voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “Georges Brassens

Brassens et les poètes – (Susanne Derève)


Nocturne – Cimetière marin de Sète

 

 

Chante, Brassens,   la plage de Sète

et le mistral  

le cimetière marin dévisage la mer                           

de ses pierres gravées

et la mer immobile  vibre

sous le grand ciel aveugle de l’été

 

Chante, et que chantent après toi

dans les jardins de Sète

les poètes de  Méditerranée

El-Atat,  Al Hamdani,  Karaçoban

 

De leurs lèvres naissent   les failles de l’enfance  

la source et l’embouchure du fleuve *

les Mille Nuits de Bagdad et les murs des prisons

le nœud coulant de la sueur

la poignée d’eau sur le visage **

 

Le vent porte un parfum de grenade et de rose

et roule sous mes doigts le grain des pierres

de Baalbek,

volent les cendres de l’exode

 

 

 Chante, Brassens, la plage de Sète

et le mistral

et que  ta voix, avec leurs voix mêlée,

tisse une longue  villanelle   

un cantilène de mots  que  rebattra la mer

pour n’en conserver que l’écume

l’hème brillante du poème

 

 * Rabih el- Atat   Humeurs vaganbondes https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2019/03/rabih-el-atat-dans-l%C3%A9mail-de-la-tasse-une-fissure.html

** Aytekin Karaçoban Images instantanées Revue Ayna  http://revueayna.com/portfolio/aytekin-karacoban-2015/

Salah Al Hamdani –  Entretien avec Bruno Doucey https://www.youtube.com/watch?v=tWgGhx9pSJw

http://www.sete.voixvivesmediterranee.com/


tes mots à survivre (RC)


dessin: planche  de botanique  ancienne

dessin: planche de botanique ancienne

 

 

Peut-être que tu ne survivras pas à tes mots
Si ceux ci portent une charge toxique
Et qu’ils procurent à leur auteur mille maux
En se reproduisant de famille, prolifiques

Mais on peut imaginer que l’inverse le soit
Et qu’en vin des marges, ils remplissent
Les recueils, et d’indépendance, soient
Au point qu’ils te survivent avec délices

Ces signes qui nous inventent
Vont aussi nous guider
A traverser la mort lente
Mourir pour des idées

C’est bien Georges qui le chante
Et toujours, on le fredonne
Brassens nous enchante plus que hante
Et ses paroles résonnent

A la série des pages ouvertes
On peut voir le temps qui tasse
Du jardin, à la grande fenêtre
Les écrits ne s’envolent ni s’effacent

La parole se donne, orale
Les poètes anciens ,heureux élus
Hugo, Rabelais, de Nerval
La parole écrite est encore lue.

L’étonnant cristal d’immatériel
De la parole qui touche l’âme
Traverse encore tous les ciels
Et nous joue encore ses gammes

Shakespeare, Othello et Ophélie
Au théâtre des hommes, éternel
Et la voix cassée de Billie
Si vivante, belle, très actuelle…

Se nourrissent de mots précieux
Distribués à travers l’espace
Comètes et météores audacieux
Mais nous en avons toujours la trace

 

——–

 

Réponse  à JJ Dorio  pour  son  « vin des marges »