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Ailleurs de la terre ( RC )


photo National Geopgraphic  Jean-Luc Manaud

photo        National Geographic       de  Jean-Luc Manaud

Il y a d’autres  jours sur la terre , que ceux que l’on connaît.

Personne  ne possède le savoir de ses rugissements ,

Et s’il fait ici, un temps superbe,       propice aux jeunes pousses  et rêveries,

 

Ailleurs se déchaînent les étaux de roches, en tsunamis

Une tempête se lève quelque part au-delà des îles,

L’œil du cyclone est hagard et a celui du cyclope

Que rencontre Ulysse, retenu aux pays orgueilleux  et sans lois.

 

Mœurs étranges, autres  coutumes, et climats,

Ainsi les saisons de là-bas sont plutôt un combat,

Un soleil permanent confisque les nuages, et offre la famine

 

Prolongée de langages et dialectes qu’on ne comprend pas,

Présageant des hommes,          des orages oui ,   mais de feu

Et les guerres,              sous l’œil impassible des dieux.

RC           avril  2013


Le ciel ne se remplit pas de couleurs, aux fêlures du quotidien – ( RC )


 

 

 

 

A oublier de respirer,

Celui qui poursuit son chemin tranquille,

Ne s’aperçoit pas que, sous ses pas,

Se déroule le vide

Et que la falaise a cédé.

 

L’apprenti soldat, confond la réalité avec les jeux vidéos,

Et l’arme entre ses mains, n’a de différence avec le fusil en plastique

Que son poids, et l’odeur de l’huile

Alors qu’il caresse la gâchette,

Large, froide – vraie

 

A oublier de respirer,

On en oublie de penser

Et le monde a tourné sur lui-même.

Les larmes ont séché sur les visages

Au soleil disparu derrière les collines.

 

Enrôlés de force, les enfants soldats

Qu’on mène au combat

Délaissent la famine,

Pour les champs de mines,

Ont le goût du sang, dans leurs bouches d’enfants.

 

Le ciel ne se remplit pas de couleurs

Aux fêlures du quotidien,

Mais colporte la haine

Dans leurs poings serrés

Sur des branches de douleur.

 

 

RC – 8 février 2013


L’armoire, porteuse d’histoires (RC)


La vieille armoire, celle qui prend feu
A abrité longtemps des piles de draps
Des trousseaux inutilisés, mangés par les rats
Autres générations , autres enjeux

Tante Ernestine est morte
Un jour d’hiver fardé
Auprès de son feu, attardée
Un jour ,  a cédé sa porte

Et les piles des habits d’antan
Les parures et les dentelles
Napperons de belle vaisselle
N’ont pas attendu les petits enfants

Partis ailleurs  émigrer
Se chercher, loin du bercail
Une raison de vivre, un travail,
Evidemment de leur plein gré

La maison d’Ernestine est vide
Personne n’est revenu au village
Lui rendre un dernier hommage
Aux maisons barricadées, arides

Il a fallu extraire les meubles pesants
Du pays de la famine
Rongés par la vermine
La vie d’antan, du modèle paysan

image: — combinaison informatique, — production personnelle —- dec 2010

Le feu qui maintenant
Dévore le bois craquant du sapin
Se nourrit des volutes du destin
De l’exil, des déserrements

Alors que,  patient témoin gris
L’olivier au feuillage argenté
Décrit le temps des ancêtres arrêté
Sans s’en montrer davantage aigri.

RC

 


Le lac et le blé (RC)


J’ai entendu récemment  cette belle légende, à la radio, que j’essaie  de transcrire aujourd’hui….

Il existe un pays où certaines personnes ne s’aventurent pas,  car ces endroits un peu particuliers,  peuplés  de cailloux sont des lieux  où son soupçonne  qu’ils  abritent  des djinns,  des petits  génies malicieux, qui peuvent provoquer des surprises, le bonheur ou le malheur des hommes…

Un jour Ahmed,  vit un endroit  au détour  d’un chemin,  plat, mais encombré de pierres,  qui lui semblait propice à la plantation d’un champ de blé…  il commença  à déplacer  quelques  unes,  lorsqu’il entendit une  voix sortir de derrière les roches..

– Que fais tu donc là, dans notre territoire?

– Je  déplace  des pierres, pour espérer faire de cet endroit merveilleusement placé, un champ de blé, et ainsi  aider ma famille  à sortir de la famine..

– C’est un beau projet, dit le djinn, qui apparut de derrière les pierres,  nous  allons  t’aider…

Apparurent  alors deux, trois  dix, cent, mille djinns  qui aidèrent  Ahmed à déplacer  toutes les pierres  du champ, pour faire  apparaître  une belle  surface  cultivable, cernée  de hauts murets…

Viens donc  avec ta famille  semer,  et nous demanderons au ciel de  t’envoyer l’eau nécessaire  à une abondante récolte…

Ainsi fut ,fait,  et au bout de quelques mois , une prairie verdoyante comportant de nombreux  épis tendres  était apparue au détour  du chemin…

blés en Aveyron, photo personnelle

Mais les djinns goûtant les  épis, les  trouvèrent si bons et à leur gout  , que des dizaines, des milliers  de djinns vinrent chacun manger les beaux épis…

La famille  venant pour la moisson, constatant le désastre,  ne put retenir  des flots de larmes devant  ce spectacle,  et c’est  ainsi qu’aujourd’hui,  dans l’espace qui avait été jadis porteur  d’espoir, il y a à sa place un grand lac issu de toutes leurs  larmes  .

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Sur le net je n’ai pas trouvé trace  du récit que j’ai retranscrit,  par contre  des contes berbères  qui semblent, dans l’esprit, s’en approcher;..