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Citadelle de D – ( RC )


Int  sinistre  2854.JPGToutes  photos  perso  :  citadelle  désaffectée  de Daugavpils, Lettonie  oreintale

 

grille  symoles.JPG

Point de cloche ici qu’un
aujourd’hui saccagé
Pourtant la lumière s’accroche
Aux lambeaux de sinistres blocs

Qu’ailleurs on dirait bâtiments
D’ oiseaux téméraires, oublieux d’un passé
empoisonné,           pourtant s’approchent
Et les autres s’en vont.

Et viennent tisser des fils incertains
D’entre les arbres, qui lentement
Reconquièrent la place d’Armes
Etouffant soigneusement, des heures abrasives

Des symboles d’oppression
Aux réverbères géants
Jusqu’au kiosque moisi
Aux péremptoires sonneries militaires

J’écoute venir toutes les voix
Mais la musique du silence
L’extension insensible des branches
L’herbe folle          d’entre fissures

Dessine, la fragilité des choses
Et l’arrogance géométrique
Du lourd,        du laid,        des pouvoirs ,
des voix claironnantes      de l’arrogance .

Dans la Citadelle, l’ordre du cordeau
Se transforme, en « presque joyeux désordre »
Les rues défoncées, sont un chapelet
De sable et flaques réfléchissantes.

Poutrelles,       et amoncellements divers
Gravats et encadrements pourris
Occupent indécemment les lieux
Marqués par la dictature du prolétariat .

Et triste est la rue ,     où , malgré tout
La vie s’insinue , confinée
Tout près de moi
Malgré le suint des lieux

Aux rumeurs vénéneuses d’un
Passé encore proche. Et le lierre s’accroche
Aux symboles de fer ,          des canons :
On en voit plus d’un , glisser avec l’ombre

En portant la nuit, sur ses épaules
Avant, encore,         qu’on nettoie la mémoire
Comme on le ferait            du sang répandu
Sur un carrelage           – facile d’entretien.

En cours, une rénovation proprette, et des rues nettes
>            Aux sordides carcasses,         plus de traces…
Est-ce que le monde s’efface ?
Aux ensevelis,        peut-être même plus de place

Faute d’avoir les leurs, ils ont          – peut-être
Confié leur chant ,           aux oiseaux
Qui voient s’éloigner du trottoir
Les barbelés rouillés du désespoir.

ext -05 place --.jpg

la place d’armes  et ses canons dressés.


Edith Södergran – Moi, je suis une étrangère en ce pays


 

peinture  Wallace Hendon Smith

peinture ;                Wallace Herndon Smith

 

 

Moi

Je suis une étrangère en ce pays,
s’étendant profondément sous le poids de la mer,
les regards du soleil sont rayons qui se faufilent
et l’air s’écoule entre mes mains.
On dit que je suis née en captivité –
ici pas un visage qui me soit connu.
Étais-je une pierre, qu’on jeta au fond ?
Étais-je un fruit, trop lourd pour la branche ?
Ici je m’étends, à l’affût, au pied de l’arbre qui murmure,
comment puis-je me mettre debout sur les racines glissantes ?
Là-haut les cimes oscillent et se rencontrent,
ici je veux rester, et guetter
la fumée des cheminées de mon pays natal…

Edith Södergran –


Si le chemin est lourd ( RC )


 

 

Parle quelquefois l’enfant en moi,

J’ai les yeux qui piquent

Soleil mandarine

 

Bagarre dans la cour

Genoux frottés                ( un sol en ciment )

Le chemin est lourd

 

Les oiseaux                             loin

Je sais les étapes

Le couvent, la place, les magasins ………….

 

Et les joues qui flambent

A mes pieds je traîne,    – boulet-

Plus de cinq-cent mètres ,     avec

 

La rue défoncée   –  et ses yeux en flaques

Le regard sévère

Des maisons d’en face

 

——————-  que dira ma mère

de  mon maillot lâche

du manteau sali    –

…  et de  l’oeil au beurre noir       ?

 

 

RC  11 septembre  2012