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Sylvia Mincès – cauchemar en paradis


Maria Brzozowska   faiseurs de vent.jpg

Peinture:      Maria Brzozowska         faiseurs de vent

flèche ambrée transpirant d’une sève agonisante tandis qu’elle est broyée…
Sillon de disque gémissant sous la brûlure su saphir…
Prairie de trèfles sanglotant, en proie à une  monstruosité carnassière de tondeuse…
Camel entre deux doigts expirant, sitôt ses volutes de souffrance évanouies…
La porcelaine, délicatesse lunienne, se contracte sous l’étreinte violente
d’un potage d’hiver cependant que la cuillère à dessert
frissonne dans la splendeur fondante d’un sorbet à l’orange…
Un caillou de conte de fée tué sur le coup par un dunlop sp sport :
« Petit albâtre, tu as eu de la chance ! »…
…Bouquet d’horreur titanesque qui s’ouvre
et se referme, au gré de convulsions insaisissables..
Silencieuse, j’attends…
Je ne m’étendrai pas sur mon lit,         il va hurler.


Franck Venaille – s’y laisser glisser – pour s’y jeter d’effroi


 

photo perso - falaises de Moher - Irlande 2007

 

 

 

Hurler Hurlant face à la mer

au grand dessous des glaciers bleus

S’en allant à grands pas vers la falaise

pour s’y laisser glisser – pour s’y jeter d’effroi

Hurlant – muet – la bouche à vif Et

à l’instant même de la chute

Ah ! sentir les ailes de l’oiseau

Ah ! entendre son chant ami

Hurler Hurlant face à la mer

Se taire contre le petit corps chaud

Puis y poser ses lèvres folles !

 

In La descente de l’Escaut © Poésie-Gallimard 2010,

 


Armando Valladeres – cavernes de silence


Faisant  suite à ma publication:  « à l’ombre »,

j’ai trouvé un nouveau texte  du poète cubain Armando Valladares, qui va dans ce sens, et qu’on peut  lire  ici…

– j’ai fait une  légère modification (  à la fin) sur la traduction proposée..  voir

Armando Valladares.Poeta cubano. « Cavernas del silencio »1983

Tu dis être libre
-je ne sais pas si tu y crois
mais au moins le dis-tu.-
La liberté n’est pas espace
où l’on peut marcher
pas même un lit
où coucher à deux.
Tu dis être libre
et tu n’as pas de mots
car tu ne fais que répéter
-bouche fermée-
ceux qui te sont donnés.
La liberté n’est pas un pain
-parfois sur la table-
ni un peu de bière
ou de quoi fumer un peu.
La liberté c’est faire ceci :
écrire ce que tu penses
hurler ce que tu détestes
même si tu dois le payer
par des années de torture
même si tu meurs de l’enfermement
dans cette solitude.