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André Schmitz – De son bec d’acier


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De son bec d’acier, l’éclair ouvre le fruit, fracture le noyau, y découvre un arbre,
parcourt un verger, en déchire les fruits.
Et le cycle accompli, l’oiseau-feu s’éteint.
Ses ailes de cendres redeviennent fable parmi les rousseurs d’un étrange festin.

André SCHMITZ

« Bételgeuse n° 21 » in « Le Bestiaire Fantastique » (Larousse)


Raymond Farina – Sommes nous cette fable ?


 

 

 

 

-

 

 

 

 

 

 

 

sommes-nous

cette fable

que notre corps

raconte

sommes-nous

le mot de l’énigme

un presque vivre

ou un presque mourir

quelque chose d’étrange

entre Dieu et poussière

sommeil

comme désert

ou village

sous la neige

 

extrait de Virgilianes,    Rougerie 1986


Erica Jong – Tapisserie (à licorne)


dessin - bestiaire oriental: licorne  chinoise

dessin –         bestiaire oriental:       licorne chinoise   ( plutôt que de mettre la « dame à la licorne)

L’objet de notre quête
évidemment n’existait pas
cette tapisserie intitulée Matin
sous les nuées tissées de haute laine
où des oiseaux invraisemblables
très incroyablement célébraient par leurs chants
des fables.

Un papillon de nuit parmi les dents du lion
yodlait comme le rossignol de Keats
et les trochées chantaient parmi les iambes,
tandis qu’en fraise frisotée et gilet de brocart
tu penchais ton sourire
sur l’herbe revêtue de sa soie de soleil,
où couchée dans les flots de ruchés en folie
je pressais sur le sol une oreille attentive,
dans l’espoir d’entendre, au galop des sabots,
la licorne éveiller les échos de la terre.

Elle parut, environnée d’un incendie
de broderies de feu, regard d’agathe,
corne d’ivoire et d’infâme légende,
hennissant haut des concerti baroques
et croyant l’avoir capturée pour de vrai,
nous festoyâmes de vin blanc et de brioche
en échangeant devant témoins
d’impossibles serments.

La suite, vous la connaissez:
dans l’humidité vénéneuse et spongieuse du soir,
où les amants se tournent et retournent,
toussent et se tiennent discours
épaissis de sommeil,
dans la longue nuit d’hiver du mariage
sans bruit la licorne s’enfuit
et, tel un cauchemar d’insomniaque, l’amour
finalement n’est plus
qu’un moindre mal.

Parfois elle revient, caracolant
parmi les sombres tapisseries de la nuit,
arrachant bras, jambes et literies
et menus écheveaux de poil et de cheveu.
mais pas plus que ne survit l’esprit de la quête,
nous ne reconnaissons la bête,
ou bien alors nous lui donnons
un autre nom.

Erica Jong


Entre le vrai et l’espérance – (RC)


art: tapisserie ancienne

 

Entre le vrai  et l’espérance
Il y a un monde qui défaille
Peuplé de brumes et de failles
Dans l’écume  de l’apparence.

De la boîte de Pandore, l’écrin
déserté de toi  , dont le fond est lisse
Aux lendemains qui s’évanouissent
Le dicton, « qui trop embrasse, mal étreint »

Et voila  le jour réduit à l’ombre
La réalité qui se fait en fables
Et de mes mains, une poignée de sable
impalpable, que les pensées encombrent

Je rêvais d’être abreuvé d’espoir
Avec toi ,     comme idéale
Le trajet parmi les étoiles
Et j’ai trouvé la nuit noire

Lors de mon grand voyage
En marche vers l’oubli
Ainsi dérobée à moi, évanouie
..  convertie peut-être en mirage ?

Entre chose rêvée et pourtant vraie
De ce qu’on vit, et que le coeur remue
Est-ce donc l’illusion , seule, que j’ai perçue?
Gardant pourtant la mémoire de tes traits…

 

 

RC     31 mai 2012

 

 

 

 


Marie Bauthias – Bleu sur bleu


 

Découverte  dans l’exploration des nombreuses parutions  des  « révélations poétiques  de chez  amicalien », voila une nouvelle parution de textes  de Marie Bauthias,  que  l’on peut  trouver  –  avec d’autres, ici ( la poésie comme théorème premier)

 

 

 

 

Bleu sur bleu. La mer dans le regret de l’aube. Plaie sans nom et lointaine. Offerte.

niveau de ronces où de terre

de miel le sang se panse de

milles traces. Par elles le jour aime. A fendre l’œil.

……………………………………….

C’était un carré bleu. A plat sur le mur qui prenait quand il le

voulait figure de haute mer. De plus en plus. On lissait chaque jour ses bords. II bougeait.

C’est certain. Comme les fables dans la nuit de l’homme bougent.