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Scène en Cène – ( RC )


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assemblage-installation  sculpture:             Marisol Escobar

 

Que l’on passe de vie à trépas
Il vaut mieux,       pour ces saints,
Avoir le ventre plein,
–      ( C’est un grand repas,

Qui se prépare       )
– Treize à la douzaine,
Pour une grande Cène,
Et tous ces fêtards

Avec ces préparatifs,
On voit au centre,       le Christ,
Il ne semble pas triste
..              On va servir l’apéritif

On a changé de l’eau en vin,
Et           multiplié les petits pains
Regardez dans les assiettes,
Il n’y a pas une miette.

Le vin reste  bien pâle,
Mais peut conduire à l’ivresse,
— pour l’instant,  rien ne presse,
Et                       les verres sont sales.

Que ça s’appelle la Cène ,
N’est pas anecdotique,
Même dans le monde antique,
— pas besoin de remonter au pliocène…

Il y a                   douze convives,
On n’entend pas la discussion,
De ces gestes pleins de Passion,
Et de paroles vives.

Avé  l »acceing  méditerranéen
Le verbe haut et fort,
On ne sait plus qui a tort
On cause beaucoup avec les mains…

A l’époque, y avait pas la photographie,
Et tous ces invités,
Ont été fixés pour l’Eternité,
Par  Leonard de Vinci.

Que le peintre capte en l’instant
—    C’est une cacophonie,
On en perd l’appétit,
Si tout le monde parle en même temps !

Il y avait donc   – un autre témoin,
Caché dans un coin,
Griffonnant sur un papier
Assistant à ce repas, le dernier.

Une  sorte de reporter,
Diffusant les nouvelles,
Auprès de l’Eternel,
Prié de rester jusqu’au dessert.

Pour l’instant ,        on en est à  l’entrée,
Tout le monde s’agite,
En attendant la suite,
Jésus reste concentré.

Le motif de cette discussion
–                  On ne l’a jamais dit,
C’est le repas du vendredi,
Il y aura du poisson

( Comme c’est la tradition )
>            On remarque Judas,
Qui ronchonne tout bas
– Il parle de trahison.

Lui préférerait un plat,
Bien consistant
Comme celui du restaurant
Pas loin du Golgotha.

C’est un signe du destin,
Un steack bien saignant,
Enfin, quelque chose à se mettre sous la dent
Accompagné d’un verre de vin,

Demande bien légitime,
Mais … ne faisant pas l’unanimité,
De cette petite société,
Paraissant soumise au même régime.

Il y avait bien St Pierre (celui avec les clefs)
Qui porte justement un nom de poisson
Il voulait celui-ci              avec du citron
–            ( il fut prié de la boucler).

 » Et puis quoi encore ? Par le plus grand des hasards
C’est encore moi qui commande
Tous ces filets de limande …
Vous faut-il aussi du caviar ? « 

La décision est prise
 » -Pour ce repas de fête,
Si quelques uns s’entêtent,
Finies les gourmandises…« 

Comme on n’est pas loin de Pâques,
Il a fallu trancher dans le vif,
–              …En restant positif,
Jésus a sorti de son sac,

Tout un paquet d’hosties,
Qu’il distribue à la ronde,
 »      Ce sera pour tout le monde !   « 
–         Voila qui vous garantit.

–          Au delà des outrages,
–          De marcher plus droit,
–          Malgré le chemin de croix …
– Mais ….     vous s’rez privés d’fromage… !

 » Finissez votre potage
Dit-il   d’une voix sonore
…..       Ceci est mon corps   !!  ,
Vous serez un peu anthropophages… « 

—( faut toujours     réfléchir à son avenir,
Mais quand même ,        … les gastronomes,
Se méfièrent de notre homme…
Et refusèrent d’obéir. )

C’était quand même un investissement,
Qui ne fit pas sourire,
Les marchands de poële à frire,
Alors évidemment

C’était à prévoir,       ça sentait l’roussi,
Voilà pourquoi  on a vendu l’Messie,
Pour  des histoires     de bonne chère
A une société étrangère…

D’armateurs      ,     de bateaux pirates,
Spécialisée      dans le transport d’épices
>    Un tableau représente Dieu et son fils,
Trinquant avec Ponce Pilate…

L’histoire présente              bien des versions
On peut toujours           graver dans la pierre,
Des évènements  d’hier…
N’ayant rien à voir entre eux (selon les opinions)

Chacun peut ainsi, tout autant
Partager un délire         peu crédible,
Ou ajouter un chapitre à la Bible,
Les témoins d’alors s’étant effacés dans le temps.


RC – février 2014

( texte  auquel on pourrait ajouter  les trois strophes suivantes, pour poursuivre  dans la même voie… )

( Ponce Pilate…)-  celui-ci  – s’en étant lavé les mains,

Avec l’avantage d’éviter l’opprobe,
Et celui de la profusion de microbes,
C’est donc beaucoup plus sain…

—-

Tenez, par exemple, la crucifixion…
On aurait mis quelqu’un d’autre à la place,
Pour satisfaire la populace…
Il n’est pas certain , que ce soit  pure fiction…

Voilà, avec d’autres paroles, un dire contestataire
On comprendrait mieux ainsi, la résurrection
Après la descente de croix, créant stupéfaction,
Le crucifié, évidemment volontaire (ne pouvant que se taire)

voir aussi, au niveau image,  les  versions  irrévérencieuses  , de la Cène,

le célèbre tableau de Vinci

 


Boris Vian – Ils cassent le monde


Ils cassent le monde

En petits morceaux

Ils cassent le monde

A coups de marteau

Mais ça m’est égal

Ça m’est bien égal

Il en reste assez pour moi

Il en reste assez

Il suffit que j’aime

Une plume bleue

Un chemin de sable

Un oiseau peureux

Il suffit que j’aime

Un brin d’herbe mince

Une goutte de rosée

Un grillon de bois

Ils peuvent casser le monde

En petits morceaux

Il en reste assez pour moi

Il en reste assez

J’aurais toujours un peu d’air

Un petit filet de vie

Dans l’oeil un peu de lumière

Et le vent dans les orties

Et même, et même

S’ils me mettent en prison

Il en reste assez pour moi

Il en reste assez

Il suffit que j’aime

Cette pierre corrodée

Ces crochets de fer

Où s’attarde un peu de sang

Je l’aime, je l’aime

La planche usée de mon lit

La paillasse et le châlit

La poussière de soleil

J’aime le judas qui s’ouvre

Les hommes qui sont entrés

Qui s’avancent, qui m’emmènent

Retrouver la vie du monde

Et retrouver la couleur

J’aime ces deux longs montants

Ce couteau triangulaire

Ces messieurs vêtus de noir

C’est ma fête et je suis fier

Je l’aime, je l’aime

Ce panier rempli de son

Où je vais poser ma tête

Oh, je l’aime pour de bon

Il suffit que j’aime

Un petit brin d’herbe bleue

Une goutte de rosée

Un amour d’oiseau peureux

Ils cassent le monde

Avec leurs marteaux pesants

Il en reste assez pour moi

Il en reste assez, mon coeur

Boris Vian

D’autres  écrits  de grands auteurs, Eluard, Marceline Desbordes-Valmore,  sont  visibles  sur lireouimais quoi…