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Petit astre – ( RC )


 

 

 

J Pierre Nadeau   villa Tamaris.jpg

dessin J Pierre Nadeau

 

Je joue à cache-cache avec la nuit,
je disparais quand elle arrive,
car elle étend des draps noirs,
pour que la terre se repose.
Moi, je continue de l’autre côté
sans jamais me lasser,

Vénus et les autres voudraient s’approcher,
et se dorer à mes rayons,
mais comme on le sait les planètes
attendent qu’on les invite,
et patientent sur leur orbite ,
à chacun leur tour .

Ça fait partie du protocole,
que chacun reste à sa place
car jamais je ne m’ennuie
ni ne me lasse
car mes voisins de galaxie,
m’envoient des messages codés.

Je ne sais jamais trop où ils sont
car l’espace se distend :
quelques années-lumière,
le temps que leur message arrive,
il faudrait que j’étudie leur trajectoire,
en tenant compte des trous noirs.

C’est beaucoup trop me demander,
Je me contente de rayonner,
et de plaire à ces dames:
je joue de toutes mes flammes,
tire des traits entre les étoiles
( c’est déjà pas mal ) !

Pas trop loin il y a la terre ;
– je ne fais pas mystère
de mes préférences – ,
alors je lui fais quelques avances,
bien qu’une lune soit sa voisine,
mais à part quelques collines

elle est plutôt déserte,
aussi c’est en pure perte
qu’elle étale des cratères,
qui franchement manquent de caractère:
( une sorte de boule de poussière
qui ne devrait pas beaucoup lui plaire ).

Par contre sur ma planète, je vois et des prairies,
des fleuves, des fleurs et des forêts,
dès que je suis levé, je fais des galipettes,
je dors quand j’en ai envie,
et tire une couverture
en ouates de nuages .

Mon voyage est silencieux,
il illumine tout ce qui se trouve
sur son passage ,
et je prends un certain plaisir
à lancer des rayons
vers ce qui semble être vide .

Rien ne se perd pourtant,
car j’en reçois d’autres
qui me parviennent .
Le temps n’a pas d’importance.,
il se recourbe, ainsi , à chaque fois
je renais à l’infini…


RC – avr 2019


… d’un rêve en couleurs, comme un tableau de Chagall – ( RC )


Résultat de recherche d'images pour "chagall chevaux"

peinture: Marc Chagall

 

Il y a trois chevaux courant dans le ciel,
ils marchent sur des nuages et boivent le vent .
Il y en a un vert, un rouge , un jaune.
        Ils galopent au-dessus de la ville.

La tête à l’envers sur le quai de la gare,
les sons et les parfums tournent dans l’air du soir
la galaxie est toute proche .
Tu pourrais presque toucher les étoiles.

C’est comme dans un tableau de Chagall .
Un violoniste joue sans partition
de vieux airs yiddish
         avec un accordéoniste .

C’est un mouvement de danse
qui t’entraîne au-dessus des toits.
Cette mélodie t’appelle ….
…        – d’un rêve en couleurs tu te rajoutes des ailes.

RC – mars 2018


Premier homme sur la terre – ( RC )


Résultat de recherche d'images pour "premier homme sur planète"

Si j’étais le premier homme
à marcher sur la terre,
– venant d’une autre planète – ,
je marcherais avec prudence,
sur les berges sablonneuses,

laissant des traces  en creux.

Je m’enfoncerai dans les forêts tropicales,
où le soleil n’y pénètre
que par effraction,
j’apprivoiserai les animaux,
qui m’accueilleront sans méfiance,
comme si j’étais des leurs :

un peu étrange, sur ses deux pattes,
le cœur presque à nu,
et ma mémoire cousue de fil blanc,
essayant de se faire comprendre
par des mimiques
trahissant mes pensées.

Je n’aurais pas la pupille dilatée
du fauve de service,
je viendrai sans arme:
( personne ne les aurait inventées) , 
et avec les meilleures intentions .

