voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “haiku

La course de l’ombre sur l’herbe – ( RC )


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Avec la course du jour, sur l’herbe
l’ombre de l’arbre marche
à pas lents , sans l’écraser .

RC – juin 2017


Marie-Andrée Balbastre – l’oeil ovale ( haïku )


puit s romain  vers  Chmperbx  01.jpg

photo perso – puits « romain » vers Champerboux ( Lozère )  septembre 2016

 

infiniment profond
le ciel
dans l’oeil ovale du lac

 


Masaoka Shiki – hortensias ( haïku)


P0107830

 

 

Pluie d’automne
les hortensias
se décident pour le bleu.

Masaoka SHIKI

 

et en rapport ce petit  texte  d’ Ed Rostand:

Il est quelque part un massif d’hortensias bleus qui frémit d’un rêve. »  [Edmond Rostand]


Pierre Mhanna – Amour et silence .


image  - montage  perso  2012

image – montage perso 2012 à partir de document  de serguei Ivanov

 

Amour & Silence

( 12 petits textes  comme des haÏkai de Pierre Mhanna)… consultables  dans la langue  d’origine, sur son site…

————-

Silence cristallin,
au cœur d’une goutte de rosée
la fusion dans le ciel.

~ Cadence de silence –
Un troupeau de papillons
Brûlant dans mon âme.

~ Dans ton éclat de simplicité
coule ma vie
toi fleur de jasmin.

~ Silence crépusculaire,
ma vie luisante
dans la première étoile de la soirée.

~ Vaisseau de silence,
Que les cires d’un coeur vide
soient plus étendues que le ciel.

~ Comme l’aube
Cajole la fleur
Votre souffle dans mon coeur

~ Silence résonnant,
La dernière voix du crépuscule
fusion des gouttes de vin dans le ciel.

~ Disparus bientôt
ces nuages mouvants,
crépuscule du silence.

~ Soleil du matin,
chaque goutte de rosée
une fleur.

insouciant le papillon
au milieu des fleurs blanches,
un nuage dans le ciel.

~ ton parfum
Avec la brise de l’aube
M’appelait à la maison

~ Mes yeux
– deux étoiles arrosées
dans la mer de ton feu.

– (tentative de traduction – interprétation : RC )

 

 

LOVE & SILENCE

Crystalline silence,
the heart a dewdrop
melting in the sky.

~

Cadence of silence –
A flock of butterflies
Burning through my soul.

~

In your simple glow
my life flows
you jasmine flower.

~

Twilight silence,
my life shining
in the first evening star.

~

Vessel of silence,
The empty heart waxes
Wider than the sky.

~

As the dawn
Coaxes the flower
Your breath in my heart

~

Resonant stillness,
The last voice of dusk melting
Winedrops in the sky.

~

Soon to vanish
these moving clouds,
twilight silence.

~

Morning sun,
every dewdrop
a flower.

~

Carefree butterfly
amid the white flowers,
one cloud in the sky.

~

Your scent
With the dawn breeze
Calling me home

~

My eyes –
two stars doused
in the sea of Your fire.

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Katica Kulavkova – sécrétions


danse heureuse.  Photographe non identifié

—                        danse heureuse.   Photographe non identifié

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne restera de nous

qu’un épanchement discret
proscrit
menu comme un haïku comme une pointe
menue parce qu’ éloignée
– comme le soleil

ce dépôt vivant
où avec le temps
nous nous sommes fondus
spasme après spasme, goutte après goutte
comme des donateurs de sang

il restera au fond
ni la sécheresse ni la soif
ne nous aideront
à goûter à la sécrétion,
à recracher, à rebours.

Se déposera aussi
ce qui s’égouttait par erreur
le long de la fissure
où une vie se continue dans l’autre.

Notre voracité et nos appétits seront apprivoisés
Et rééduqués : nous répondrons
à des noms étrangers
Comme à nos propres.
La fidélité est temporelle, ah les meurs !

Le ciel ensuite tel un spéculum gris
sera embué par notre chaude haleine :

Simple preuve qu’il fait froid,
glacial
le fond

 


Silhouette élégante ( en forme de haïku) – ( RC )


        Sculpture: Germaine Richier – Musée Grimaldi ( Antibes 06 )

Sous le regard étonné des nuages
Mer et tant d’azur,   pas de Bouddha,
Ta silhouette élégante vient vers moi.

