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Là , où s’accrochent les lointains sur la toile … ( RC )


1717   Watteau  Le Pelerinage a l'ile de Cythere, Detail Cherubiins

 

Il est une joaillerie fragile,
Suspendue aux fils,
Toujours bien peignés,
De la toile d’araignée

Ce sont des gouttes pour décor,
Des perles de colliers lisses,
Qui, lentement s’épavorent,
Quand la journée glisse,

En arabesques changeantes,
Les insectes au vol léger,
Viennent alors s’y piéger,
Car la toile est transparente…

 

Et si c’est une autre toile,
Qui piège le paysage,
Ses étés et ciels d’orage,
Et des myriades d’étoiles.

Par petites nuances
Le tourbillon des doigts lestes
Où de grands gestes,
Soudainement           dansent,

Quelques pas de lumière,
Accrochés sur les pourpoints,
Et habits de satin,
L’embarquement pour Cythère…

Nous entrons dans un monde imaginaire,
Emportés dans une aventure,
Où s’affrontent     les couches de peinture,
Le cheminement du regard       s’y perd,

Jusque dans les aires         lointaines
Les miroirs des eaux       croisent les jours.
Où , portés, par des ailettes, de  jeunes  amours
Traversent une perspective     incertaine….

Tous ces personnages, ensemble
Se promènent comme dans un parc,
Tandis que l’on embarque   .
Et l’eau se ride,          et tremble…

>         Laissons partir ce vaisseau,
Jusqu’au bout du monde,
Où les couleurs se fondent,
Et aussi ….          les coups de pinceau .

Chaque regard est neuf ;        aucun n’est usé,
La peinture, a traversé le temps,
Même à travers quelques instants,
Accrochés au musée.

 

 


RC – juillet 2014

J A Watteau   l'embarquement pour  Cythère

J A Watteau l’embarquement pour Cythère


Sylvie Fabre G – Corps subtil


peinture: John  Singer Sargent; Peter Harrison  endormi

peinture: John Singer Sargent;       Peter Harrison endormi

Qui jugera du chemin ? Ton corps respire, une haleine l’entoure, l’autre est ce passant venu des lointains, retournant aux lointains.

Tu dois consentir, fraction du monde, multiplication des années et des êtres.

Quelle luminosité as-tu un jour connue pour ombrer la rencontre ? Tu te retournes, les traces sont là, derrière, devant, elles te précèdent toujours. Tu sens le sceau de lassitude, tes jambes tremblent quand la peur pose son caillou dans le ventre – étalon or. Sur son autel, une main presse l’attente. La parole reflue quand, jeté en pâture, solitaire, le corps s’étiole, les lèvres se pincent, il n’y a plus de pulpe autour des mots.

Qui jugera du chemin ?           Les voies de l’incarnation ont mille possibles, nous empruntons toujours l’unique, impossible.

Sylvie Fabre G., corps subtil – Editions L’Escampette, février 2009

( Un texte que je dédie particulièrement à Arthemisia )