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Politique d’un confinement – ( RC )


illustration: Olga Kazakova

illustration: Olga Kazakova

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ces murs me retiennent  dans mes  élans  et se colorent
des années  passées à leur  côté .
Ils sont une  clôture,            à bonne  distance ,
et me protègent  des agissements  changeants de la lumière.
….  celle qui a fini par  défraîchir les parois,
A  souligner  l’emplacement des tableaux, en clair, ou celui des calendriers,
que l’on a fini par changer .

Les meubles taiseux  se sont contentés de recoins ;  
ceux  qui sont de petite taille, recouverts  de choses  déposées  ça  et là,
la plupart attendent  leur  tour.
Il faut la grande patience.
Des  lézardes  ont  fini par se montrer .
Elles  se jouent  de mon agitation, et ne craignent plus
les changements radicaux.

Ces murs m’ont tant regardé, soupesé ,
qu’ils  sont comme  des bras
Un jour,     il se peut  qu’ils se resserrent  sur moi,    se rétrécissent,
à la manière  d’habits profitant des lavages.
Le plafond se rapprochera  doucement  du sol,
et il ne restera aucun espace, aucune preuve de mon existence .

Un confinement hermétique .

 

Seul ce texte  s’en échappe.

 

RC –  janv 2015


A la surface, où le silence se fracasse – ( RC )


 

photo perso: étangs de la petite Camargue. Saint Louis,  Alsace

photo perso:           étangs de la petite Camargue.             Saint Louis, Alsace

 

Le soleil rebondit,

Quelque part,

Après les brumes,

Et s’infiltre avec peine,

Au milieu des branches,

Encore vides.

Les feuilles naissantes,

Attendront encore,

L’explosion de l’ivresse

 

L’eau a son reflet ,   mat,

Mordue    par la glace,

Tu peux te risquer, à sa surface ,

Où le silence se fracasse,

En ombres effilées,

Extraites des pliures du matin,

Quand l’heure  stagne,

Sur les tiges frêles,     prisonnières de l’étang.

 

Le verre  cathédrale,

A déjà son réseau de fêlures,

Lézardes en ricochets

Certaines sont  dûes,

Aux cailloux qu’on y a jetés,

Et qui sont restés            posés,

Comme un défi aux fonds soyeux,

Où tout s’enfonce dans une vie secrète.

 

Tu serais comme une pierre,

Figé de froid,

Même  sous ton lourd manteau,

Et seul le regard mobile,

Se verrait chercher           sous l’épaisseur,

A peine translucide,

Sans vraiment le vouloir,

Des mouvements furtifs,     mêlés de reflets.

 

Le nappage répandu    en couches ,

Au long des nuits,    allongées de gel  ,

A jeté son pont

Au-dessus  de l’eau.

>                   Elle  est la vie,

Des carpes sombres la parcourent,

En arabesques capricieuses,

Ignorant le monde clos, du dessus.

 

 

RC – avril 2014