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Guy Goffette – Dimanche


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La cloche du beurrier ancien dans le soleil d’octobre est une église oubliée sur la table des hommes

Elle rassemble autour d’elle les miettes éclatantes du cœur qui a vécu son heure de gloire dans le partage et l’apaisement des cris            pépites qu’une main sèmera sur le gazon

bleu pour les oiseaux les insectes les dieux invisibles qui portent la lumière au creux des arbres immobiles et dans l’espace ouvert la nuit entre nos songes


Une île d’écriture – ( RC )


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Il y a bien un moment, où le bateau,
à force de dériver, accoste à une île.
Je suis d’abord méfiant,   puis y risque quelques pas,
on ne sait quel sera l’accueil.
>                      Je laisse passer du temps.

On apprivoise l’île et ses occupants,
animaux, végétaux et humains
( s’il y en a ).

Inversement l’île apprivoise,
on dirait qu’elle veut m’inclure dans elle,
faire connaître ses humeurs,
à travers ses mangroves,    ses lianes,
ses singes et insectes .

Les fruits exotiques sont mon apéro,
et j’ai trouvé un abri
pour les jours de pluie.

Bientôt je vais me greffer aux arbres,
je serai leurs racines,
et une extension de feuillage,
comme si avant    j’étais une chose morte,
et qu’alors       j’eusse renoncé à l’inutile.

C’est ainsi que j’ai abordé         l’île d’écriture,
porté par les alizés,
et maintenant              je fleuris d’encre .

RC – oct 2017


L’indépendance des choses – ( RC )


Image associée

 

 

Comme en strates  .     c’est de la matière qui se dépose…
On pense généralement à de la poussière,
ou bien les flocons de fausse neige
qui retombent lentement , une fois qu’on a posé la boule
après l’avoir secouée.

On ne pense pas que les choses ont  cette indépendance,
comme il est fastidieux de  toujours grouper par famille,
par genre,         –  à la façon des entomologistes,
qui  détectent ,          parmi  les insectes,
leurs caractéristiques communes, et les classent par genre .

Il en est ainsi des papiers.
Tous les papiers administratifs qui s’accumulent,
les factures et les publicités qui s’entasseraient
dans le plus grand désordre,
si on ne venait pas relever la boîte aux lettres  .

Il faut classer par formulaire, par couleurs, par années…
mais il y en a toujours qui s’échappent,
du fait de l’inattention ,
et se retrouvent dans d’autres classeurs,
ou dans un livre fermé par inadvertance.

Aller à la ramasse, ce serait aussi comme
trier les champignons,
les comestibles, et ceux qui ne le sont pas
ceux qui se dissimulent,
et font semblant d’être bons….

J’imagine plutôt
…. quelque chose d’insaisissable   :
Les vrais objets auraient pris la file de l’air,
aspirés par on ne sait quel phénomène,
il se serait créé un vide sidéral.

Il ne resterait que leurs images ,
et celles-ci clignoteraient encore quelques jours,
à la façon d’hologrammes,
avant de se fondre dans l’obscurité.
Un néant ?

Non, pas tout à fait,
mais     >    un monde derrière,        qui existe,
ayant bu les objets
et gommé leur surabondance.
rendant l’air à nouveau respirable .

RC – oct 2017.


Foroukh Farrokhzâd – il n’y a que la voix qui reste


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peinture:  Arpad  Szenes

Pourquoi m’arrêterais-je, pourquoi?
Les oiseaux sont partis en quête d’une direction bleue
L’horizon est vertical
L’horizon est vertical, le mouvement une fontaine
Et dans les limites de la vision
Les planètes tournoient lumineuses
Dans les hauteurs la terre accède à la répétition
Et des puits d’air
Se transforment en tunnels de liaison.
Le jour est une étendue,
Qui ne peut être contenue
Dans l’imagination du vers qui ronge un journal