 

 


Nuit de coton ( RC )


 

 

 

Nuit de coton, Lit, mon ami
Ecrits du noir, mes yeux clos
Papier d’âme  au  repos

pastel perso:   « basse continue »   acrylique  sur papier 1989


Douleur orange ( RC )


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peinture  : W Turner –  Sun Setting Over a Lake-

 

Comme  tu es              loin … !
Plaquée en ombre sur le soleil
Aveuglé,       d’ une douleur   – orange.

RC –  26 avril 2013


Fabienne Verdier Calligraphe ( RC )


 

A l’apprentissage
du labeur quotidien
haiku , l’air de rien

Science – infuse ?
sur la page vierge
le geste fuse

Gestes libres
Poignet en mouvements
Effleurement de page

Le pesé, le léger
Le pinceau, la main
Le rapide, le retourné

Mes mots sont mon encre
Et mon encre mes mots
Graphie sans retour

Grains de surface
Calligraphie – l’unique
Poème d’encre

Passagère du Silence…

 

RC    –  2 avril 2011

 

—  voir aussi les  articles consacrés à F V  dans les  carnets  de JLK ( Jean-Louis Kuffer)

 

 

 


Setsuko Shimizu – Fleurs d’acacia ( haïku )


photo Phillip Stearns :           Hadar_Solar_Acacia

 


Fleurs  d’acacia –
De petites étoiles
se réunissent dans la nuit

Setsuko Shimizu

publiée  dans la lettre  du haïku  n°59


Monique Lévesque – été ( haïku )


Monique Lévesque     (Baie-Comeau, Québec)

 

photo        Clitie Garretson

 

 

Été :

 
midi sur les arbres
une estampe de feuille
au sol

extrait de la revue  du haïku,  n°29


Basho – – Tiphanya ( haïku )


 

 

La marée s’est retirée
oubliant le ciel étoilé
dans le creux d’une roche

– Tiphanya : de Basho,

 


Feuille, vent, chat ( RC ) – haïku


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feuille jaune a tournoyé

Sous la main du vent, déposée

La tête du petit chat, coiffée

RC

octobre 2011


Bruno Hulin – poisson gobe-lune


 

 

Au fond d’un bassin
un poisson nonchalant gobe
l’image de la lune


Chyo-Ni – le fil de la canne à pêche ( haiku)


 

 

 

 

 

 

 

En allant flâner  sur  « encres du monde »,  et donc  voir les textes mis en ligne..

Haïkus de la poétesse Chyo-Ni (1703-1775)

Par Claire-Lise dans Poésie japonaise le 1 Mai 2010 à 18:49

Le fil de la canne à pêche
effleure
le clair de lune.

 

 


Le temps d’un haïku – matin de givre


photo perso   Causse  de Sauveterre

photo perso Causse de Sauveterre

matin de givre –
l’ombre blanche
des peupliers

texte extrait de « Le temps d’un haïku »  de Damien GABRIELS

voir son site – blog          http://carnets-haijin.blogspot.com

—  écrit qui vient  rejoindre   mon texte précédent   « traces  du matin dans le givre »


Nicolas Vasse – tubes d’éclats souillés


 

palette et tubes de ant.photos, voir http://www.flickr.com/photos/antphotos/2530684415/

 

 

tubes d’éclats souillés

rouleaux sourds du vide

des fioles

des tiges à froufrous

l’établi sale et épais

récif corallien

bel écrit, simple  et évocateur, à la manière  d’un haiku,  que  l’on peut  trouver ici


Philippe Vallet – sous la main mon souvenir


art: E Vuillard Avenue 1899

 

 

Philippe Vallet  est l’auteur de nombreux   haikai, dont  certains  sont visibles  sur cette page,  voici  l’un d’eux

 

 

sous la main mon souvenir
d’un chemin presque rectiligne
j’ai froid aux pieds

 


Marie-Jeanne Sakhinis – le lavoir


 

photo perso ( argentique): lavoir à Sospel - 1983

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Traces de savon
le lavoir en léthargie
garde silence

Marie-Jeanne Sakhinis


Richard Brautigan – « Le Silence de la langue »


photo-polaraïd   exposition à Draguignan

polaroid carton d’expo Draguignan

Richard Brautigan   c’est cet écrivain américain de la  « beat generation »,  qui  a fait toutes  sortes d’écrits et petits textes, un peu étranges,  à la façon haïku  américanisée  (  d’ailleurs  il se réfère souvent au Japon)…

« Le Silence de la langue »

Je suis assis ici maladroitement seul dans un bar avec un réalisateur de cinéma japonais très intelligent qui ne parle pas anglais ni moi le japonais.

