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James Joyce – musique de chambre III: ( pâles portes de l’aurore)


 

peinture: Stephane  Halbout
III
A l’heure où tout repose encore silencieux,
O toi qui restes seul à surveiller les cieux,
Entends-tu dans la nuit le vent et les soupirs
Des harpes suppliant Amour de réouvrir
Les pâles portes de l’aurore ?

Quand tout est en repos, toi seul es-tu levé
Pour écouter jouer les harpes nuancées
Sur le chemin d’Amour qu’elles vont précédant,
Et le vent de la nuit donnant le contre-chant
Jusqu’à ce que passe la nuit ?

Harpes invisibles, jouez donc pour Celui
Dont le chemin s’en va brillant au Paradis
A l’heure où va et vient quelque tendre lumière,
Une douce musique flotte dans les airs
Et joue ici bas sur la terre.

III
At that hour when all things have repose,
O lonely watcher of the skies,
Do you hear the night wind and the sighs
Of harps playing unto Love to unclose
The pale gates of sunrise ?
When ail things repose, do you alone
Awake to hear the sweet harps play
To Love before him on his way,
And the night wind answering in antiphon
Till night is overgone ?
Play on, invisible harps, unto Love,
Whose way in heaven is aglow
At that hour when soft lights corne and go,
Soft sweet music in the air above
And in the earth below.


Laisser rebondir le soir – ( RC )


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Tu laisses rebondir le soir :
la harpe d’ombres
accompagne ceux
qui restent sur place .
Comme un rituel,
à la même heure, ou presque

avant que le jour ne grise,
et que le verger
fasse semblant d’oublier
la lumière solaire.
Les ombres s’allongent donc,
impudentes,

et voudraient traverser
les êtres, aussi .
Elles les questionnent
sur leur devenir .
(  C’est que se poseraient
les flocons de la nuit,

– encore épars – )
dévalant la pente du jour
dont les empreintes digitales
se confondent avec les ailes
feutrées des oiseaux nocturnes ,
qui en ont fait leur domaine .

RC – juin  2017

 


Ta voix, cristalline, dévalant les collines – ( RC )


 


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Il y a le bruissement des feuilles dans ma tête, 
d'accords sur ocres.
Harpe d'herbes qu'accompagne la poussée du vent, 
      ce n'est pas encore  l'automne...

Les oiseaux  alignés sur les fils, 
traits de flûte tirés de biais entre les arbres clarinettes,
Les blés mûrs des violoncelles, 
agacés de l'ombre sonore du piano,

La montagne de l'orchestre, 
qui disait tour à tour le sombre et l'éclat,

Et puis ta voix, cristalline, dévalant les collines, 
Percée soudaine du soleil entre les nuées.
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RC – 9 août 2013

( l'expression « ombre sonore » est de Max Jacob dans  "vie et marées")

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Phrases flottantes, en brume ( RC )


peinture perso: « sur l’angle » 1990 – acrylique

Aux murmures suggérés

Les airs , à travers les doigts des feuilles

Et capter d’une oreille attentive

Les sons d’une harpe de brume

Lent glissement  d’une barque

Au gré d’une errance suspendue

Du gris, sur le gris

La parole  chuchotée,

Du mystère des mots

Qui s’assemblent en phrases.

Bribes assemblées,

Un instant flottantes,

Gouttes  d’encre

Et qui prennent leur envol,

Quand  s’écarte le ciel…

Dissipation des brouillards matinaux,

Lorsque  se construit la page.

RC –   19 juin  2012


Hommage à Claude Monet ( RC)


peinture: Claude Monet

Harpe d’herbe,

ainsi chatoient les doigts du vent  dans le blé

 

Harpe  de couleurs

ainsi  se posent les reflets en pâte

 

Harpe  d’émotions

ainsi se lisent les doigts du peintre.

 

Qui montre  avec le simple ce qu’on ne voit

que par ses yeux.

RC      29 fev 2012