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Esther Tellermann – Avant


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peinture: Alvar Sunol

 

Avant
nos paupières cerclées
nos narines
peintes
Etions-nous flétris
ou reposés
Brûlions-nous les signes
nos façons de tendre
bracelets jambes
taches de l’infini

*

Nous mourrons
avec la glaise du corps
lu
Dans la fane
et la précision du nom .


neige végétale ( RC )


 

 

Il a neigé, dans mon allée
Tant de pétales, de fleurs fanées
Depuis que tu t’en es allée
Maintenant,      et en années.

En larmes blanches, déposées
Sur le profil d’hier
Qui me contait         ta lumière
Aujourd’hui, recouverte de rosée.

RC –  10 septembre 2012

 

 


Henri Michaux – La jeune fille de Budapest


dessin - Museum of Modern Art N Y C - Cai Guo-Qiang

La jeune fille de Budapest

Dans la brume tiède d’une haleine de jeune fille, j’ai pris place
Je me suis retiré, je n’ai pas quitté ma place.
Ses bras ne pèsent rien. On les rencontre comme l’eau.
Ce qui est fané disparaît devant elle. Il ne reste que ses yeux.
Longues belles herbes, longues belles fleurs croissaient dans notre champ.
Obstacle si léger sur ma poitrine, comme tu t’appuies maintenant.
Tu t’appuies tellement, maintenant que tu n’es plus.

The girl from Budapest

In the mist of a warm breath of a young girl, I sat
I retreated, I have not left my place.
Her arms weigh nothing. One meets them as water.
What is faded disappears before her . There only her eyes remains .
Beautiful long grass, long beautiful flowers were growing in our field.
On my chest , so light tread obstacle ,  as you lean now.
You lean so , now , that you are no longer.

 

HM

 

 


Thomas Moore – La dernière rose de l’été


« lieux  communs »  chez canalblog,  nous présente  une  série de poèmes  selon les  genres, pays  etc…

voici  l’un d’entre  eux  d’un auteur irlandais peu connu par chez nous…

photo du marathon photo  de 2007

 

 

 

La dernière rose de l’été (traduction de Karl Petit)

C’est la dernière rose de l’été
Abandonnée en fleur ;
Toutes ces belles compagnes,
Sans retour sont fanées ;
Plus de fleur de sa parenté
Plus de boutons de rose à l’article de la mort
Pour réfléchir ses rougeurs,
Et rendre soupir pour soupir.

Je te laisserai point chère solitaire,
Languir sur ta tige ;
Puisque sommeillent tes sœurs
Va donc les rejoindre.
Et par sympathie, je répandrai
Tes feuilles sur le sol
Où tes compagnes de jardin
Gisent mortes et sans parfum.

Puissé-je te suivre bientôt
Lorsque l’amitié s’émoussera
Et que du cercle magique de l’amour
Les gemmes se détacheront ;
Quand les cœurs fidèles ne palpiteront plus
Et que les êtres aimés auront disparu,
Oh ! qui donc voudrait habiter seul
En ce monde désert !

Thomas Moore  (« Mélodies irlandaises », 1807-1834)

photo du marathon photo 2007  " l'épreuve du temps"

The last rose of summer

Tis the last rose of summer
Left blooming alone;
All her lovely companions
Are faded and gone;
No flower of her kindred,
No rosebud is nigh,
To reflect back her blushes,
To give sigh for sigh.

I’ll not leave thee, thou lone one !
To pine on the stem;
Since the lovely are sleeping,
Go, sleep thou with them.
Thus kindly I scatter
Thy leaves o`er the bed,
Where thy mates of the garden
Lie scentless and dead.

So soon may I follow,
When friendships decay,
And from Love`s shining circle
The gems drop away.
When true hearts lie withered
And fond ones are flown,
Oh! who would inhabit
This bleak world alone ?