Pourquoi m’arrêterais-je?
Le mystère traverse les vaisseaux de la vie

L’atmosphère matricielle de la lune,
Sa qualité, tuera les cellules pourries
Et dans l’espace alchimique après le lever du soleil
Seule la voix
Sera absorbée par les particules du temps
Pourquoi m’arrêterais-je?
Que peut être le marécage, sinon le lieu de pondaison des insectes de pourriture
Les pensées de la morgue sont écrites par les cadavres gonflés
L’homme faux dans la noirceur
A dissimulé sa virilité défaillante
Et les cafards…ah                 Quand les cafards parlent!
Pourquoi m’arrêterais-je?
Tout le labeur des lettres de plomb est inutile,
Tout le labeur des lettres de plomb,
Ne sauvera pas une pensée mesquine
Je suis de la lignée des arbres
Respirer l’air stagnant m’ennuie
Un oiseau mort m’a conseillé de garder en mémoire le vol
La finalité de toutes les forces est de s’unir, de s’unir,
À l’origine du soleil
Et de se déverser dans l’esprit de la lumière
Il est naturel que les moulins à vent pourrissent
Pourquoi m’arrêterais-je?
Je tiens l’épi vert du blé sous mon sein
La voix, la voix, seulement la voix
La voix du désir de l’eau de couler
La voix de l’écoulement de la lumière sur la féminité de la terre
La voix de la formation d’un embryon de sens
Et l’expression de la mémoire commune de l’amour
La voix, la voix, la voix, il n’y a que la voix qui reste
Au pays des lilliputiens,
Les repères de la mesure d’un voyage ne quittent pas l’orbite du zéro
Pourquoi m’arrêterais-je?
J’obéis aux quatre éléments
Rédiger les lois de mon cœur,
N’est pas l’affaire du gouvernement des aveugles local
Qu’ai-je à faire avec le long hurlement de sauvagerie?
De l’organe sexuel animal
Qu’ai-je à faire avec le frémissement des vers dans le vide de la viande?
C’est la lignée du sang des fleurs qui m’a engagée à vivre
La race du sang des fleurs savez-vous?

Traduction de Mohammad Torabi & Yves Ros.

 


Boîte à vent – ( RC )


Christophe Benichou Tip-Box

installation architecturale Christophe Bénichou, région de Montpellier

 

 

Tu vois cette grande boîte,
posée sur la montagne,
obscure ,                       close sur elle-même
personne n’y rentre    et personne n’a la clef.
Tout est immobile autour et se dessèche.

Les rayons du soleil rebondissent sur elle
et semblent s’amplifier.
Les insectes ont fait silence,
il n’y a aucun oiseau visible.
Peut-être sont-ils grillés.

Dans cette boîte, j’y ai caché le vent.


RC – mai 2017


Deux-bout dans le vent – ( RC )


Debout dans le vent
Tronc contre tronc,
Deux arbres —
Marient leurs branches,
Echangent sans doute,
Un dialogue que l’on n’entend  pas,
Ecorce lisse,
Contre  peau rugueuse
Deux espèces,
deux langages cohabitent,
Par leur sève
Racines imbriquées,
Les unes dans les autres.

Ou bien s’agit-il
D’une lutte silencieuse,
A longueur  de siècle,
Un seul sortira vainqueur,
Se nourrissant de sa mémoire,
Laissant ce qu’il en demeure,
Aux insectes,
Découpe  d’une  silhouette  
Libre de ses feuilles,
Sculpture éphémère,
Dans un ciel,
Ou l’orage succède à l’azur,
Le jour, à la nuit  ( comme il se doit ).

 

RC-  août 2015


Tu peux passer à la page suivante, et continuer – ( RC )


Toño Camuñas QTDXCL:

Image :   Toño Camuñas


Comme carnet de voyage,
garder les étiquettes des derniers achats,
les papiers de bonbons,
le ticket d’autobus,
la pin-up qui trône
sur le flacon du shampooing,
les diablotins
trouvés dans une pochette surprise,
l’autre jour au luna-park,

un extrait de la pub du produit
qui affirme détruire tous les insectes.
La carte de la dame de trèfle
( ouvrant une nouvelle ère de prospérité)

Ne pas oublier la mèche de cheveux
de la serveuse, qui fut l’amante…
et la page de BD déchirée,
qui patientait au fond d’un tiroir.
Disposer le tout de façon ordonnée,
dans le sens de la lecture,
utiliser une colle efficace,
relier par des quelques tracés au crayon
soulignant les ombres.

Un commentaire n’est pas nécessaire.
Tu peux passer à la page suivante,
et continuer.

pour les images produites par Toño Camuñas, on pourra voir  aussi Larry Rivers, et Mel Ramos, dans le domaine  « pop-art »..


