voir l'art autrement – en relation avec les textes

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André Blatter – Je couds ma bouche


photo RC

Je couds ma bouche
au plus près du silence
pour mieux t’entendre
je brise le miroir
du mourir quotidien
au fil du rien la réponse
j’habite au plus près de l’hiver
comme une racine de l’être


Valeriu Stancu – Dans le violet de l’ombre –


Hans-Hartung-T-1964-R8-12

.

Seul un cri a été
emprisonné dans les épines

juste un pas,
la blessure d’un seul pas
vers l’abîme de mon propre être

juste un reflet
enveloppé dans le violet de l’ombre

seulement une âme
pour la souffrance

juste la charge d’un vol
pour l’aiguille des minutes de l’aile

juste un verset
que je n’ai pas encore écrit

un seul mort
un seul mort….

.

. Festival international de poésie de Medellin 2021

Valeriu Stancu est  né à Iasi, en Roumanie, le 27 août 1950. Il est poète, conteur, essayiste, traducteur, journaliste et enseignant. Diplômé de l’Université Alexandru Ioan Cuza, il s’est spécialisé en Littérature à la Faculté des Arts. Il est membre de l’Union des écrivains et traducteurs et de la Société des journalistes en Roumanie. Depuis 1997, il est directeur de la maison d’édition Crónica et rédacteur en chef de la revue littéraire du même nom. Son travail a été traduit dans une vingtaine de langues et a remporté de nombreux prix importants.


Alexandre Rolla – Ici


Ross18.jpg

photo: Richard Ross          from                « waiting the end of the  world »

 

 

Ici à Trêlles, les choses s’allongent indéfiniment ,

il semble

que rien ne soit fini,

le rétrécissement y est inconnu

la matière vous étire malgré vous

de chaque côté de l’être

les jours et les nuits

passent des chemins

et encore d’autres

et d’autres encore .


Un état poétique – ( RC )… écho à Cesare Pavese


photo:           extraite des   « temps Modernes  »   C Chaplin

Dès l’instant où l’auteur tourne sa tête,

Diverge le quotidien, dans ce qu’il a de commun,

Et répétitif,

Des occupations « terrestres »….

Le regard change de place.

La pensée ricoche sur d’autres,

( celles des autres aussi )

Et remplace la normalité, par une envolée

–  Plus belle – je ne saurai le dire-

Mais davantage libérée,

( si libérée est le terme),

des occupations de la vie,

Pour laisser place

Aux émotions,            dites

En métaphores,

Enracinées à la fois

Dans la vie et le rêve,

Une manière d’être.

( un état poétique),

Comme on dirait « un état fébrile »

Qu’il lui faut traverser.

De sa plume – seule ? –

En tout cas par l’esprit,

Ouvert à des éclairages,

Qui lui sont encore , inconnus.

 

RC- septembre 2013

—-

en écho à ce qu’écrivait C Pavese:

16 avril 1940

Il doit être important qu’un jeune homme toujours occupé à étudier, à tourner des pages, à se tirer les yeux, ait fait sa grande poésie sur les moments où il allait sur le balcon, sous le bosquet, sur la colline ou dans un champ tout vert. (Silvia latini, Vie solitaire, Souvenirs) La poésie naît non de l’our life’s work, de la normalité de nos occupations mais des instants où nous levons la tête et où nous découvrons avec stupeur la vie. (La normalité, elle aussi, devient poésie quand elle se fait contemplation, c’est-à-dire quand elle cesse d’être normalité et devient prodige.)

On comprend par là pourquoi l’adolescence est grande matière à poésie. Elle nous apparaît à nous — hommes — comme un instant où nous n’avions pas encore baissé la tête sur nos occupations.

20 février

La poésie est non un sens mais un état, non une compréhension mais un être.

extrait du « Métier de vivre «