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Camille Loty Malebranche – Picasso


P Picasso – femme se lavant  (  et une occasion pour  aller  sur le blog  abondant en reproductions  photographiques  et peintures de DantéBéa)

Picasso,
Comme le gigantesque Guernica en exil,
Mon cœur s’exile en tes murs ; et, rien que par ta fêlure de femme-échancrure,
Je suis force sidérale, comète vivante et charnelle
Soleil renouvelé qui te contemple !
Ah ! Ta dévorante flamme, féminine ardeur des idylles, saillies chaudes, érectiles
Toi ! Reine des mille et infinies brisures !
Mère des aurores, de corps et de cœur,
Tu travailles ma transe à tes portes d’ange-luxure
Luxuriance des vrilles incarnates, danses vulvaires
Tu es pégase des passions qui fracassent, forces jouissives, éjaculatoires
Comme le clair-obscur de Rembrandt
Tu bricoles le mystère d’extase, envergue mes traits à tes espars spumeux de vague
Comme Matisse, tu es fauve qui dévore mes sens
Et tu happes mon ceps dans ta valse envoûtante,
Ah ! Ton aura de lune, quasar sanguinolent des mers galactiques
O ! Perle prenante, obsédante, poignante incarnation-pulsar de ton corps en rut.

***

Ceci est l’ extrait final d’un poème assez long  consacré  aux  artistes.

voir la page  sur ce poète:


Une image, sur le papier glacé – ( RC )


montage Antonio Chiesa – photomosaïque faite à partir de couvertures du magazine Vanity Fair

Sur les affiches qui la miment,
Il y a de l’image, fabriquée :
La soif de la mondanité,

Ce qui fait la modernité :
une chevelure platine,
Un symbole, reflet de rayons d’or …

Elle se donne aux regards,
Comme on donne en pâture aux fauves,
Celle que l’on sacrifie, aux enjeux de pouvoir .

Colportant cet aspect ,
Larmes dissimulées
Derrière l’artifice,

Fard en avant,
Sous la cruauté ses sun-lights.
Ils font du modèle la proie,

Et ne la lâchent pas  :
Un statut qui se paie,
Avec la soumission  —  ;

Il faut souffrir pour être belle   – dit-on –
Et se conformer,
à ce qu’on attend d’elle :

La pose et le regard,
gomme, sur l’autel de la célébrité,
toute personnalité…

si on confond l’être,
avec l’image imprimée,
à plat, sur le papier glacé.

RC- avr 2015

( en liaison avec le texte  de PP Pasolini  » Marylin », qui m’a servi de point de départ )