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L’histoire cohabite sa géographie – ( RC )


Carte ancienne

Carte ancienne du Japon

Du creux ombreux aux pentes neigeuses,

Le parcours des siècles,

Des pays conquis, esclaves soumis,

Il n’est plus de paroles audibles,

Et des routes détournées,

A faire taire la voix des peuples,

Quand la vague redescend,

Et conduit, du sommet à l’abîme,

Les hommes blessés,

Envahisseurs ou envahis, ;

Ils finissent par se confondre,

Et s’imbriquer, au point,

Que les origines,

Se perdent dans la nuit des temps,

Et de la géographie,

Qui, à quelque chose près,

A toujours ses montagnes,

Et ses îles en place,

Malgré les accidents de l’histoire.

(texte créé en « réponse  » à celui de Norbert Paganelli- lien ci-dessous)–

STRUGHJERA / DÉLIQUESCENCE


L’assaut du lierre ( RC )


la légende de Nabuchodonosor

 

– Le corps construit,

Sous le noeud des racines,

Abandonné sur pied, scrute les yeux vides,

L’horizon gelé, Les bras de long du corps,

Une épée à la main.

 

Aux rosées des matins,

De petites flaques s’endorment dans les creux,

Et peu à peu les mousses s’enhardissent,

Les lichens dessinent leur géographie orange,

Sur une bonne portion du buste et du visage,

 

 

Tentaculaires.

L’attente se prolonge, aux rires des oiseaux,

Si le nez se fendille,

Et que les racines se glissent

Sous les membres de pierre,

Etendant leur emprise,

 

….Profitant du dégel,

Dans les fissures,

Au point qu’un jour,

Une main se détache,

Et avec elle,  suit,

L’épée qui se brise.

 

Les morceaux parsèment le sol,

Ou roulent dans le lierre,

Reparti à l’assaut,

De la statue guerrière…

Relatant des combats

Dont on ne se souvient pas.

 

La sculpture du parc parlait de victoire,

Et au sang qui fut versé,

Celui du corps de pierre,

L’a depuis longtemps, déserté.

Triomphe du végétal,

Sur l’immobilité.

 

A l’assaut du lierre,…  forteresse de pierre,

Même la légende du socle s’est effacée.

 

– RC – 9 octobre  2013 – ——

 

 

j’ai trouvé  en rapport  ce poème de J M de Heredia:

La mousse fut pieuse en fermant ses yeux mornes ; car, dans ce bois inculte,……   –

Résultat de recherche d'images pour "bomarzo "

 

photo  sculpture   parc de Bomarzo, Italie


Ecriture paysagère, plume voyageuse ( RC )


photo:             Yann Arthus Bertrand             – îles d’Aran – Inishmore

 

 

J’ai écrit sur les causses et les montagnes
L’aube sur les étangs gelés, en rase campagne
Les déplacements minuscules, qui font sans doute
La différence, aux zébrures de parcours d’autoroute…

J’ai aimé la nef affleurant  des îles d’Aran
Les nuages empilés, de ces îles sous le vent
Les champs qui ondulent, et contournent les collines,
Les pins sylvestres attentifs, au bord des dolines,

En attendant que l’orage cesse, sous un abri de roc,
Ma tête convoquait les ogives d’une cantate baroque
Les toits dansants d’un village provençal,
Un marché,  fruits et légumes, jonglant de couleurs sur les étals.

Avec mes croquis des maisons d’Amsterdam,
Sous un ciel si bas, que les nuées condamnent,
Je me suis donné  l’espace d’un défi,
Sans transcrire en photos, architectures, et géographies…

La plaine est immobile, et la plume voyageuse,
Et caresse aussi bien  les bords de la Meuse,
Que le bourdonnement têtu des abeilles
Dans les calanques, près de Marseille.

RC  –  29 juin  2012


Falaise (RC)


Pays de Caux - falaises vues de haut

Le pays a connu sa limite, le paysage s’est arrêté.
En une chute brutale…
C’étaient  des prés, une surface aimable, doucement façonnée.
Où le jour se jouait.
Où le langage des herbes dialogue  avec la brise, et la panse suspendue des vaches à la géographie noire et blanche des robes.
C’est un paisible,en Caux, et pommiers espacés, que rien ne dispose  à la cassure.
Et c’est pourtant, l’extrème d’un pays, en chute blanche
Il ne s’incline même pas en une approche lente de mer,
dont seuls les oiseaux marins, nous avertissent, avant de suivre, le fil vertical, de l’épaisseur de roche.
Et son écho , assourdi , d’un chant liquide  et obstiné.

Je suis l’orage (RC)


 

Le Ruisseau en murmure

et cette larme silencieuse.

 

Portée d’eau – la paresseuse-

aux endroits les plus creux,                 stries, flaques et vallées

Faisant son chemin, poussée de par sa masse,

roulée sur le visage et vers de lointains océans.

 

Tu scruteras ce flux,              sensible,

ainsi le rai de la lumière

aux rebonds des volumes;        la larme à la rondeur

du visage

l’encre, aux pentes provoquées   du papier.

 

Ce ruisseau qui murmure,  la chute qui cascade, les grands méandres en fleuves,

sont à l’inverse de ma brosse,

qui court sur le fil de la toile,  en caresse les  reliefs,

dépose sur ses collines

son écorce de couleurs,     ses habits de fête.

 

qui court en pâte brute, en pâte fine,         demi-matière chargée d’eau,                      – aimante, électrostatique

de parcours artistisques.   déposée, frottée, retranchée…..

photo personnelle:  menace d'orage  sur le Causse   (  Lozère)

           photo personnelle:                       menace d’orage sur le Causse ( Lozère)

Je suis l’orage

qui précipite, macule, rature et bouscule  la géographie étale

de mille pages   aux mille visages.

 

–            Notre ronde  – le monde,

mille pages de mille visages,         sculptés, bousculés,ravinés, basculés,

sédiments d’eau

sédiment-terres

Se taire.

 

Des colères qui hurlent,          aux larmes silencieuses

sur les statues des arbres et géants de pierre_______

 

Une page de la vie, toujours détruite,    et naissante;

et recommencée.

 

RC  2001