Agnes Schnell – Rêves chagrinés


 

 

 

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gravure:  Raoul Ubac:  lisières  du devenir

 
On pensait jouir de l’infime
ombre d’un oiseau
chaîne rongée des barques
chuchotis des herbes
sous la caresse du fleuve…
En nos ravins et gravats
en nos lisières floues
la voix jaillissait
et berçante   nous dominait.
Il y a de toi à moi
des pierres que l’on traîne
et le sable toujours irritant.
Il y a la lumière
le tumulte de l’ignition
et la faim houleuse.
Nous sommes soudain
déplacés       destitués
tels des insectes évidés
un jour de pierre humide
et d’enfance éteinte.


Abritant des agents indésirables – ( RC )


 

Les doigts papillons,
multiplient les approches  veloutées.

Je ne sais pas faire des histoires longues.
Peut-être, les insectes  les  grignotent  ,
avant qu’elles  ne puissent prendre  de la consistance.

Ces petites  bêtes restent bien petites …  quelques  larves,  des moustiques,  des petites mouches inoffensives,  et des papillons bruns, de ceux  qu’on trouve dans les  céréales.
Elles ont juste  comme tendance à se multiplier,  de se répandre  sur mes  récits,

Dès que j’ai le dos  tourné. Copulant dans les  coins, elles parcourent joyeusement les phrases, et se nourrissent  de ce qu’elles  trouvent.

C’est une  famille  qui se porte bien, en apparence,  et qui fait la fête souvent.

Je dois , en multipliant des mots, leur  apporter  autant de nourriture qu’elles le désirent .
Je les emporte sans doute en moi, quelque  part,
à la manière  des fleurs, trop aimables, qui s’ouvrent aux vents, pour que les insectes viennent y chercher le pollen.
En échange, ils déposent  leurs œufs.
——– ( C’est une offrande intéressée…)

Ceux-ci restent à l’abri,  au cœur même du fruit qui s’est conçu. Ils ont la nourriture assurée et le logement  sur place .

L’idée  même  du récit  s’effrite,
en quelques miettes, qu’il m’arrive de me remémorer,
le matin suivant. – presque des confettis, qu’il faudrait se résoudre  à assembler par  couleur, pour  reconstituer l’étoffe originale,  une trame tissée bien fragile, attirant tôt la petite faune .

Si, à la place de coucher les mots  sur le papier,  j’avais  l’audace de les prononcer, une nuée de ces insectes  viendrait avec,
ne tarderait pas à former un nuage, d’où même  la lumière  aurait du mal à s’immiscer.
Les paroles  auraient  un son mat, comme  celui là, même  des mots,
déchiquetées, et souvent incompréhensibles,  à qui n’en saisit pas le fil, la logique interne   ( si par hasard, il y en a une ).

——>      Il vaudrait mieux  que je garde  tout ça pour moi

— car on a connu des cas,
où l’écriture, comme la parole, à petites  doses, pouvaient  s’avérer contagieuses, si une part de l’esprit rentre dans celui de l’autre, et dépose à son tour, quelques  œufs, ou de simples  bactéries.

Spontanément elles s’activent…  c’est  souvent à ce moment, je présume,
que se crée un  « terrain d’entente ».
– ( on dira que tout n’est donc pas à considérer de façon négative ) –

Si la science  se penche  dessus, il y aurait toutes  les  conditions  réunies, pour que cela continue  son chemin, d’une autre façon …  ainsi la vie  sur notre planète…

Une simple  vue  de l’esprit ?

Un esprit parasité par des agents indésirables ?
Ou qui contribuent  à sa propagation…


RC – déc  2014


Spirales adhésives – ( RC )


photo: Francesca Woodman

photo: Francesca Woodman

 

 

 

J’imagine, qu’il y a encore du chemin à parcourir.
Des obstacles  à dépasser, des creux  à contourner,
Des rocs dont les failles  sont autant de pièges,
Sans compter la faune  qui guette, toujours à l’affut.

La chevelure se confond avec celle des lianes,
Et il y a toujours une nuée  d’insectes volants,
Ils  semblent te suivre… une proie bien tentante,
Ils se sont extraits  du plâtre?

Une génération spontanée – comme on disait,
Qui s’inscrit en biais  des jointures de faïence.
Le chemin est d’autant plus long,
Que c’est un dédale  de pièces, refermées sur elles-mêmes.

Un moment  d’inattention, et ce sont des rubans,
Qui t’enveloppent à ton insu, tout droit descendus du plafond,
Déjà, ils ont fini par occulter complètement les fenêtres,
Et se dévident en spirales adhésives,  dès que tu t’arrêtes.