Nous le savons les uns les autres, mais il n’y a personne ici pour faire la traduction.

Nous avons parlé auparavant.

Maintenant on fait semblant de s’intéresser à d’autres choses.

Il écoute de la musique sur le phonographe, les yeux fermés.

Je le couche sur le papier. Il est temps de rentrer à la maison. Il me quitte  le premier.

——-

R Brautigan  est l’auteur, entre autres  de  « Tokyo-Montana  express »,

« Sucre de pastèque »

« La pêche  à la truite en amérique »

« l’Avortement »

« Willard  et ses trophées au bowling »

« La  revanche de la pelouse »

c’est  sans  conteste  un de mes  favoris


Haïku d’Issa – Cheval


photo personnelle octobre 2011 Jument de Bramonas

Brume du soir
Le cheval se souvient
De l’ornière du pont

(Issa)

 


Citation

Fabienne Verdier, calligraphe – sur le site de JLK


 

—–

Fabienne Verdier ou l’abstraction vitale

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ENTRETIEN Un livre magnifique, rassemblant ses œuvres et un entretien avec Charles Juliet, illustre la démarche exemplaire de l’artiste.
Le parcours existentiel et artistique de Fabienne Verdier fait figure, pour beaucoup, de véritable leçon de vie. Initiée à la calligraphie traditionnelle au fin fond de la Chine, au lendemain de la Révolution culturelle, ainsi qu’elle le raconte dansPassagère du silence, l’humble disciple de Maître Huang Yuan est aujourd’hui une artiste de renommée internationale. Est-ce pour autant une « star » ? Le prétendre serait ne rien comprendre à ce qui l’anime ni à ce qu’elle vit… 
– Qu’est-ce qui, depuis votre rude apprentissage en Chine, a changé pour vous ?

– Pour l’essentiel rien n’a changé : j’en suis toujours à me battre pour me construire, et ce n’est pas plus facile aujourd’hui que dans mes périodes d’apprentissage les plus rudes. Cela tient d’abord au fait que la relation au monde actuel est très difficile. Le monde de la consommation fausse notre rapport à autrui autant qu’il menace chacun de nous. J’ai tout à fait conscience, par exemple, du danger que représente ce qu’on appelle le marché de l’art, auquel je participe pour vivre de ma peinture, mais avec réticence, sans aucun goût pour les mondanités, et je sens que plus ça ira et plus je m’enfermerai. Je constate que plusieurs de mes camarades artistes chinois, qui crevaient de faim quand je les ai connus, gagnent aujourd’hui des millions de dollars. Je m’en réjouis pour eux, mais l’art est autre chose pour moi qu’un moyen de se faire de l’argent. On n’a pas idée des sacrifices qu’il représente, et je me refuse d’ailleurs à produire pour vendre.. Je tiens à rester rare afin de préserver mon intégrité ; en fait je me bats contre le marché ! Par ailleurs, je détruis 80% de mes travaux. Ceci dit, je viens de passer deux mois durant lesquels, ayant à présenter mon livre en Belgique et en Suisse, j’ai fait d’innombrables rencontres à la fois émouvantes et stimulantes : de jeunes gens qui doutent de tout et que ma démarche encourage à poursuivre une recherche personnelle ; de vieilles personnes aussi qui me disent que ma peinture les aide à vivre ; et cela va plus loin que la jouissance esthétique : cela touche au sens de la vie. Bref, on me rend au centuple ce que j’essaie de donner.
– Le grand collectionneur zurichois Hubert Looser vous a comparée aux maîtres de l’abstraction lyrique américaine, avant de vous inviter à « dialoguer » avec De Kooning, Cy Twombly ou Donald Judd par des créations qu’il a incorporées à sa collection. Comment l’avez-vous vécu ?
– Looser a découvert mon travail à Lausanne, à la galerie Pauli, puis il a débarqué dans mon atelier avec toute une documentation qui m’expliquait la parenté de mes recherches avec celles de Kooning, de Pollock ou de Barnett Newman, dont je ne me doutais pas. Or j’ai trouvé, chez ces peintres, une préoccupation spirituelle fondé sur des recherches que j’ignorais, recoupant la mienne. Jusque-là, je ne comprenais pas l’art radical d’un Donald Judd. Or la proposition si généreuse de Hubert Looser, de créer des œuvres en résonance avec ces maîtres m’a révélé leurs univers tout en m’aidant à mieux définir la spécificité de mon abstraction.
– Dans quelle mesure celle-ci participe-t-elle encore de sa source chinoise ?
4cf6caed941d39a865680d909ebc5acc.jpg– Il est évident que l’enseignement de mon maître reste une base fondamentale, avec tout ce qu’il implique. Les bâtonnets primordiaux, mais aussi la transmission d’un souffle immense. Ainsi je voulais que ma peinture s’ouvre à une dimension plus universelle, et c’est le sens aussi des grands formats que j’investis comme des paysages. Je m’y promène, J’y rêve. Par rapport aux abstraits américains, je ne me sens pas, comme eux, démiurges tout-puissants, mais plutôt dans la lignée du non-vouloir et d’une connaissance purement intuitive. Ma peinture est une peinture d’au-delà du désir d’art, elle s’accorde à une notion que le bouddhisme appelle l’« ainsité », exprimant avec fulgurance ce qui est ainsi, ce qui doit être ainsi et pas autrement. Sans jugement de valeur, « cela » chute dans le réel. Je foudroie la forme. C’est le sens de l’expression « entre ciel et terre ». Le tableau prend forme parce qu’on est en plein accord avec cette verticalité. J’ai alors le sentiment de travailler dans une sorte de mémoire primordiale. Nous sommes tous des fragments de mémoire. Je ne suis, pour ma part, qu’une petite tête chercheuse de cette mémoire incommensurable. Il y a en chacun de nous des milliards d’univers « à naître », et cette alchimie intérieure qui entre en résonance avec la nature – fondamentale pour moi – mais aussi avec les œuvres les plus diverses, les mystiques du moyen âge ou Gabriel Fauré, Leopardi ou Hofmannstahl, entre tant d’autres rencontres vivantes ou posthumes, constitue l’ « encre » d’où se précipite le trait de pinceau…0b71c4886655f325183f6138d349999e.jpg

