voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “instables

Nous avons vu s’enfuir l’eau – ( RC )


Aquarelle  –  E Delacroix

 

Adossés à un mur brûlant,
nous avons vus s’enfuir,
lentement,
                          l’eau.

Le sol s’est bousculé,
faisant rouler des roches instables,
comme si une poitrine
      se soulevait,
montrant des plaies noires
et des crevasses.

                  Quelques heures encore
avant que ,         d’une faille profonde
                    jaillisse le soufre et le sel,
restes jaunis laissés
par la mer infidèle.

         Quel chirurgien entreprendra
de recoudre la peau assoiffée
de la terre ?
         Les champs, autrefois verts,
portent des tiges malingres,
et il n’est pas rare de découvrir
parmi elles,          des oiseaux desséchés .

Tout le village est secoué.
               Quelques maisons isolées
sur une pente qu’elles ignoraient,
              ont perdu de leurs pierres,
prêtes à s’effondrer
en suivant des cascades de poussière.

Les ors cruels d’un crépuscule
soulignent des silhouettes d’arbres
enchevêtrés.

     L’eau ne reviendra pas,
attirée plus loin,
ou bue par des gouffres sans fond.
              Qui pourrait la retenir
              entre ses doigts ?

     Ceux qui croient aux miracles
     attendront longtemps.
Le jour, même, a détourné les yeux .
Il nous laisse exsangues, au bord du précipice.


L’age d’or de la chirugie ( RC )



Les apparences fléchissent                               et peuvent être trompeuses.
Il est souvent un espace entre-deux,             branché sur l’organique,
Bien sûr on  peut  toujours penser que le corps n’est qu’une  enveloppe provisoire,
Que des millions d’années, ont permis que les formes,         se modulent,         s’adaptent.
Que nous suivions des évolutions divergentes,         que nos mâchoires se rétrécissent,
Que la boîte crânienne  enfle, et puisse se prêter de bien de façon, à de nouveaux usages.
Aussi l’évolution naturelle,  – nous suivons Darwin pas à pas –
S’accélère, avec l’étendue  de l’imagination humaine.

Quelle tentation pour la science                                    de créer des prolongements,
D’agrandir nos espaces  du possible  –                       est-ce possible,  justement ?
Notre corps est un dessin, mais c’est aussi une  « chose », pourvue d’accessoires…
Que l’on les juge par leur fonction  :  Mi-mortes, mi-vivantes, les anatomies bosselées ne sont plus inertes.
Elles  sont en « service »
En possibilités de service, aussi bien, que les branches inutiles  d’un arbre arrivent à tomber naturellement au sol,
Autant les prolongements  de pensées , peuvent  s’assécher, si l’absence  d’usage les rend obsolètes.

Il s’agira de quitter la peau, de quitter l’enveloppe  où nous enferme la nature, pour évoluer
vers un choix d’organes,                  plus adaptés à ce que nous voulons devenir.
Peut-être le chien rêve-t-il d’être un cheval, ou une  tortue , libéré d’un carcan trop étroit  ?
Que la tortue  rêve  de communiquer  avec les baleines,                 ou de parler espagnol ?
Un bébé  d’être Maria Callas ?
Il est de cette  entre  deux, comme un carrefour                  , où les choix seraient  rendus possibles.
L’ablation des organes  jugés inutiles  est toujours possible, pour être remplacés  par d’autres.
Que l’on produit en série, naturellement.

Il faudra juste raser les  sutures.                                  –        Configurer sa vie autrement.
Chaque métamorphose, utilisant des clones de la pensée, qui se matérialisent.
En prolongement  si pratiques, et imprévisibles, convoquant la problématique médicale,
car il faut s’assurer du fonctionnement à plus ou moins longue  échéance…
C’est  l’age  d’or  de la chirurgie, devenue                     mécanicienne des chairs.
Les géométries  protéiformes incontrôlables peuvent se déclarer  instables ,
Les greffes  de glandes  et nourritures  d’ADN, peuvent avoir leurs exigences,
…                                         Ou demander des carburants  spécifiques…
Tout est possible                                                                     , il n’y a qu’à compléter le formulaire…

Nous nous chargeons du reste….