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Loyan – Sous l’arcane


image – montage perso 2011

 

( un extrait du blog à textes  de Loyan)

 

 

Sous l’arcane

Sous l’arcane des arbres, le blanc risque d’être confondu avec un fantôme et traversé de flèches s’il ne chante pour manifester sa présence. Il lui faudra dormir sur des claies de bois à dix mètres du sol, manger les vers annelés de blanc, écouter les récits d’enfants piqués à mort par des serpents cachés de feuilles, confectionner une nasse à poissons avec des tiges, sculpter un arc et ses flèches destinées à tous les gibiers (grenouilles, oiseaux, cochons sauvages, agresseurs), cuire la farine de sagou après avoir pilonné le tronc de l’arbre pendant des heures, tester la guimbarde, affronter le réseau de la forêt, en apprendre les premiers marqueurs pour survivre.

« Où est la grandeur ? », demandait la voix intérieure avant de s’enfoncer une semaine dans la perte des repères. J’ai vu une réponse dans les yeux, les sourires et la pudeur des gestes, d’inconnu à inconnu, de quelqu’un à quelqu’un plus que de personne à personne. Ils se sont observés, identifiés, reconnus, estimés. Ils se sont fait égaux de son et de main. Puis chacun retourna à sa forêt, pleurant la parenthèse qui les fit chasseurs d’ombres et d’esprits, pendant que l’arbre fendu donnait goutte à goutte.

 

Laurent Campagnolle,

 


Loyan, Dorian Ferret – Les nuages se lisent à leur vitesse de défilement


du dossier de la photographie européenne: auteur non identifié

Les nuages se lisent à leur vitesse de défilement

 

De la  section cyclades-cyclamen  de Loyan

 

 

Les nuages se lisent à leur vitesse de défilement sous la blancheur de la nuit extérieure

je ne sais plus lire les étoiles

des lumières avancent clignotantes dans un ciel vers lequel on n’érige plus d’observatoire et où tous les amas seraient nommés

j’ai perdu l’être primordial sous le jaune des réverbères et de leur végétation

je ne serai plus jamais ces tronçons et lignes, fortune de terre

rien n’est jamais lié à toi

« Mes mains, je les imagine me pendant à la branche d’un arbre, après m’être enfoncé dans un bois »

voilà où m’a conduit l’énergie froide de la re-naissance

 

 

 

 

22 novembre 2004

 

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