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Lambert Savigneux – Nuit


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by Lam  –  dans  ses  « feuillets pouvant servir à la poésie )

Je pourrai comme un sanglier mourir là dans mon sang

les arbustes et les fleurs tâchés de mes poèmes

les étoiles étrangères et la lune compatissante

nuit sans que rien ne te trouble toi qui ne me lit pas

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Lambert Savigneux – l’amandier


l’amandier

 

des fleurs sur un vieux corps

les traces d’une neige

l’envie apportée par le vent

 

 

 

( extrait  de  « le   Regard  d’Orion »,  beaux  posts  que je continue à parcourir et découvrir )

 

 


Lambert Savigneux – sente


peinture    Corot   eWagon ('Souvenir of Saintry')

peinture     jb Corot —————— leWagon (‘Souvenir de Saintry’)

sente

mais je crois qu’à force elles construisent une barrière de fer

à force de chercher à détacher l’air

à force de forcer la terre à lâcher l’air …

à force que l’air s’infiltre dans nos têtes

les paroles sous couvert

et les fossés

et l’habitude des bombes

finissent par ouvrir en soi

comme un chemin

par se retourner contre soi

contre la paix

le poids de l’enfance

d’un silence

et l’attente d’une rosée

ce sont  nos yeux qui s’éteignent

le fer et les paroles qui  ferment

les cris  entament  le corps
les rêves ne savent plus rêver

et l’esprit

ne parvient qu’à retourner vers les lieux de la  blessure

alors peut être il ne faut plus chanter

il faut baisser les bras

ramener à soi  le sol

et commencer à partir

loin d’une bouche close

vers cette ligne verte

qu’une voile te promet

et en chemin tout jeter à l’eau

pour une bouffée

l’espérance

et troquer son chapeau contre une semence de l’arbre

une senteur d’eucalyptus

une errance Rapa Nui

un sentier

et tout oublier

s’oublier

au fond du bleu de l’eau


Lambert Savigneux – et mâcher la machette – Utopia –


Emily Kame KNGWARREYE

 

et mâcher la machette

quand la pression du monde est si violente, que sur les tempes le monde appuie avec des barres de fer qui écrasent la pensée même

est t »il simplement possible de vivre et qu’est ce vivre ?

se dire c’est dire je suis et faire abstraction de la pesanteur, se délaisser du monde qui enserre

prendre la plume et écrire deux mots semble impossible, étrangler dans les langes d’un linceul, se fait croire pour la vie

coupe Hohokam.  Arizona

coupe Hohokam.      Pomona Museum of Art    –   Arizona

 

 

UTOPIA

l’imaginaire est compressé, emprisonné dans une lente mort, les yeux eux mêmes ne voient plus autre choses que ce monstre qui  détruit,

l’autre, les autres car écrire cela n’est pas écrire

écrire c’est libérer l’étranglement, c’est desserrer l’étreinte

vaincre la mort et l’étouffement

rétablir l’équilibre et l’énergie,

asphyxié

rétablir l’équilibre, mentalement de sa place dans l’univers et ouvrir la main et relâcher un tant soi peu tout ce qui croupit dans cette tension de mare où pourrit la vie, délétère sous le couvercle d’une oppression qui empêche de respirer, inspirer et laisser aller le flot de parole garant de la vie

c’est l’imaginaire, cette porte ouverte, cette nappe intérieure d’où s’échappe le lotus

fleuri

pouvoir dire cela et ciller apercevoir un autre soi et se mettre à courir

56 EMILY KAME KNGWARREYE (c1910 – 1996). UNTITLED (ALHALKERE), 1995

 


Lambert Savigneux – Trace du rêve


illustration: Jamie Baldridge

Trace du rêve

e                     muet
s’efface                  l’ourlet

articulation inusitée                  ces sons en disent long
qui entend                                       le vent
qui entend                                       l’inaudible sous les branches des voyages
ploie                                              la masse se fait sentir

sont-ce consonnes                      cette alliance             ce lien

nécessaire pesanteur                             arrime

les masses dans le mot                          écrase                               rythme l’air

sinusoïdale                      longe  sans fin la bave de  la chenille                  empilement                    cataracte des anneaux

l’homme immergé saisit des bribes et articule                se remémore

forme dans la bouche l’aspect fulgurant du monde       ce qu’il en sait

mouche               termite                     abeille          points de repère et traces              voyance                 le  journal du Rêve est la mémoire de l’infini                             que le geste termine                                   reprend                                 atermoiement du vivre

goutte sur le sable                                      temps                         que la bouche expulse                                  que cueille la main


Lambert Savigneux – lueur


lueur

 

 

 

 

visible  dans  sa page Lamazezen)

septembre 10, 2011 by | 3 Comments

deux lueurs

à l’étoile

l’une transperce le néant tandis que l’autre la caresse

une seule lumière

le moment et le ciel

vibre

un seul ciel toi et moi

des deux cotés de l’étoile

réunis par la distance

photo de Richard Mitchell:                  visible sur le blog Touching light


Lambert Savigneux – l’autre jour


l’autre jour   

(publié  dans  les  regards  d’Orion)

 

 

photo perso:    Couchant sur Chanac – Lozere

 

la pluie de l’autre jour à fait briller les tiges

je t’ai vu sous les nuées d’eau

tout à l’heure la douceur remuait la terre

le vert boit les gouttes

sous les arbrisseaux les feuilles font un toit pour l’oiseau

le vent rafraichit la peau

mais aujourd’hui  la chaleur flatte le ventre

de la pluie il ne reste rien

du ciel obscurci je ne vois que le bleu

et l’avion  qui va à Tokio