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Marina Tsvetaieva – mon autographe dans la figure


texte extrait   des  « écrits de Vanves »

 

photographe non identifié

                           photographe non identifié

Partis nulle part, ni toi ni moi

Perdues pour nous toutes les plages.

Propriétaires d’un sou, été brûlant,

Pas dans nos prix les océans,

De la misère – goût toujours sec,            

Tourne la croûte sèche dans la bouche,            

Plat – bord de l’eau, mangé l’été !            

Espace de pauvres, poches retournées.

Anthropophages de Paris

Replets, joufflus, panse luisante

Vous tous, mangeurs de poésie,

Ripailles de graisse, un franc l’entrée

Et pour la bouche, lotions-poèmes,            

Refrains, sonates et versets,            

Voûtes célestes, fronts étoiles.            

Eau de toilette – le chant aux lèvres.  

Mangé l’été, Paris !          Plages sèches !

Pour vous – soyez maudits

Pour vous la honte ! Recevez

Mon autographe dans la figure :

De mes cinq sens – cinq doigts signant,

Meilleurs souvenirs, bons sentiments.

 

 

(Paris- La Favière 1932-1935.)


Tim Lilburn – La chirurgie contre l’angélisme


art  : Alesandro Bavari
art :           Alessandro Bavari

La chirurgie contre l’angélisme

Définir une couche de graisse du pâturage de feu

dans la poitrine de la chaleur du moteur, le sein

caressant mouvement contre le parfum de répandant de la maladie

gonflée de volts d’inhalations.

Laissez la.

Ce fléchissement de la chaleur pour un repas à moitié dévoré pas soi-même,

laissez-le manger tiges,copeaux de fer, pierres vertes, morts millefeuille, premiers mots en tête

d’un surplomb rocheux dans la partie supérieure droite, le squelette d’un sceau,

laissez-le apprendre à se soulever

-sifflement

la lame psalmique complète à travers sa bouche .

Cinq livres de pesanteur de feu contre la ruée du musc
Dans la poitrine du moteur brûlant, un plancher commotionné;

Les têtes de lumière fouettées par la toux le souffle du coup du trampoline,

et le chœur au-dessus de leur enveloppe, ils tanguent

dans un cercle lisible et flou mais, oui, en mouvement, oui, l’engrenage

Ces crics du dôme crânien.

Vous allez dans la bouche du poisson qui est la citoyenneté sibérienne .

dans la bouche du poisson qui est le corps d’un cousin au volcan à ses noces.

Nous sortons du tunnel sur le bord du côlon , aux ramures douces

à la fumée du cerf de nuages.

Nous avons construit une cabane sur cette noix engourdie,
Nous avons caché dans cette grande herbe. Un bâton qui va nous guérir.

Tes yeux dans l’intestin du poisson remuent comme une baguette autour de l’obscurité.

Le couteau ,les ergots vers le bas à travers la peau.

Et c’est la politique.

De cet auteur canadien,

une  dizaine  d’autres  poèmes, dont  certains traduits en français  sont visibles ici:


mince ( RC )


photo: Denis Roche auto-portrait dans le miroir

 

Oui, on en veut à mon aspect

Peu de ventre, peu de fesses

C’est que je ne suis pas bien épais

Même  que je manquerais  de graisse

 

Ce serait peut-être plus confortable

Mais, même pour un homme

Aux coussinets adorables

Je me vois mal être un bibendum

 

C’est peut-être un fantasme

Ce qu’on voudrait que je sois

Je ne déchaîne pas les sarcasmes

N’ayant toujours  pas pris de poids…

 

Ma maîtresse qui est maligne

M’interroge, et me tance

Et voudrait que ma fine ligne

Provoque la balance

 

Que je sois plus costaud

Et donc aussi plus large

Du ventre et des abdos

Mais y a encore  d’la marge

 

C’est sûr  qu’à la pesée

De la balance, l’aiguille

Je ne vais pas l’exploser

Quand je me déshabille

 

– Tu verras à quarante ans !

( c’était une prévision)

– A cet âge, grossissent les gens !

Disait mon père  ( prédiction)…

 

Or, en lecture  d’avenir

Je peux le contester

Pas de soupirs, mais sourires

Car mince, je suis  resté.

 

 

 

RC  17 avril 2012