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Des nuages avalant des montagnes – ( RC )


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C’est une soif,
immense,          inextinguible,
Elle ferait se vider les lacs ,
assécher les rivières,
si tu étais ce géant,
décrit dans tant de légendes .

Mais      il y a plus fort que toi :
on peut voir couramment
des nuages
avaler des montagnes .

 

RC –   mars 2018


L’habit de l’écrivain – ( RC )


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C’est comme l’histoire de la petite graine
Abandonnée dans un champ,
        qu’un oiseau, en volant,
        ne pense pas qu’il sème
        ce qui va devenir
        un futur géant
dont le feuillage secoué par le vent
va lentement s’épanouir.

De même,        l’habit de l’écrivain
ne se limite pas à la personne :
la robe de bronze ne fait pas l’homme
( ainsi le géant sculpté par Rodin ) .
Une houppelande,           une casaque…
             juste l’emprise du matériel ,
ne pouvant cerner l’essentiel :
              la figure massive de Balzac .


RC – juin 2017


Isabelle Levesque – es-tu château ?


photo perso; ombre de tour sur tour chateau de Saint-Saturnin sur Tartaronne, vers La Canourgue – 48  – 2008

 

 

 

es-tu château
ou l’ombre du silence (forme humaine)

as-tu soupirs de géant
milliers d’insectes en gorge râpeuse
respirant la terre
le géant ne sent rien respire
chaque souffle expire
une pierre

es-tu nuée sourde sur la proie (aucune chance)
tu virevoltes geste fou d’une courbe
ne s’arrête comme
encre en tache et page
loin du buvard flot noir apparu
surface couvre

es-tu quelque part en présence surprise
ou patte d’un bourdon
perdu dans la lutte

percer le corps sombre minéral
érode
la pierre grave le socle
enfonce
château dressé (faille en terre)

In Ossature du silence, © Les Deux-Siciles, 2012, p.13

 

 


Je suis l’orage (RC)


 

Le Ruisseau en murmure

et cette larme silencieuse.

 

Portée d’eau – la paresseuse-

aux endroits les plus creux,                 stries, flaques et vallées

Faisant son chemin, poussée de par sa masse,

roulée sur le visage et vers de lointains océans.

 

Tu scruteras ce flux,              sensible,

ainsi le rai de la lumière

aux rebonds des volumes;        la larme à la rondeur

du visage

l’encre, aux pentes provoquées   du papier.

 

Ce ruisseau qui murmure,  la chute qui cascade, les grands méandres en fleuves,

sont à l’inverse de ma brosse,

qui court sur le fil de la toile,  en caresse les  reliefs,

dépose sur ses collines

son écorce de couleurs,     ses habits de fête.

 

qui court en pâte brute, en pâte fine,         demi-matière chargée d’eau,                      – aimante, électrostatique

de parcours artistisques.   déposée, frottée, retranchée…..

photo personnelle:  menace d'orage  sur le Causse   (  Lozère)

           photo personnelle:                       menace d’orage sur le Causse ( Lozère)

Je suis l’orage

qui précipite, macule, rature et bouscule  la géographie étale

de mille pages   aux mille visages.

 

–            Notre ronde  – le monde,

mille pages de mille visages,         sculptés, bousculés,ravinés, basculés,

sédiments d’eau

sédiment-terres

Se taire.

 

Des colères qui hurlent,          aux larmes silencieuses

sur les statues des arbres et géants de pierre_______

 

Une page de la vie, toujours détruite,    et naissante;

et recommencée.

 

RC  2001