant de savoir  si les Syriens  d’Homs  auraient  la même vision des choses…

Marinetti écrit dans son manifeste pour la guerre coloniale d’Ethiopie : « Depuis vingt-sept ans,
nous autres futuristes nous nous élevons contre l’affirmation que la guerre n’est pas esthétique. […]

Aussi sommes-nous amenés à constater : […] la guerre est belle,
parce que grâce aux masques à gaz, aux terrifiants mégaphones, aux lance-flammes et aux petits tanks, elle fonde la suprématie de l’homme sur la machine subjuguée.

La guerre est belle, parce qu’elle inaugure la métallisation sauraient aujourd’hui avoir lieu sans les caméras, la masse se voit elle même en face. Ce processus, dont la portée n’a pas besoin d’être soulignée, est en rapport étroit avec le développement des techniques de reproduction
et d’enregistrement.

Les mouvements de masse se présentent plus distinctement à l’appareil qu’au regard. La perspective cavalière est le meilleur angle pour saisir des rassemblements de plusieurs centaines de milliers de personnes. Et même si l’oeil a tout autant accès à cette perspective
que l’appareil, l’image qu’il en rapporte n’est pas susceptible du grossissement à quoi la prise de vues peut être soumise.

Cela veut dire que les mouvements de masse, tout comme la guerre, présentent une forme de comportement humain particulièrement adaptée à l’appareil.

La guerre est belle, parce qu’elle enrichit un pré fleuri des flamboyantes orchidées des
mitrailleuses. La guerre est belle, parce qu’elle unit les coups de fusil, les canonnades, les pauses du feu, les parfums et les odeurs de la décomposition dans une symphonie.
La guerre est belle, parce qu’elle crée de nouvelles architectures telle celle des grands tanks, des escadres géométriques d’avions, des spirales de fumée s’élevant des villages, et beaucoup d’autres choses encore.

Poètes et artistes du futurisme […] souvenez vous de ces principes d’une esthétique de la guerre, afin que votre lutte pour une poésie et une plastique nouvelle […] en soit éclairée  ! »

 

on peut  voir  des  reproductions  avec des  belles inventions  typographiques  de Marinetti, ici…

 

 

Otto Dix,  artiste lui aussi   donne une  autre vision des choses…

peinture: Otto Dix