RC- oct 2014


Là , où s’accrochent les lointains sur la toile … ( RC )


1717   Watteau  Le Pelerinage a l'ile de Cythere, Detail Cherubiins

 

Il est une joaillerie fragile,
Suspendue aux fils,
Toujours bien peignés,
De la toile d’araignée

Ce sont des gouttes pour décor,
Des perles de colliers lisses,
Qui, lentement s’épavorent,
Quand la journée glisse,

En arabesques changeantes,
Les insectes au vol léger,
Viennent alors s’y piéger,
Car la toile est transparente…

 

Et si c’est une autre toile,
Qui piège le paysage,
Ses étés et ciels d’orage,
Et des myriades d’étoiles.

Par petites nuances
Le tourbillon des doigts lestes
Où de grands gestes,
Soudainement           dansent,

Quelques pas de lumière,
Accrochés sur les pourpoints,
Et habits de satin,
L’embarquement pour Cythère…

Nous entrons dans un monde imaginaire,
Emportés dans une aventure,
Où s’affrontent     les couches de peinture,
Le cheminement du regard       s’y perd,

Jusque dans les aires         lointaines
Les miroirs des eaux       croisent les jours.
Où , portés, par des ailettes, de  jeunes  amours
Traversent une perspective     incertaine….

Tous ces personnages, ensemble
Se promènent comme dans un parc,
Tandis que l’on embarque   .
Et l’eau se ride,          et tremble…

>         Laissons partir ce vaisseau,
Jusqu’au bout du monde,
Où les couleurs se fondent,
Et aussi ….          les coups de pinceau .

Chaque regard est neuf ;        aucun n’est usé,
La peinture, a traversé le temps,
Même à travers quelques instants,
Accrochés au musée.

 

 


RC – juillet 2014

J A Watteau   l'embarquement pour  Cythère

J A Watteau l’embarquement pour Cythère


Trois-quarts de lune – ( RC )


 

 

 

 

Tu vois, brillantes dans la nuit,
Se balancer les branches,

Dans la découpe de la fenêtre .
La chambre est pleine de légendes.

Ces trois-quart de lune,
Qui montent au dessus des collines,

Et son oeil blanchâtre passe
Entre les nuages qui s’effilochent .

C’est sans doute à cause d’elle,
Que le sommeil a fui,

Roulé en boule,
Au fond du lit .

Tu te rappelles,
Toutes les histoires,

Jouant de l’obscur.
L’imagination navigue.

Quitte les draps tièdes,
Pour s’enfoncer dans les bois,

Où les ombres s’allongent,
Ainsi les heures sur le cadran.

Les ramures ont des doigts crochus,
Les racines courent et se transforment,

Mille yeux que tu ne vois pas,
Observent ton désarroi .

Tu entends les oiseaux nocturnes,
Ululant de loin en loin.

Tu t’attends bientôt
Au glapissement solitaire d’un loup…

 

Sur l’étang, dérive lentement
L’enveloppe soyeuse de voiles de brume.

Un vent froid te mord les pieds,
Sortis de l’édredon.

L’angoisse amplifie les bruits,
Ceux des insectes, et les soupirs de la maison..

La pièce s’agrandit, vide soudain,
Les meubles sont des sentinelles noires.

Peut-être des bêtes cachées dessous,
N’attendent qu’un signal, pour surgir.

Et t’emporter loin d’ici,
Si tu t’éloignes, dans la barque des rêves.

Elle arrive , malgré ta volonté
De garder les yeux ouverts,

A te prendre à son bord, pour le voyage,
Pelotonné contre toi-même,

Et tu es surpris au matin,
D’accoster au quai d’un nouveau jour,

Où cauchemars et maléfices ,
Sont retournés auprès des songes,

Rétrécis au point de douter,
Même , de leur existence passée.

 

 

RC- mai 2014

 

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C’est dire, comme les fleurs fanent ( RC )


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C’est dire, comme les fleurs fanent,

Elles jettent leur éclat d’or et de pourpre,

Abandonnent de suaves parfums,

Au vent et aux insectes,

> Mais qui se souvient d’elles,

Une fois leurs pétales flétris,

Et leurs vives couleurs, ternies ,

Si ce n’est la photographie ?

