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Une sculpture fragile ,une chemise de nuit, et un nuage de dentelles – ( RC )


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peinture:  Anselm Kiefer

 

Sur le socle, une sculpture fragile ,
une chemise de nuit, et un nuage de dentelles.
Elle protège ton corps, hautement inflammable .
Ceci a à voir avec la magie :
tu repousses la pénombre,
celle des fumées, qui ont fini – autodafés –
par fermer le monde d’un couvercle.

Le bitume se fendille, la terre ouvre des crevasses.
Elle a soif.
Les gens ont des robes de béton,
et des voiles noirs
qui pèsent autant que s’effacent les couleurs.
Ils essaient de sauver quelques objets,
ce qu’ils ont pu emporter
sur une charette.

Ils m’ont pris pour l’un des leurs,
car j’avais sous le bras
ton portrait inventé,
dans une chemise de nuit,
et un nuage de dentelles.

RC – mai 2017


Mots de phoenix ( RC )


dessin: MC Escher

           dessin:   MC Escher

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette  lutte  dans la  froidure
Que l’on partage  en fins mots
De quoi tenir  au chaud
Encore des chants  d’azur…

Feux  de phénix
Renaissant de ses cendres
On peut  toujours  attendre
Des phrases prolixes

Ou je ne sais  quoi
Des feux follets
Ne laissent  inquiets
Que ceux restant cois…

J’observe alors, ma foi
Dans le ciel , les fumées,
–     de tes proses allumées
Que nous accorde la joie.

RC   – 5 mars 2013

note : cette création s’appuie  sur un poème de Jean-Jacques  Dorio, qui nous  évoque  le phénix – visible  avec beaucoup  d’autres dans  « poesie mode  d’emploi… »

image - travail perso sur dessin de Fabienne Fontaine

image –      travail perso sur dessin et support lettre


Future friche industrielle – ( RC )


Art     Gerard Murphy           guèpe  et poires

Avançons, avançons jusqu’au bord

Au delà commencent les  rêves

Trève de  la nature

Gros plan, et fondu au noir,

Il n’y a plus de repères,

La perspective est en fuite

Les mots sont partout, en suspension

Il suffit de les rendre…

Tranchons, découpons

Les maux se fondent lentement

Dans la confiture des jours…

Il n’y a plus de certain;

Que la nuit,

Poussée par le train

Que regardent passer

Les ouvriers les mains vides.

Avançons, avançons jusqu’au bord

C’est alors que bascule l’avenir,

Où tout se fond en brouillard

Rien à donner, si ce n’est le passé.

Le présent est parti, vers d’autres contrées;

Le ciel n’a plus de fumées,

Que des cheminées vides,

Retournées à la friche.

Rc  – 1er octobre 2012

photo – forge de Clabecq Belgique

photo Torres: cimenterie Alba


On n’invente plus la pluie (d) – ( RC)


photo –      favelas au Brésil

Autour de la colline brune,
La rivière s’enlace …
De tôles et de planches,
S’agrippe le bidonville,

Emergeant sous la lune,
Autant qu’il s’entasse,
Oscille et se penche,
D’hésitations malhabiles…

Aux horizons noircis de fumées
Des usines assez proches
Ecrivent le labeur,
Et les cités dortoirs

La ville d’écailles ,de nuit allumée,
Vue d’en haut       – assez moche –
Est pleine de dormeurs.
La pluie, ruisselle sur les trottoirs…

RC    21 août 2012


Lionel Bourg – Montagne noire


peinture : Edouard Vuillard

« Je suis né sur un sol charbonneux.

Tout était noir dans la région minière.

Les murs, la boue dans les squares, les arbres et les façades des immeubles, les eaux grumeleuses des rivières comme les fumées que crachaient les usines, l’humeur maussade des hommes rentrant chez eux le soir, la colère des femmes, les joies fiévreuses, la misère. Je poussais là discrètement.

Me promenais dans les décharges et parmi les remblais, croyant la chérir, cette terre, incapable d’envisager pourquoi de brusques répulsions se saisissaient de moi, qui m’accablaient ou me serraient la gorge.

J’errais sans but. […] »


Lionel Bourg, extrait de Montagne noire, Le Temps qu’il fait (coll. Lettres du Cabardès), 2004

texte  qui pourrait  s’associer  à un autre  du même auteur:

Vivre alors
mais vivre un peu plus loin
si ce n’est davantage vivre
entre peur et merveille
les yeux rivés
à la berge nuptiale une
main caressant les cheveux emmêlés
de son unique rêve

extrait  de  L’immensité restreinte où je vais en piétinant, Éd. La Passe du Vent, 2009

 

 

en connaître davantage  sur Lionel Bourg  ?,   c’est  avec lieux dits..

 

–.