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Des pas mènent à la source – ( RC )


Florac  source  pêcher    01.JPG

Photo perso  –  source  du pêcher  – Florac

 

 

Des pas d’oiseaux dans la boue,
eux qui mènent à la source,
dont on perçoit le murmure
contournant les rochers.
Mais d’où vient-elle,     cette eau,
sinon du secret de la montagne obscure,
des vallons habillés de mousse,
du souffle du temps,
– une résurgence mystérieuse.
où s’étire le liquide  ?
et c’est le miroir facétieux des neiges
dissoutes par le printemps :
une langue muette qui se délie
et s’infiltre dans toutes les failles,
pour s’unir à d’autres langues, bruire
comme un oiseau nouveau né,
grossir son cours
s’élargir, chanter, puis rugir
à mesure que se dessinent les pentes.
Elles n’en retiennent, une fois apaisées,
que le reflet des arbres pensifs,
les nuages qui se mirent,
dans leur substance même
courant et nourrissant le sol.


RC – nov 2016


Spirales adhésives – ( RC )


photo: Francesca Woodman

photo: Francesca Woodman

 

 

 

J’imagine, qu’il y a encore du chemin à parcourir.
Des obstacles  à dépasser, des creux  à contourner,
Des rocs dont les failles  sont autant de pièges,
Sans compter la faune  qui guette, toujours à l’affut.

La chevelure se confond avec celle des lianes,
Et il y a toujours une nuée  d’insectes volants,
Ils  semblent te suivre… une proie bien tentante,
Ils se sont extraits  du plâtre?

Une génération spontanée – comme on disait,
Qui s’inscrit en biais  des jointures de faïence.
Le chemin est d’autant plus long,
Que c’est un dédale  de pièces, refermées sur elles-mêmes.

Un moment  d’inattention, et ce sont des rubans,
Qui t’enveloppent à ton insu, tout droit descendus du plafond,
Déjà, ils ont fini par occulter complètement les fenêtres,
Et se dévident en spirales adhésives,  dès que tu t’arrêtes.


RC- oct 2014


Coeur volcan – ( RC )


photo:           Alain Gerente   piton de la Fournaise


Brûlant                     cratère,
Fumant de ses entrailles,
S’écoulant de ses failles,
La terre secoue sa crinière,

S’ouvre           en son coeur,
Où les pierres se confondent,
Tout au corps du monde,
Et mélangent   leur saveur…

Il n’y a plus,     sous tes paupières,
Que ton volcan embrase, et brave,
Et son torrent                         de lave,
Rien d’autre              qu’une rivière,

Qui emporte tout sur son passage,
Et mélange      l’argile et les rires,
Tout ce qu’il faut      pour écrire,
Des        arabesques en messages,

Virevoltant ,      tels des papillons,
Se formant         en un seul poème,
Aux seuls mots de          je t’aime,
Lancés             en ta destination.

 

RC –  mars  2014

sur l’incitation poétique  de Patricia Fort

(


Rien d’autre.
Le torse ouvert en deux hémisphères
Et l’or sous mes paupières.
Rien d’autre
Intarissable rivière
Roulant ses galets dans le brûlant cratère
Rien de plus
Le calame et l’argile
Et le mot empêtré de sublime
…   )


Anthonin Arthaud – l’éther d’un nouvel espace


installation:            James Turrell           Tending Blue

Quand je me pense, ma pensée se cherche dans l’éther d’un nouvel espace.
Je suis dans la lune comme d’autres sont à leur balcon.
Je participe à la gravitation planétaire dans les failles de mon esprit.
Antonin Artaud, Textes de la période surréaliste

Gregorio Scalise – Que le monde suive une ligne verticale


installation: Andy Goldsworthy

Gregorio Scalise

( re-bloggé  du site ‘une autre poésie italienne » )

Poète, dramaturge, Gregorio Scalise est né en 1939 à Catanzaro et vit actuellement à Bologne. Ses débuts sont sous le signe de la poésie visuelle et de la néo-avant-garde ; son premier recueil (A capo) est publié par la maison d’édition Geiger dirigée par Adriano Spatola. Avec Segni, présenté dans l’anthologie Il pubblico della poesia de A. Berardinelli e F. Cordelli (1975), il obtient une large reconnaissance de la critique, notamment de Fortini. Parmi ses recueils l’on peut citer aussi La resistenza dell’aria (1982), Poesie dagli anni ’90 (1997), La perfezione delle formule (1999).

1.

Che il mondo segua una linea verticale…

Que le monde suive une ligne verticale,
les nuages le font comprendre,
car les choses les plus belles
viennent à nous entre les failles de vent ;
si son esprit pouvait se délier
mais l’évocation est une zone sèche
où s’épuise le langage,
si au cours des siècles
les hommes décident toujours :
l’eau frappe de mille langues
une plage herbeuse
et les objets, réunis à la chose,
savent que les yeux ne suffisent pas
pour conserver un secret.

(Danny Rose, 1989)


Karen Dalton ( RC )


Karen Dalton

 

 

 

-( C’est un hommage à la voix de la chanteuse des années 70..(lien Youtube)..
pas si connue  que cela aujourd’hui,  et dont j’ai essayé de traduire
la sensation éprouvée…)

Elle me parle…

Je ne sais

Comment dire, comment la dire

Etre happé par la musique

Et le déroulement sans heurts

D’une mélodie douce

Mais cette voix

Ecorchée, rouge et triste

Qui dit

Comme le son du cor.

Du vécu , qui s’étire

Le blues

Des raisons du vivre   *

Un sentier, de failles

Et ses feuilles  desséchées, fondues avec le sol,

Offertes, en fragilité ,et cassures,

Et la parole saupoudrée

Franchissant les années

Sans la nuit  couvrant la terre

Et vibrant , avec en pensée Lady Day  *

Dans un même espace

La tunique serrée autour du corps du monde

Et l’émotion, avec

Etrange chose  que sa voix

Qui m’emporte au loin…

 

RC  10 juin 2012

 

*  Lady Day  est le surnom donné à Billie Holiday, dont il y a effectivement
beaucoup d’affinités  –  voir  ma parution précédente  sur  « Strange fruit »

* Raisons de vivre est un des titres  de Karen Dalton