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René de Obaldia – berceuse de l’enfant qui ne veut pas grandir


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illustration pour « pecheur d’étoiles » ( JP Delfino )

Mon petit frère a le bourdon
Et ma petite sœur bourdonne.
L’âne du ciel broute un chardon :
Une vieille étoile d’automne.

Papa est mort depuis longtemps
Dans une guerre expéditive.
Maman s’en va par tous les temps
Rejoindre un monsieur de Tananarive.

Dormez, dormez, grandes personnes.
Le volet claque, la nuit vient.
C’est toujours la même heure qui sonne
Priez pour mon ange gardien !

Je serre mon harmonica
Contre mon cœur et sa brûlure.
Je suis le dernier des Incas
Et le premier de ma nature.

La nuit, bientôt, va m’étourdir
Je respire à petites doses.

Dormez, dormez, grandes personnes.
Le volet claque, la nuit vient.
C’est toujours la même heure qui sonne
Priez pour mon ange gardien !

Ah ! que je reste tout petit,
Déjà trop grand pour tant de larmes !
Une seule étoile suffit
A désarmer tous les gendarmes.

Maman est avec le Monsieur
Qui ne se couche qu’aux aurores.
Je vais compter jusqu’à cent deux
Je vais attendre, attendre encore…

Dormez, dormez, grandes personnes.
Le volet claque, la nuit vient.
C’est toujours la même heure qui sonne
Priez pour mon ange gardien !

Il explorait des cavernes 

Et des mondes subalternes.


Gilles Vigneault – j’ai mis dans ma poche une vieille maison


Quand j’ai chaussé les bottes
Qui devaient m’amener à la ville j’ai mis dans ma poche
Une vieille maison
Où j’avais fait entrer
Une jeune fille
Il y avait déjà ma mère dans la cuisine
En train de servir le saumon
Quatre pieds carrés de soleil
Sur le plancher lavé
Mon père était à travailler
Ma sœur à cueillir des framboises
Et le voisin d’en face et celui d’en arrière
Qui parlaient de beau temps
Sur la clôture à quatre lisses
Et de l’air propre autour de tout cela
Aussitôt arrivé en ville j’ai sorti ma maison de ma poche
Et c’était un harmonica .