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Patti Smith – M Train – ( le temps réel )


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J’ai refermé mon carnet et suis restée assise dans le café en réfléchissant au temps réel.

S’agit-il d’un temps ininterrompu ? Juste le présent ?

Nos pensées ne sont-elles rien d’autre que des trains qui passent, sans arrêts, sans épaisseur, fonçant à grande vitesse devant des affiches dont les images se répètent ?

On saisit un fragment depuis son siège près de la vitre, puis un autre fragment du cadre suivant strictement identique.

Si j’écris au présent, mais que je digresse, est-ce encore du temps réel ?

Le temps réel, me disais-je, ne peut être divisé en sections, comme les chiffres sur une horloge. Si j’écris à propos du passé tout en demeurant simultanément dans le présent, suis-je encore dans le temps réel ?

Peut-être n’y a-t-il ni passé ni futur, mais seulement un perpétuel présent qui contient cette trinité du souvenir.

J’ai regardé dans la rue et remarqué le changement de lumière. Le soleil était peut-être passé derrière un nuage. Peut-être le temps s’était-il enfui ? 

Patti Smith « M Train « 


Recomposer (RC)


peinture: Dalvador Dali - ; Art Institute of Chicago

 

De mon réveil,

Je recompose mes fragments

Je lève le bras  d’une  journée  de futur

Aux ombres  dissipées de la nuit

Que retient mon corps trouble

Je viendrai glisser ma main sous mon épaule

Explorer une  existence à refaire

Et franchir un jour interminable

Qui sera le miroir glacé

D’heures qui jalonnent

L’espace vide du temps

 –  Sans ta présence…

RC  12- 02- 2012

 

From my awakening
I rearrange my fragments
I raise the arm of a future day
Dissipated the shadows of the night
What keeps my troubled body
I’ll come sliding my hand under my shoulder
Explore an existence to rebuild
And one day pass endless
Who will be the icy mirror
On hours punctuate which
The empty space of time
– Without your presence …

 


Claude Simon – l’herbe – extr


peinture Juan Miro: oiseau et femme dans la nuit - 1944 Detroit

 

 

Un ticket d’entrée au musée Miro de Barcelone, d’une trentaine d’années, un fragment de chapelet en nacre, une multi-prises, un rouleau de pellicule non développé, un paquet de mouchoirs en papier poussiéreux, un petit livret indiquant les calories des aliments, des épingles à cheveux et des trombones, un minuscule tournevis, un paquet de pastilles Vichy entortillé sur les quelques bonbons restant, deux bracelets en toc oxydés, la médaille d’argent entourée d’ivoire de mon berceau et un petit sac plastique contenant des feuilles mortes en chemin vers la poussière, un peloton de ficelle rouge pour cadeaux, un porte serviette en ivoire avec mon prénom gravé en italiques, de petits écouteurs et des enveloppes vierges dans un étui, plus des crayons aux mines usées mais pas de taille crayon.

Sauf que ces tiroirs ne sont pas miens, pas les bons. Alors, je pense que je pourrais y mettre, en vrac ou dans une boite comme celle de Marie, le contenu de celle-ci « de boutons dépareillés, de chaînettes d’or (ou plaquées or) et de vieilles boucles de souliers en cuivre… »

 

(l’Herbe –                    Claude Simon )