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Cette dame blanche – ( RC )


photo :  Elisabeth Kalinovski

 

 

C’est cette dame blanche,

qui ne se montre qu’en robe de soir,

au milieu des étoiles.

 

Certains disent que c’est comme une bulle,

échappée de l’étang ,

que les arbres n’ont pas pu retenir,

ni les oiseaux

 

et qui n’en finit pas de grossir,

légère et qui s’envole

toute ronde,

 

pour faire le tour du monde,

emportant son secret

dans sa face cachée .

 

Elle se méfie des hommes,

et de leur indiscrétion :

ils ont débarqué un jour sans prévenir,

ayant décidé de venir

à bord d’un vaisseau métallique,

dans une étendue désertique.

 

( un endroit impersonnel :

Y avait même pas un hôtel) !

Mais la dame étant fière :

 

elle n’a donné aux hommes que de la poussière,

car malgré sa bienveillance,

elle garde ses distances .

– L’espace est immense,

et tout le temps elle danse :

et tourne sans bruit :

Elle se fait belle chaque nuit

pour se faire caresser par le soleil :

Sa lumière l’émerveille .

 

Depuis la nuit des temps,

elle rêve d’en faire son amant .

( Aujourd’hui la lune est rousse

 

regarde comme sa peau est douce ! )

Elle n’a rien d’un épouvantail,

à cause de sa petite taille :

 

mais elle grossit de jour en jour :

et compte bien jouer un bon tour

à la terre

 

qui la maintient prisonnière :

elle se réveillera en sursaut,

sans ses ruisseaux,

 

et la mangera petit à petit

avec grand appétit :

La terre sera son satellite

 

elle la prendra sous son orbite

elle deviendra planète à son tour

ne serait-ce que par amour

et concurrencer Vénus .

 

Elle a bien d’autres astuces,

car notre dame blanche

voudrait bien prendre sa revanche :

 

( avoir à ses pieds le système solaire ! )

  • ça, ce serait le monde à l’envers !

RC- nov 2016


Michel Garneau – Scantate à Beckett


montage photo perso: Tabebuia chrysotricha--- à partir de photo de Sergey 'Ivanov

Michel Garneau, poète canadien,  nous offre sa scantate à Beckett

Scantate à Beckett

Everything sopping wet under a black sky.
Only bright spot a blackbird.

Samuel Beckett
Ussy-sur-Marne
( lettre à son oncle Jim et sa femme Peggy - 1968 )

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 tout est trempe sous un ciel noir
éclairé par un seul merle
j’ai laissé la ville derrière
trop bruyante et même trop fière

moi je me cherche du vide
enfin ce qui lui ressemble
je suis du bord du silence
mais c’est pas la mort que j’aime

j’ai laissé la ville derrière
trop bruyante et même trop fière
j’aime la vie en son haleine
en son souffle et son battement

je suis du bord du silence
mais c’est pas la mort que j’aime

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