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Magnolias de Lady Day – ( RC )


Billie's  -  flower.jpg

montage – RC

Comment dire en mots,
cette voix presque fluette,
les magnolias de Lady Day,
le blues intemporel,

de miss Billie,
à l’infinie fêlure :
j’y entends toujours,
le feu couvant sous les braises,
la langueur de vivre,
les pages d’amour,
déchirées de mots naufragés.

Si elle donne corps
aux plus simples mélodies,
le swing et sa détresse,
parfument le jazz, de son ivresse :
>        Comment dire cette émotion
en cristal fragile,
recueilli dans le désert,
mais toujours intacte ? .

>        Il y a les magnolias de Billie
qui jamais ne fanent,
le souffle de Lester :

         de la musique au firmament
>       des étoiles, des diamants …


RC – fev 2018


Contrebasse, les échos de Mingus ( RC )


photo: Charles Mingus

Sur la scène improvisée
A même la rue, clarinette et cuivres
Central Park
Et l’écho de Mingus
Des fables de Faubus

La musique dévoile sa transe interne
son sanglot pincé
ses originelles, du chant frotté
Les cordes pincées

En cherchant une langue
Au-delà de la voix seule
Et de l’écho de bois
La contrebasse, et son volume,
La grand-mère, comme ils disent
Délivre sa mémoire du jazz

Sur ce qui vibre  de l’histoire des hommes
L’indicible et les sons feulés
Parfois baleines du chant
Parfois rythme pesant, des pas fatigués
Walking bass, à travers les rues de Chicago
Tout un monde,

Le passé, pas si éloigné
Ségrégation, et mémoires
De l’immigration forcée
En champs de coton
Main d’œuvre bon marché

Mais pourtant le chant
Du passage du blues
A travers toi

RC  22- juin 2012

 

voir  aussi l’article   » gouttes  de son »

On the improvised stage
In the rough street, clarinet and brass
Central Park
And the echo of Mingus
Fables of Faubus

The music reveals his internal trance
pinched her sob
its original, song rubbed
The plucked strings

Seeking a language
Over and above the solo voice
And the echo of wood
Bass, and its volume,
The grandmother, as they say
Delivers her memory of jazz

That vibrates at the history of mankind
The unspeakable and growled sounds
As sometimes whales were singing
Sometimes rhythm heavy, walking tired
Walking bass, through the streets of Chicago
A whole world,

The past, not so far
Segregation, and memories
Of forced migration
In cotton fields
Cheap labor

But still singing
The passage of the blues
Through you


Gouttes de sons (RC)


Ch Mingus —  

Résultat de recherche d'images pour "mingus"

Quelques    gouttes  de sons

de la    gamme basse

S’extraient    du gros caisson

Et font vibrer                 ma tasse

Et le saxo se                      déhanche

Le rythme                          s’accélère

Les doigts courent  sur le manche

en accords                        réverbères

La mélodie                         s’envole,

Volutes de vapeur         s’infusent

Variations en                mineur sol,

Que les projecteurs        diffusent

Tournicotent             et balisent

Basse         et guitare mélangées

Beck et Tal                improvisent

Rythmes et phrases     orangées

C’était la couleur         de sa robe

Devenue soudain     soie – bleue

Et que la danse                 enrobe

Nouvel                    oiseau de feux

Du chapeau plat de              Lester

En forme de                  tourte « pye »

Clamant,                 blues solitaire,

Mingus  ,             et son « Goodbye »

Aux visages   couleur-de-cigare

Perdus dans les  ronds de fumée

Que, seuls, la musique  réparent

A la saveur du café,       exhumés.

Au gouttes de sons ,          en phase

Autour de la basse         électrique

Montent                  d’autres phrases

En gerbes,      couleurs prolifiques

Se séparent                   et culbutent

En tierces                      augmentées

Alors que                le public exulte

En vagues,             mouvementées

 

 

RC  11 fev 2012

 

Créé à l’évocation  de  « Goodbye Porkpye Hat »,  ( l’interprétation  qu’en fait Jeff Beck, et Tal Wilkenfeld) —  et  plus généralement, des musiques  de Charles Mingus

Tal Wilkenfeld & Jeff Beck, jouant sur le même manche

L‘interprétation du morceau  ( par J Beck)…  sur YouTube

— disponible  sur l’album  « Wired »,  et Beckology 

et en s’éloignant de Mingus,  vers  une  version plus  rock,  retrouver  Tal Wilkenfeld  et Jeff Beck  en duo  sur  BlueWind, un peu  « démo », mais toujours musical.


la colline aux cigales – (27) – de 2008


dans un article  de 2008 ( voir la page)

La colline  aux  cigales  nous proposait ce court texte…

et comme  j’aime  faire  du neuf  avec de l’ancien,  ou plutôt  remonter  à la surface, ce que le temps  enfouit…

en voila  donc une  version  actualisée…  (  ça  tombe  bien, puisqu’il nous parle d’éternité),  commençons par le faire  revivre…

photo personnelle argentique "réinterprétée numériquement"...(par mes soins)

 

——- –            >

Et si l’éternité commençait ici, je fermerais mes yeux pour ne plus rien voir,

ne plus rien entendre et seulement naviguer dans un imaginaire

où les flots de la mer ne seraient que de simples battements d’ailes,

et où les bateaux chavirés posés au fond des mers

seraient des antres de gaîtés,

des boites de jazz dont les tenancières seraient des étoiles de mer.


Angèle Paoli: All blues


 

 

Article inspiré  de la page  de blog  de  http://lebontempsdelavie.centerblog.net/

qui inévitablement  fait penser  au célèbre disque  de Miles  Davis  en Quintet,  « Kind of  Blue », qui a  marqué  durablement  l’histoire du jazz

 

L’Azur se courbe

et devant ton œil

bleu déclin

le baume cerisier blanc

de tes caresses

savamment décline

sa rhapsody

blue

strompin’ at the Savoy

le pianiste

aux doigts de cristal

étire

de Bessie les langueurs

désirables

et pianote

tempo blasé

les notes désenchantées de saveurs

oubliées

le blues le blues le blues

ronge ton âme esseulée

songe songe songe

à la lenteur du temps

qui s’écoule

se délasse et s’enlace

en cet instant

tandis qu’au ciel glisse

un long goéland

et qu’au firmament

passe la trace

ardeur de tes rêves

brûlants

Angèle Paoli

kind of blue