Laisse vivre les fleurs par myriades,

Comme elles peignent les champs,

En teintes insolentes,

Sous la tendresse grise

D’ondées de passage,

Et l’amitié traversière,

Des plus gros nuages,


Il y en a pour peu de temps.

Quelques semaines,

Ou quelques jours,

Et les corolles fines,

Perdent leurs couleurs vives….

Les souvenirs des coquelicots,

Sont feuilles bien légères,

Aux pieds des jeunes blés,

Il suffit d’un courant d’air.

Laisse vivre aussi la chenille,

En souvenir de sa métamorphose,

Et quelques jours vécus,

En pétales fantasques,

Papillonnant dans les champs,

Ou au-dessus des chemins,

Donnant le change aux feuilles

Tremblantes des peupliers.


Quelques jours de grâce accordée,

Somptueux motifs éparpillés….

> Te souviendras-tu de moi,

De mon front dans les brumes

Et de mes herbes folles,

Tremblant, juste avant le sol,

Et mes mains dans l’amour,

Quelques jours ou toujours… ?

RC – 8 septembre 2013

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Prisonnière dans sa petite boîte ( RC )


objet:           luminaire en crâne:          galerie.alittlemarket.com

Prisonnière  dans  sa petite  boîte,
Que parcourent  pourtant les vents  de folie
Les  délires ,              et les pensées  qui basculent
Quand sont closes ,      les fenêtres  sur le monde,

Et d’abord les sens, qui nous touchent du doigt,
Par l’atmosphère moite du jardin,
Les sons menus des insectes  et des oiseaux,
Et la lumière,            qui se déplace et rebondit,

Un peu partout,  au gré  de la liberté,
Des saisons,                        qui ignorent la raison,
Cette  lumière  qui nous  saisit,        en couleurs
Dès qu’on ouvre les yeux,

Une première fenêtre ouverte,      sur le monde

RC-  6 juin 2013


Farah Willem – La brume et les insectes bruns


photo de l’auteure

Une pensée semble
s’ouvrir

comme une fleur de lotus dans l’eau, le rideau de verdure découvrant, chevauchant les heures, si fines, si fines, lésions et longues, élongées, entourées de molécules invisibles, une expérience, de nouvelles lois, étendues détendues, fragment du jour, errent les premiers sphinx de liseron, les voix transparentes qui se dilatent dans le jour, élytre du silence, faire entendre ce silence, dans une vérité éphémère cette distension, contre toute saison, l’esprit nage l’huile sur la brume, vers le temps qui ne peut s’empêcher, je sens le vent et ton nom, l’eau et les insectes bruns, le biseau des heures promptes, le sentiment de la boussole, l’acte des heures, je suis enracinée, la pudeur des feuilles froissées, le désœuvrement se concentre, une palette de feuilles égarées à l’abondance d’une musique lisse, ces nœuds de bois sur des substances de détails qui grouillent, je suis dupe, le couloir de la pensée sur des lignes, l’inaction mais ta voix, la voix qui me manque, le croc, ton ventre liquide, le temps se dépose, tes bras de l’éternité, des lueurs minuscules, cet infini qu’on ne peut éteindre, cet infini qu’on ne peut étreindre, et nous perdons la faculté d’être, et nous perdons la faculté d’être libres, je ressens la pensée jusqu’à l’excès des coïncidences, je n’ai rien que l’orifice, la grotte pour polir ma pensée en pensant, à travers des anneaux, des maillures, le point de la voix, les couloirs viennent d’ailleurs, l’élargissement de toi. Et mon cœur entre les seins ?

Et ensuite ? Le ciel cyclopéen.

_
Transe-plantée

  1. A thought seems
    open

    like a lotus flower in the water, the curtain of greenery discovering, riding hours, so fine, so fine, and long lesions, élongated surrounded by invisible molecules, an experience, new laws, extended relaxed, fragment of the day , wander the first sphinx buckwheat, transparent voice which expand in the day, scissor silence, to make heard the silence, in an ephemeral truth this distension, against any season, the mind swims oil on mist, towards time that can not prevent, I feel the wind and your name, water and brown insects, bevel prompt hours, the feeling of the compass, the act of hours

    I am rooted, the modesty of crushed leaves, idleness concentrates, a range of leaves lost in the abundance of smooth music, these nodes wood among substances details that swarming, I fooled, the corridor thinking on the lines, inaction but your voice, the voice that I miss, the hook, your stomach fluid, time deposits, your eternity arms, tiny lights, the infinite that can not be extinguished, this infinity we can not hug, and we lose the ability to be, and we lose the ability to be free, I feel thought to excess coincidences, I have nothing but the orifice, the cave to polish my mind thinking, through rings, silver grains, the point of your voice, corridors come from elsewhere, enlargement of you. And my heart between breasts ?

