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Se fondre dans le masque – (RC)


photo - Dieter Appelt

photo –           Dieter Appelt

Et si les gens se prennent

Pour d’autres

Tout compte fait

Il faut consulter

Le catalogue des concordances

– croyances –

Et questionner le conforme

Même si cela n’en vaut pas la peine

Détricoter, opiniâtre

Les définitions

( Une autre )

-caméléon-

Qu’attends tu des autres ?

Qu’attend-on de toi ?

Comme si pour soi-même

Un modèle

Celui dont on pourrait se faire prothèse

Diminuer son masque d’angoisse

Et se fondre dans la masse

Quitte à se perdre

Provisoirement dit-on

Mais quand même,

Occuper un masque

Au risque de changer de peau

– et l’âme .

RC            avril 2013

 

et complété  sur le thème du masque, par cet écrit  de James  Sacré:

Même à l’occasion des grands défilés fêtards
Organisés tenus selon que c’est prévu,
Bâle ou Rio, Nice et partout, tenus mais
Quand même à des moments, ça s’en va
comme à côté:
Un fifre et deux tambours tournent 
Le coin de la rue
(Tant pis t’auras pas ta photo!) ou fifre
tout seul
Avec son costume et sa façon têtue
D’avancer dans la ville jusqu’à où on se 
demande, et ça sera
Qu’un retour à sa maison, le masque ôté,
plus rien.
Si la fête au loin continue?

Si les felos traversent par le poème, page 13, ed.Jacques Brémond, 2012


James Sacré – Un mur s’est éboulé


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photo : dou_ble_you

Un mur s’est éboulé
C’est comme des mots (mais tombés d’où ?)
La douceur du ciel continue son bleu
On dirait qu’on peut rêver
À travers les choses défaites, les trous du poème.

Quelquefois la campagne pense à la ville
à  cause de ses hangars chavirés)
Elle se sent le coeur tout contre
Un atelier (brique et verrière)
Au fond d’une impasse, les murs sont sales
Avec des traces de pisse et de peinture, une vieille
herbe.
Qu’est-ce qui s’effrite vraiment ?
Ni paysage ni poème, plutôt
(C’est difficile à dire) quelque chose
Comme une musique, à la ville dans la campagne,
Une musique, faut pas pousser !
Est-ce que c’est même un sourire ?

James  Sacré   extrait  de  « Affaires  d’écritures »


James Sacré – l’arbre aux coings


Soudain cet arbre très loin

Pourtant comme un coeur avec ses coings

Pelucheux gros je m’en souviens

Un arbre qui est l’odeur dans la nuit foin

Resté dans les buissons d’une enfance au loin

Jardins abandonnées, maisons soins

Que      soudain le froid solitude branlée coing

Dans les mains le coeur défait presque rien .

extrait de « Affaires d’écriture »             (Ancrits divers) : ed  Tarabuste


James Sacré – Une petite fille silencieuse


 

 

Parler de mourir et d’aimer pour un dernier mouvement d’écriture:

Quelque chose va quand même s’écrouler,
dans le silence ou n’importe quoi, voilà
Chacun s’en va vie quotidienne partout
Les mots ne sont qu’un bruit de plaisir vivant.
Mais le verbe aimer? T’entendre et te parler encore dans ce bruit
futile du temps. T’entendre?

James Sacré – solitude printemps mécanique


-peinture: Arshyle Gorky – Apple orchad   – 1946

 

 

Rien pas de silence et pas de solitude la maison
dans le printemps quotidien la pelouse
une herbe pas cultivée ce que je veux dire
c’est pas grand chose un peu l’ennui à cause
d’un travail à faire et pour aller où pourquoi?
ça finit dans un poème pas trop construit
comme un peu d’herbe dure
dans le bruit qui s’en va poignée de foin sec
le vent l’emporte ou pas ça peut rester là
tout le reste aussi la maison pas même
dans la solitude printemps mécanique pelouse
faut la tailler demain c’est toujours pas du silence qui vient.
·
Est-ce que c’est tous ces poèmes comme de la répétition?
je sais pas au moment qu’en voilà un encore
avec pourtant comme du vert
dans soudain les buissons en mars un désordre
avec des feuilles pourries dans
à cause du vent avec le vert maintenant
·a fait une drôle de saison neuve et vieille
est-ce que c’était pareil l’année dernière? j’en ai rien dit
pourtant j’en ai écrit des poèmes ça a servi à
je me demande bien quoi ça a disparu
des mots qu’on a dit j’ai mal entendu

 

et du blog  de Roland Dauxois,  je  complète  avec ce texte, de Nicolas Vasse,  visible ici

 

 

pardon les bleuets voix et champs jaunes

pardon les rires bruits des roseaux

pardon le vent soudain de la bouche

et les cris joie dans la lumière

pardon pour l’enfance dévorée

presque il ne sera pas ce cadavre

NicolasVasse