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Leopold Sedar Senghor – To a dark girl


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Photo:            Denise Bellon

 

 

Tu as laissé glisser sur moi
L’amitié d’un rayon de lune.
Et tu m’as souri doucement,
Plage au matin éclose en galets blancs.
Elle règne sur mon souvenir, ta peau olive

Où Soleil et Terre se fiancent.
Et ta démarche mélodie
Et tes finesses de bijou sénégalais,
Et ton altière majesté de pyramide,
Princesse !
Dont les yeux chantent la nostalgie
Des splendeurs du Mali sous ses tables ensevelies.


Paul Bergèse – Au gré des galets


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Au repos de la plage
les galets apaisés
tendent leurs joues
à la caresse de la vague.

Couleurs soleil ,
les galets du Verdon,
portent encor des odeurs
des goûts et des musiques.
Souvenirs d’enfance.

Neige, vent, pluie, soleil ,
torrent , rivière et plage.
Combien de souvenirs
dans la vie du galet ?
Mais son visage lisse
est toujours impassible.

Une aventure vibre
au profond du galet.
Musique de fontaine
où s’abreuve un poème.

 

et avec un lien sur ce texte  écrit  en,  2014


Eric Vuillard – Qu’est-ce que c’est, un fleuve ?


photo: Jan-Joseph Stok

 

 

Qu’est-ce que c’est, un fleuve ? Un peu de boue et beaucoup d’eau.

De l’eau.

Cette chose qui coule.

Il y a, dans un fleuve, une multitude de vies et de morts, de chemins, une multitude de galets, de sable, de rochers, et tout ça se soutenant seul et formant une grande cicatrice où l’eau coule.

Et puis il y a les rives. Au-dessus de ce que nous sommes en secret, il y a les rives, où le fleuve quelquefois déborde, emportant tout ce qu’il peut, mais qui sont d’habitude libres, dans la lumière.

 

extrait de  « Congo »                         voir les  » notes  de lecture »


L’Ave Maria – ( RC )


 

Cello -piano  schu

 

 

Le ruban de musique
Se déroule
Au fil de l’archet.
Ce sont des couleurs amples,
Qui sentent le bois mûr,
Où les cordes chantent,
Et les doigts dansent.

Un chant s’élève,       doux,
Au contre-bas d’amour,
En arpèges          se posent,
Comme les vagues le portent,
Ouvrant de futurs horizons,
S’arrondissant comme galets,
Aux accords du piano.

L’offrande se donne,
Aux envols des notes ;
C’est toujours un poème,
Que l’on reçoit,
Les oreilles attentives,
Les mains ouvertes,
Avec l’Ave Maria

De Franz Schubert

 

 

RC- mars  2014


Mémoire de grandes ailes blanches – ( RC )


A ne pas  gagner l’ombre,
Et les étés enfuis,
Sur la longue plage du temps,
Je te suis,
Et te vois                       de loin,
Marcher toute seule,  sous la pluie,

Il y a les îles,
Fouettées par les embruns,
Les perles  d’eau salée        sur ton visage,
Les galets luisants ,  glissant sous mes pas,
Et le vent qui t’accompagne,
Avec les odeurs du large.

De grands oiseaux blancs planent   en tournant,
Et se rappellent                    des instants soleils,
Du sable épousant les courbes   de ton corps,
Les coques des voiliers     aux couleurs vives,
L’air vif,                      faisant claquer les voiles
Et empli du parfum des orangers.

Bien sûr la Normandie,   au pied des falaises,
Est loin de l’Italie,
La lumière se dissimule derrière les nuages,
Comme le bonheur approché,
Mais reste à portée d’elles,
Si j’étais porté moi-même,

Par ces grandes ailes  blanches.

RC –  12 septembre  2013


Lac – Brassens, cloche ( RC )


photo: gjlh ( voir son blog photos)

Le lac bleuté, le repos, sous le soleil d’été
Les bâtiments voisins se brisent en reflets,
Entourés d’ écrins de sapins,

L’eau est presque immobile  sous midi,
Tu es les pieds dans les flots,
A marcher précautionneusement sur les  galets

Seuls quelques chiens, jappent la lumière,
Et aussi une auto,  écrit dans l’espace,
Une chanson de Brassens,qui nous parvient,

De droite, puis de gauche, enfin s’éteint.
Douze coups marquent la cloche,
Au son fêlé, celle  de l’abbaye.

RC  – 21 juillet 2013


Brigitte Tosi – Un jour la mer ne viendra plus


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un jour la mer ne viendra plus

Frapper à la porte de mes yeux

 

Je battrai des paupières,

Oscillant sur la vague

De mon humeur vitrée,

Croyant retenir, encore,

Un peu de vie et de lumière

 

Le vent coudra ma bouche,

Cette fissure du visage,

Ce rouge murmure,

Cette pâle plainte

De mots hasardeux

Un coup de lune foudroyant

Viendra lisser mon front paré

De tôle grise ondulée

 

Un jour la nuit viendra

M’échouer dans la mer 

La marée haute engloutira

Les chairs mortes de mon corps

 

Un promeneur distrait

Lancera sur la vague

Les galets de mes yeux

Endormis sur la plage

 

Un jour le mot

ne viendra plus

 

 

Brigitte Tosi

 

 


Aran ( RC )


photo perso:                Aran, Inishmore

 

 

Trois petits galets dans l’Atlantique,

Trois vaisseaux  de pierre,

Striés dans leur chair,

Au sol de calcaire

 

Dressent un parcours de murs,

Autour d’une terre maigre,

Et d’herbes arrosées d’eau salée

Lorsque fond un ciel liquide

 

Où le gris, dispute de l’océan, l’indigo

Trois petites îles se suivent

D’un voyage immobile,

Au Connemara,         voisines.

 

Les soeurs sont sentinelles,

Don Aengus est toujours là

A surveiller l’horizon

Depuis les falaises noires,

 

Au choc profond des vagues.

Les maisons blanches adossées aux rocs,

Se font lumière, aux ciels de plomb,

Résistent et s’entêtent

 

Au courroux des tempêtes,

Et aux vents qui les fouettent.

Les îles, échouées sur un socle qui tangue,

Subissent les éléments qui les poussent,

 

Et où bien peu d’arbres, moussent.

Les hommes          qui vivent là,

Aux longues histoires de pêche,

La cicatrice de générations de noyés,

 

Ont le regard      dilué  d’eau fraîche.

Vêtus              en laine de leurs troupeaux,

Laissés pour compte de leurs terres  pauvres,

Ils ont vécu longtemps coupés du monde

 

L »oral        d’un gaëlique  d’antan

………………..Sur les îles  d’Aran.

 

RC – 18 septembre 2012

photo perso:        îles d’Aran