    And then ? Cyclopean sky.

    _
    Trance-planted

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les fenêtres ouvertes ( RC )


peinture: Everett Shinn- 1903

peinture: Everett Shinn- 1903

Il est un temps clément

Et l’herbe pousse 

La vie sautille et bruisse,

Hier, il pleuvait à verse

Les fleurs, comme il se doit, fleurissent

Le vert rampe et progresse.

En forêt ,il menace les clairières

Et recouvre les pierres du jardin,rue et bien verte

Au soleil, l’éternuement

Et les fenêtres ouvertes…

 

Le souvenir n’est plus, du raide hier

Le jour se lève, parfumé du matin.

Je prends avec toi, les chemins de traverse

Que le temps oublie , le temps d’une rencontre

Qui s’étire avec toi, comme une caresse

Je peux vivre, et me passer de montre,

Un dialogue sans paroles,

Il y a quelque part, ton visage qui rit

Et le coeur farandole,

Qui tangue et s’y inscrit.

 

Sans détour, comme une voie directe

Où les animaux endormis

Pactisent avec les insectes

Et s’en font des amis

La mouche noire a décrit une belle spirale

Avant de se poser sur le beurre,

Sur l’assiette à côté du journal,

même pas peur…

Le lézard a sorti ses habits de parade

En restant agrippé au mur, l’oeil en veille

Et reste immobile sans tenter l’escalade,

En se frottant de soleil…

RC


Retrouver le chemin ( RC )


Même  s’il fait jour, quelque part, c’est une  fête nocturne
Un frôlement de gestes, des bonds discrets, et des yeux  habitués  à l’obscurité.
On a laissé au loin         , le bruit et la fureur,  le crépitement  du soleil sur les  chaumes
Pour  la cathédrale  de pénombre,

Où se glissent  de temps  à autre les bourdonnements  têtus d’avions,                             bien au-delà.
Il faut s’habituer  au rideau des bois, à la chevelure  mouvante, qui ondule au moindre vent, et
…  retrouver  ses repères.

Quand  tout  se  ressemble un peu, qu’il faut contourner les corps couchés d’ancêtres  écroulés,
Ecarter  des rideaux  de fougères, s’extraire  des pièges de ronces, la progression est lente.
Personne n’a jalonné le terrain,  n’a semé de temps en temps  des cailloux blancs, qui guideraient les pas.
Celui-ci et le suivant. La distance ( dont on ne peut dire  qu’elle  s’étire ), ne connaît pas la ligne  droite.
Le pied prend  appui sur ce qui n’est pas,  le terrain s’accidente et se heurte de temps à autre à des rochers instables,
suivis de pentes glissantes.

En attendant me voila progresser dans la fange, les mousses  cédant du terrain vers  l’humide.,sous les caquetages faciles
des oiseaux  exotiques, dont on ne distingue  qu’un passage  furtif,
La voûte de la forêt est une  explosion que l’on suppose verte,

Une  cloche végétale, fourmillant d’insectes, où chacun travaille  à sa survie.
Je dois  agiter  les  bras  en tous sens, pour tenter  d’échapper  aux moustiques, intéressés par ma présence insolite.
…en d’autres lieux  j’aurais pu croiser les corps écailleux  de reptiles en attente…

Mais ,             – je vois une  éclaircie  soudaine,                     un sillon clair partage la futaie….

j’ai  retrouvé  le  chemin.

RC –   7  octobre 2012

Ceiba_pentandra le kapokier fromager

 

Que je complète  avec l’article  de Lambert Savigneux: visible dans  « les vents  de l’inspire « 

 

ploie le temps ce qu’il en reste (remnants)

