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la vibration d’un gong, un arrière plan de toile – ( RC )


 


C’est  comme  la vibration d’un gong  :  cela frissonne,
puis cela frémit, dans un froissement qui monte en puissance,
En s’amplifiant  jusqu’à la parole délivrée  de l’étain.
Un point critique  nait de la  rencontre de la mailloche et  du disque  de métal.
Un germe  du sensible :      Un geste  le précède.

Mais  le son qui s’en extrait, cache  son envers,  sa mutité,
sa  « face silencieuse », en quelque  sorte , dans l’objet.
Celui -ci pourrait être  joliment  décoratif,
mais sa matière, sa forme, recèle en puissance  le son.
Même lorsqu’il est silencieux.

Et pour une peinture, c’est  parallèlement, la rencontre  des formes,
des couleurs  et des contrastes,  qui révèle
de la toile  « silencieuse », les dialogues  de la lumière  avec l’ombre,
de la matière même  du geste  de peindre,
et ce qui fait la personnalité  de son auteur.

Cet arrière plan de toile, entend les soleils,
écoute les matins blêmes, et retransmet, comme  le gong, dès  qu’on la regarde,
ce frissonnement des éléments « dans un certain ordre agencés ».
Cachée,  elle peut, comme  un instrument  de musique, demeurer muette,
ses potentialités ne  s’éveillent que  sous la caresse du regard.

RC –  avr 2015


Tu entends, sortilège ( RC )


dessin perso – Ko
——–

Tu entends  sortilège , oui c’est ce qui se passe en nous,
Ce qui traverse, et touche…
Et pourquoi la graine germe  dans la terre,
Et pourquoi la graine germe en nous?
et pourquoi notre regard est d’émotion.

Et pourquoi certains sont sensibles à certains  arts
ces arts,        ce que l’on pense tels…?   cette pâte  étalée sur la toile,
qui, -pour citer Denis:               » avant d’être un cheval de bataille,
une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane
recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées … »

Oui, mais l’ attouchement du hasard – d’un froissement une aile ou une feuille ,
venant à mon regard, et la lumière  d’un instant, qui rebondit jusqu’à moi…
que je fixe en photographie, l’instant fugitif,
Comme celui où le bras se lance, le pinceau affleure, et puis  se pose, virevolte…
—–>        Je le laisse faire, regardant ce qui arrive.         Ce geste est le mien…

RC  – 22 mai 2013

tu entends sortilège, ( cette expression ) est issue d’un article  récent de Lamber Sav, visible ici:http://aloredelam.com/2013/05/23/lingua-franca-ou-comment-sen-debarrasser/#respond


  • Lamber Sav j’aime bien tes dessins , c’est à la plume ?
  • Re Chab Non, au pinceau calligraphique
  • Re Chab  ( ils ne sont pas tous de qualité égale, mais il y en a des intéressants)… https://www.facebook.com/media/set/?set=a.605439832799455.1073741828.100000003307397&type=3  Et- comme le permet les sculptures, l’intérêt est de tourner autour… donc qq fois il y a plusieurs versions dessins de mêmes sculptures avec des angles différents

    Photo

    faites en gde majorité à partir des sculptures de Matisse fin 2009
    que je complète  avec  cet extrait de  « Oreiller  d’herbes  » de N Sôseki:visible  dans  « à fleur de mots… »
    Puisqu’il est difficile de vivre dans ce monde que l’on  ne peut quitter, il faut le rendre un tant soit peu confortable, afin que la vie éphémère y soit vivable, ne fût-ce qu’en ce laps de temps éphémère. C’est alors que se déclare la vocation du poète, c’est alors que se révèle la mission du peintre. Tout artiste est précieux car il apaise le monde humain et enrichit le cœur des hommes.Ce qui débarrasse de tout ennui ce monde, où il est difficile de vivre et projette sous vos yeux un monde de grâce, c’est la poésie, c’est la peinture. Ou encore, c’est la musique et la sculpture. Pour être exact, il ne s’agit pas de projeter le monde. Il suffit d’y poser son regard directement, c’est là que naît la poésie et c’est là que le chant s’élève. Même si l’idée n’est pas couchée par écrit, le son du cristal résonne dans le cœur. Même si la peinture n’est pas étalée sur la toile, l’éclat des couleurs se reflète dans le regard intérieur. Il suffit de contempler le monde où l’on vit, et de contenir, avec pureté et clarté, dans l’appareil photographique de l’esprit, le monde d’ici-bas, futile et chaotique. C’est pourquoi un poète anonyme qui n’a pas écrit un seul vers, un peintre obscur qui n’a pas peint une seule toile, sont plus heureux qu’un millionnaire, qu’un prince, que toutes les célébrités du monde trivial, car les premiers savent observer la vie, peuvent s’abstraire de toute préoccupation, sont en mesure d’entrer dans le monde de la pureté, de construire l’univers unique et de balayer les contraintes de l’égoïsme.

     

    Soseki Natsume, Oreiller d’herbes, 1906 (trad. R. de Ceccatty, Rivages, 1987)