Je me guide aux phrases de la lune :
elle, au moins, me comprend .
Je lui parlerai le soir,
lorsque le soleil s’éteindra .
Il reparaîtra le lendemain,
d’un autre côté .

Il étire les ombres ou les rétrécit,
comme avec des élastiques.
Cela semble être un jeu
dont jamais il ne se lasse
montant et descendant
tel un yoyo, au-dessus de l’horizon.

Il y a un seul astre ici.
Il règne,     sans partage
et semble très écouté .
Sa caresse varie, de tiédeur
en brûlure , rythmée par le jour
qui se déplie .

C’est sa façon d’être :
çà remplace le langage,
et les plantes le comprennent:
elles se sont multipliées
au point de couvrir
la plupart des endroits.

C’est une planète verte
avec de grands lacs,
que l’on nommera océans:
la vie a l’air moins rude
qu’ailleurs en galaxie.

J’indiquerai ça,
dans mon compte-rendu ,
devant rendre mon rapport sous quinzaine.
Je parie que bientôt
une équipe d’explorateurs
prendra ma relève.

Il ne serait pas impossible
qu’ils s’établissent ici,
avec leur petite famille, en villégiature .
S’ils construisent un village
il y aura peut-être même
une place à mon nom .


RC – sept 2017


Je n’ai jamais su la couleur des étoiles – ( RC )


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peinture: Pisanello

 

On peut lire, – paraît-il –  , son destin,
inscrit dans la conjonction des astres.
Des figures s’y croisent, s’interpénètrent ,
se déforment, puis se détachent
lentement les unes des autres.

On prétend que chacun a son étoile,
mais où la situer dans toute cette galaxie?
Elle nous mènerait, le temps qu’elle nous suive,
par une sorte de fil invisible .
Seulement voila…
il est connu que les astres palpitent à distance,
rayonnent, s’attirent, se repoussent,
et adoptent quelquefois de folles trajectoires.

Leur trace peut se voir,
sur les fresques des églises,
Des représentants
de leur commerce apparaissent…
sous la figure des anges  :
Ils sont un peu plus proches,
( quoique leur figure poupine reste énigmatique ).

Ils ont entre leurs mains les fils du destin.
Ceux-ci,         bien qu’échappant au regard,
arrivent à s’emmêler avec ceux des autres,
et tressent quelquefois une étoffe commune,
en quelques mois         ou quelques semaines,
dont hélas , on ne peut se vêtir,
ni dissimuler ses blessures .

D’autre part, personne ne sait
de quoi sont faites les robes des anges.
Il y a ceux qui embrassent la lumière ,
qui la créent , d’une certaine façon.
Et d’autres qui la consomment,
jusqu’à ce qu’elle se vide de sa substance.

Il arrive que l’étoile clignote, puis s’éteigne,
comme une vulgaire ampoule .
C’est juste que le courant ne passe plus,
ou que le fil est brisé.
Comment savoir ?

On joue alors une musique funèbre,
et sur les murs, la figure de l’ange disparaît,
progressivement de moins en moins nette,
jusqu’à ce que les traits s’effacent définitivement.
L’étoile qui nous était destinée au plafond du ciel,
quitte aussi la scène , mais ,
on n’est plus là pour s’en aperçevoir.

RC – fev 2016


Jean-Pierre Duprey – A la grimace


masque Buaku Kyogen, Japon

 

 

 

« Allez-vous-en, vous n’êtes pas joués ! Il fait si noir qu’on n’a jamais gravé les cartes. Allez-vous-en, on vous a joués. Le soleil n’a jamais fait partie des livraisons du jour et la terre n’est qu’une ride de vieillesse. Celui qui aime l’atome ne mange que du néant. Celui qui croit prendre un chemin ne prend que son corps par la fatigue.