 

si l’ ours et l’humus des hêtraies

grise face de pierre polie et vingt sentiers  font une taïga d’hiver

vers une douce pas trop rude quand pas de plume

cree grogne ni rend shoshone



dans la huitième nuit blême bleue de loutre et mer

pluie que trois pour une soupe

j’outre

ni crire  ni rire même des crocs moins  que d’accrocs un  clos de cache à l’eau des brins d’ilots

mais ronger une branche sèche si bois sec l’eau crisse  fendue une coulée loir pousse de sève perce  dans le sens oblique

longue robe  libidinale

orignal ou nihil à ni male ni feu mêle ne leurre

et secoue s’en pour sang au  coude à coude comme si pioche mais  nickel dans les rockeuse bluese

une tête d’ourse s’entête à lever le paw à

l’émergence du soleil

car hiboux n’est pas putois ni castor une peau de daim affamée court pâmée

le poing levé au sol hérisse de poils pour luire

je dis  tranquillement s’ébrouer à la voix tachetée

 


Après l’éruption ( RC )


 

Surplombant le vide et prête à tomber,

après la tempête, le feu, les larmes,

la lave   s’accumule  en strates

projetée des entrailles,

 

Une fleur surgit, des rochers calcinés,

c’est, la lente reconquête de morceaux de vie,

les insectes  ,les lézards, qui se chauffent au soleil

ou bien aux bassins souffrés encore fréquentés de fumerolles…

Où cette jeune pousse  a –t-elle bien pu trouver à survivre  et s’accrocher ?

D’où est venue la graine ?  échappée  du bec d’un oiseau venu de l’autre rive ?

De la poche du scientifique venu mesurer la densité des gaz, rôdant encore dans les poches ?

De la même façon  que le soldat mort, allongé, déchiqueté, dans le Guernica  de Picasso, tient, avec son épée brisée, la jeune fleur qui donne tout son sens au tableau…

Comme il est écrit que la vie récuse la crasse et les vertiges du néant

Pour toujours reparti de l’avant.

 

RC – 13 juillet  2012    (  en écho au très beau texte  de Lambert Sav,  à voir  sur « les vents de l’inspire » )

 


Mihàlis Ganas – La Grèce, tu vois…


Comme on peut le lire, ce n’est pas la première fois  que la Grèce passe par des hauts et des bas..

d’autres  écrits  de cet auteur  sont visibles  ici..

photo de Grèce: journal "the guardian"

La Grèce, tu vois…

La Grèce, tu vois, ce n’est pas seulement une plaie.

À l’heure creuse le café écumeux,

les radios les télés aux balcons,

couleur de bronze, corps de bronze,

bouchon de bronze la Grèce à mes lèvres.

Sur les murets la glu du soleil

attrape les yeux comme des insectes.

Derrière les murets les maisons éventrées,

terrains de foot, hôpitaux, prisons

créatures du bon Dieu et instruments du diable

et conducteurs de tram buvant seuls

un petit vin râpeux d’Aràhova.

Là des braves ont dormi

le fusil au côté, le sommeil peuplé d’enfants pieds nus.

Des foulards de femmes, fières voilures, passaient,

tapis et couvertures dans l’eau du moulin.

À présent caillasse et godillots

dans ce broyeur de pierres

et conducteurs de tram buvant seuls

un petit vin râpeux d’Aràhova.

Greece,       –  you know …

Greece, you see, it is not just a wound.

At the empty time of the  frothy coffee,

radios TVs on the balconies,

color of bronze, bronze body,

a Greece bronze cap to my lips.

On the walls ,the glue of the sun

Catches the eyes like insects.

Behind the walls of the gutted houses,

soccer fields, hospitals, and prisons

God’s creatures and instruments of the devil

and tram drivers  drinking alone

a little rough wine of Arahova.

There slept the braves

rifle in hand, the sleepfull of barefoot children.

Scarves for proud women, proud wings, passing,

carpets and blankets in water mill.

Now scree and boots

in this stone crusher

and tram drivers  drinking alone

a little rough wine of Arahova.

Mihàlis Ganas (Grèce, Épire, 1943).


Si tu manques de souffle (RC)


peinture; Henri Gervex

Si tu manques de souffle, c’est parce que monte la route
Et qu’en début de printemps, l’oiseau picore du doute
S’il a laissé ses ailes  trop longtemps pliées
Alors que la vie bruisse , dans l’éveil des insectes ailés
Et l’ours brun en sortant de sa tanière, ébloui par le soleil
Sorti de somnolence, a même oublié, jusqu’à la saveur  du miel

Ainsi, en se réveillant d’une parenthèse  que nul n’habite
Tu retrouves  avec elle le sourire, que sa bouche abrite
Le son  de sa voix, sa parole et ses gestes aimants
Qui délaissent  le triste et font revenir, du passé, l’avant.