Ainsi fulgure la beauté

Un formidable trait vertical de pinceau rouge sur fond vert (couleurs de la passion) et le titreEntre terre et ciel, constituent le fronton du magnifique ouvrage faisant  suite (notamment) àL’unique trait de pinceau (Albin Michel, 2001), où se trouvait illustré, non moins somptueusement, la passage de l’œuvre calligraphique à la peinture,  et à Passagère du silence (Albin Michel, 2004), récit de l’apprentissage et des tribulations chinoises de Fabienne Verdier. Devenue peintre à part entière, accueillie dans le gotha de l’art contemporain par le truchement de la galerie lausannoise d’Alice Pauli, Fabienne Verdier nous fait entrer ici dans le jardin secret d’île-de-France où, loin de la rumeur du monde, dans le voisinage privilégié de la nature, elle exerce son ascèse créatrice. Un entretien de haute volée, avec l’écrivain Charles Juliet, nous éclaire sur le processus de cristallisation de l’œuvre, de la plus simple donnée quotidienne à la plus profonde méditation, alors que deux reportages photographiques (un portrait en mouvement de Dolorès Marat et un aperçu du Rituel du feu, signé Naoya Hatakeyama, par lequel l’artiste brûle impitoyablement ses « ratés ») nous font approcher la réalité physique du travail de Fabienne Verdier, pour lequel un atelier avec « fosse à peindre » a été construit par l’architecte Denis Valode. On se rappelle  alors que cet art de l’épure extrême procède d’un véritable combat, évoquant une sorte de danse de tournoyant derviche, avec un pinceau plus grand que l’artiste, suspendu au plafond et tenu verticalement, dont le trait va saillir comme une foudre liquide. Fascinante « visite », que prolonge l’émerveillement de quatre-vingt peintures admirablement reproduites,  où la beauté fulgure.      

Fabienne Verdier Entre terre et ciel. Texte de Charles Juliet. Photographies de Dolorès Marat et Naoya Hatakeyama. Albin Michel.
Charles Juliet. Entretien avec Fabienne Verdier. Albin Michel, 73p.
 (ce petit ouvrage constitue l’édition séparée de l’entretien figurant dans Entre terre et ciel)

Cet entretien a paru dans l’édition de 24 Heures du 18 décembre 2007.

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