J’avais pourtant trouvé de la viande dans les statues…et quelque chose de touchable qui s’insérait, ne quittait jamais la main, cette main, ma main.

Mais la main, l’ombre d’un geste, n’avait jamais quitté cette sépulture anticipée, ce grand dortoir des autres, peuplé, peuplé…

D’un grand fauteuil qui n’invite personne…

D’une clef oeuvrée qui n’explique rien,

Trouvée dans la main

D’un pensionnaire de la maison détruite, quelqu’un payé très cher pour rien.

Et dans un coin du sommeil des autres, lui, là-bas, sa peau se déplace. A quoi t’entraînes-tu ? Qui donc te rêve ? Il n’a rien vu, rien entendu ; son corps l’avait porté à la dernière dimension nocturne, jusqu’à l’issue du dernier hasard.

Le dernier hasard…Un grand brouillard en place. En avant, drapeau noir ! Les démons, on vous somme, plus d’hésitation ! L’habitude de la réalité exige une belle autorité.

Moi, je n’aurais jamais dû me prendre les pieds dans cette galaxie ! »

 

 


Marie-Claire Bancquart – Galaxie


 


En replantant des ellébores
je te parle
de nourrir le cosmos :
rien que cela

une cuillerée de terre
pour la racine encore visible

une cuillerée
pour achever d’emplir le pot

une
pour le globe tout entier

la dernière
pour sa verticale vers l’énigme.


Marie-Claire Bancquart

in  » Verticale du secret   »          « in  » Terre énergumène  »

 

 


Sempre0allegra – le temps s’est arrêté


horloge de l’ancienne gare d’Orsay

visite du blog de Sempre0allegra,

 

Le temps s’est arrêté

Mon cœur s’est serré

Tout reste  en suspens

Le prochain battement est en attente

Je me retrouve dans un lieu inconnu

De mes galaxies habituelles, je suis loin

 

Je ne me reconnais pas en fait

Tu m’as perforé l’œil

Aurais-je le nom d’une autre ?

Serais-je la même que  quiconque ?

 

Comment faire pour recouvrer

La route de ma maison, ton cœur

Où  irai-je habiter

Si je ne vis plus en  toi ?

 

J’irai sur des étoiles

M’abandonnant d’une à l’autre

Je finirai sur une NOVA

Et disparaitrai dans un Vortex

 

Parjurant, en errant,

Que j’ai existé un jour

Tout comme tu les as classées

Me classerais-tu, quelque part ?

 

Tout comme j’ai été

Serai-je un souvenir d’ailleurs

Je t’en prie !

Fais-moi rentrer de mon Elbe

Je veux  rentrer dans ma maison,

Ton cœur

(traduite ce soir)

Il tempo si è fermato.
Il mio cuore si è stretto

Tutto è in sospeso.

Il prossimo battimento è nell’attesa

Mi ritrovo in un spazio sconosciuto
delle mie solite galassie sono lontana

Non mi riconosco affatto
Mi hai perforato l’occhio

Avrei il nome di un ‘altra
Sarei di chiunque cosi simila

Come faccio per ritrovare
la strada di casa mia, tuo cuore

Dove andro’ ad abitare
se non vivo piu’ da te

Andro’ su delle stelle
lasciandomi portare di una all’altra,

Finiro su una nova
e scompariro in un vortice

Renegando, aggiurando
che ho esistito un giorno.

Tutto come le hai archivate
mi archiverai altrove

Tutto come sono stata,
Saro’ un ricordo, d’altronde

Ti prego
Fammi tornare della mia Elba
Voglio tornare a casa mia,
Tuo cuore.

tudda minuscola 2003


Suivant les points de suspension (RC)


photo: coucher de soleil sur le Pacifique archives NASA


…… Suivent les points de suspension , tout s’exaspère et tourbillonne

Dans le bocal de l’univers, les atomes se contournent,

les galaxies se font tourbillon, et belles dans leurs robes d’étoiles…

De voies lactées en vraies laitances, la toile des possibles est encore à peindre,

la buée devenue eau sera-t-elle bue par celui ou celle qui veut la boire ?