If you run out of breath, it is because the road goes up
And in early spring, the bird pecks of doubt
If he’d left its wings, too long folded up…

While life rustles,  in the wake of winged insects
And the brown bear coming out of his den, dazzled by the sun
Out of sleepiness, even forgotten, until the taste of honey

Thus, waking up for a break , that no-one dwells
You find  her mouth again , where shelters  her smile  ,

The sound of her voice,   her loving words and gestures
Who leave the sad,     and makes the past forward.

 

 

RC  9-avril 2012

 

en écho à Tikopia… sur son tout  récent post

 


Mouvements d’un cil – papier de riz, moisissures pâles


Une nouvelle  fois, je tente  de capter  l’actualité  abondante  de « mouvements d’un cil »…  et je vous fais partager ses  « moisissures pâles– »

 

Hommage  à Horst Judith

 

photo

Moisissures pâles

La dépossession est une seconde peau. Les touches de poignets,
Les touches de piano étaient bleues. Mes doigts empourprés
Par la fièvre devaient supporter la légère pression. La masse de la légèreté.

La musique est intérieure avant le sentiment d’apesanteur. Elle gravite
Le flux des valvules et de l’hypophyse avant d’envahir l’espace.

Entre les courbes, les vagues frissonnent. Cet élan. Le voile étouffe
La mouette sur l’amandier du Levant. Tous les points sont invisibles.

Les meubles tournoient. Le sol, la terre en dessous se condense
Dans ce rythme qui bat cellulaire. Les bras au fond de l’herbe,
Les tentacules de racines, la moisissure pâle entre les interstices.
Une sonate. Les humeurs fluctuent. Les murs tremblent comme des feuilles,
Poreux quand les doigts déploient les ailes le long des turbulences translucides.

Les notes crépusculaires descendent des siècles que tous les organismes
Ne pourraient comprimer. Sonates de sodium. Impression nocturnale
Quand les champs de la conscience sont à demi-éveillées, étouffée
Par des insectes minuscules sur des taches de pierre.

Moisissure pâle

  1. றouvemenʨ d’un ciℓ [edit./ exibit. projects (il y a 5 semaines)

    Dispossession is a second skin. The wrists keys,
    The piano keys were blue. My empurpled fingers
    By the fever had to bear the light pressure. The mass of the light.

    Music is inner feeling before of weightlessness . It gravitates
    The flow valvulars and pituitary before invading the space.

    Between the curves, waves shiver. This momentum. The veil stifles
    The seagull on the almond tree in the Levant. All points are invisible.

    Furnitures whirl. The soil, the earth below condenses
    In this rhythm beating cellular. Arms at the bottom of the grass,
    The tentacles of roots, mold pale between the interstices.
    A sonata. Moods fluctuate. The walls tremble like leaves,
    Porous when fingers deploying the wings along the translucent turbulence .

    Crepuscular notes down the centuries that all organisms
    Could not compress. Sonatas sodium. Nocturnale impression
    When the fields of consciousness are half-awake, smothered
    by tiny insects on stains of stone.

    Pale molds


retraits d’hier en hivers (RC)


 

 

 

Le manteau gelé              de la falaise d’eau
Mur de pâte bleutée,                  – un rideau
Au griffes du temps, la chape appesantie
Immobilise la source,  –        déjà ralentie

La lave de froid,       suspend les instants
De vie ruisselante, jusqu’aux printemps
Et la congèle,                 – directe assassine
En coulures blanches, jusqu’aux racines

Que même l’astre – de passage – épanoui
Ne parvient pas          à les rendre à la vie
Se heurte et rebondit sur les cristaux
Tranchants       comme  des couteaux

Il faudrait       changer d’hémisphère
Ou refaire                un tour de la terre
D’un coup de baguette  –             magie
Et libérer tout à coup –           l’énergie

Laisser de côté                     le manteau de glace
Faire  que semaines                          –  se passent
Que d’airs nouveaux,                     la vie se dope
Qu’entre  feuilles mortes,les herbes  développent

Un timide tapis ,            duvet de bonheur
Etoilé de fleurs – , mouvements,couleurs
Et que reprenne      les insectes, la course
Des bourgeons                        et des sources

–                     C’est bientôt  chose faite
L’hiver, en rétréci, détale sa défaite
Accompagné      d’accords musicaux
Du refrain     des  chants des oiseaux

 

inspiré  de  « sous le manteau  d’hiver »   (JoBougon)