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Réminiscences des fleurs d’ailleurs – ( RC )


photo perso : peinture  J Gilles Badaire

         photo perso :       peinture J Gilles Badaire

 

 


C’est une coque vide,
Aux murs carrelés de blanc, jusqu’au plafond.

Les meuglements des animaux,
La vapeur  qui s’échappait  de leur  corps,
Tout à coup arrachés  à l’étable,
Aux pentes  douces, et leur pâture humide…

Leur chaleur, et l’odeur  animale
S’est perdue dans le silence ;
Leur masse suspendue à de solides crochets,
Se comptait en poids de viande.

Le lieu est devenu incongru, et froid.
Même les  aérateurs,
Les conduits immobilisés,
Rouillent  lentement sur place .

Le sol de ciment  bien sec, proprement  nettoyé,
Permet qu’on le traverse, sans qu’on y glisse,
Sur des excréments,
Ou une  flaque  de sang  :

L’abattoir municipal
est devenu un lieu  d’arts.

Des oeuvres sombres
Aux  fleurs  brunes  et violines,
Parfois  aux  accents métalliques,
Comme de vénéneux  prolongements,

Aux plantes  privées de lumières  ;
Elles s’étalent  sur les  toiles noires,
Engluées de pourpre mat,
Et de vermillon terne.

Comme les animaux  de jadis,
Extraites de leur terre,
Le souffle coupé,

Suspendues à un reste  de couleur .
Ce qui a existé, des réminiscences…
Quelque part ailleurs…

On sait que les  fleurs mortes,
Diffusent encore un peu de parfum .

 

RC –   avril 2015

texte  écrit à selon les sensations laissées par l’exposition de Jean-Gilles Badaire, …  voir  la parution précédente  avec  son propre  texte…

 

Badaire  Jean-Gilles   expo Marvejols   -  47


Jean-Gilles Badaire – L’atelier


photo perso: expo J Gilles Badaire "nos fantomes"   avril 2015

photo perso:             expo J Gilles Badaire              « nos fantômes » avril 2015

 

 

L’Atelier

Bien d’autres y verraient la forge du vent, le ventre du chaudron, l’irréconciliable,

mais non plutôt l’odeur des roues dans la neige et les efforts calleux.

Je vis dans ce marécage aux accents roux et mauves d’un au-delà de magicien.

La peinture est collée contre les vitres, le ciel est d’araignée,

les pots attendent qu’un maelstrom interne les habite.

Et la pensée ravaude le moindre effet du réel.

J’absorbe jusqu’à l’étouffement les torpeurs des goudrons et des graisses

et les restitue ainsi mouillées sur la toile d’or et de lin.

La mort dort certainement ici.

Les ongles noircis.

J-G. BADAIRE

photo perso - vue de l'exposition Badaire - Marvejols

photo perso – vue de l’exposition Badaire – Marvejols