.De cette eau, de ce lait tu t’en nourriras, tu enfanteras ce que tu n’avais même pas imaginé, tu écriras ce que nul autre n’a écrit,

.

Ce qui reste, est un vaste, ce qui reste sera pour toi !, —– ce sera toi !

Tu traverseras un espace sans limites, ce mondes des possibles, tu seras toi même univers…
tu l’es déjà… si tu te vois positive… (points de supension)..

RC  24 mai 2012  (  reprise  de juillet 2011)


Autres usages d’un temps ( RC)


Photo perso..; Tiebele,   chefferie de Guénon, Burkina-Faso

 

 

 

( impressions d’un cheminement dans le temps  décalé  :  en Afrique Noire )

 

 

Suivant l’âne et Charles  avec sa carriole

Le chemin se serpente à travers la brousse

Et l’après-midi file à l’ombre épaisse des manguiers

 

Jusqu’aux portes des concessions

Eparses dans les champs  craquelés de sec

Les histoires de la  vie quotidienne

 

Les échos d’une fête lointaine

Dans la matière palpable de la nuit

Se sentir ailleurs – et sentir l’ici

 

D’autres usages d’un temps

Sans électricité et artifices

Sous les étoiles si pures

 

Qu’on pourrait relier en touchant du doigt

Par quelques années lumières

En rencontres possibles des mondes et galaxies

 

Sentir ailleurs – l’ existence dans le hasard.

Sentir l’ailleurs  ici,  à cheval sur un présent

Et des traditions millénaires

 

Ouvertes aux végétaux de majesté

Et l’occident    – improbable

D’abstraction ,  à capturer la fatalité

 

Et la poussière d’espaces

En espoir de  pluie nourricière.

Destin de saisons et d’inéluctable

 

Sous la voûte des tropiques

Et l’arbre à palabres.

 

 

RC  20-mai 2012


Sous la voûte noire des tropiques (RC)


 

 

 

 

 

 

 

Comme un rêve de voie lactée avec étoiles vertes
Sous le signe  du singe, ce singe serait-il en hiver
En tournant autour de la terre,les galaxies offertes
La balance d’un soir, balançoire, envoyée en l’air
Les éléphants,zébus,buffles au rendez-vous
Des humains endormis sous la couette des nuées
Castors pumas si élégants, le savez-vous ?
Chameaux, chèvres et cochons, au milieu du marché

C’est avec fraternité retrouver vivante ménagerie
Jolies , jolies bulles en frasques douces
Le concert des pintades aux branches, confrérie
Réveille tortues, serpents et  hyènes rousses
Les constellations animalières ont changé d’ordre
A  la tête renversée, j’ai perdu la grande ourse
Et la petite aussi. Girafe, girafon, il aurait fallu tordre
Le grand cou , encore, pour rattraper sa course.

 

 

texte inspiré de celui de JOBougon:

photo perso, concession de Tangatssogo, Burkina Faso


Hubert Haddad – une rumeur d’immortalité 02


photo; inside bellII

II

double vie l’homme est cette mystérieuse région d’être
la dormeuse boit mes éveils
comme les songes édulcorés des dieux
météores sous les paupières
à l’ombre du serpent entre écailles et poussière je vois tourner les galaxies sur les cités, les campagnes et l’écume des générations
que je devienne feu ou glace entre nuits et jours perdus
comme un enfant de douleur lavé dans la grande lumière et laissant des empreintes d’oiseaux sur le sable répandu des temples
Repose-toi mon amour le néant pardonne même aux filles de la terre
rien ne sauve la mémoire
l’aurore défroisse cosmos et vulnéraires
dans la fraîcheur tiédie des tombeaux
je n’ai plus de secret mourir ce matin me ressemble