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Mémoire debout ( RC )


 

photo perso:            menhir des Bondons –           Mont Lozère

 

C’est une pierre
Qui s’endort
Sous le soleil
Lourde de mémoire

Ce sont des hommes
Qui la réveillent
Et la charrient
Contre les pentes

C’est une pierre,
Un esprit, une sentinelle
Qui est dressée, solitaire
Contre le vent

C’est une énigme
Sa présence, jetant un défi
A la physique de Newton

Mais tu t’endors,
A son ombre, et à la tienne
Les papillons se posent

Comme ils se sont posés
Sur le menhir dressé
Juste à côté.

RC   –  15 Juillet  2012

 

photo perso: menhir vers St Julien d’Arpaon – Cévennes (48)


Debout au vent ( RC)


photo personnelle: Causse de Sauveterre  –    Lozère – le chêne blond

Les terres balayées,    griffées  des Causses neigeux,
chapeautés de gris vert,  c’est  en silence
Qu’elles  comptent les saisons
Et que les arbres en patience, marquent la distance

Secoués de notre absence, secoués de la main large
Du souffle froid régnant sur les domaines désertés
Là haut
Et , lui, recroquevillé en résistance

Le petit chêne blond au milieu des stries bleues
Des pentes grises, qui , d’une volonté tenace
Peut-être en prémonition de  visite
A refusé de laisser ses feuilles partir au vent…

Et accueille malgré tout la lumière

RCh  22 Janvier 2012

————

pour info,  le causse  de Sauveterre, se situe en Lozère,  c’est un des plus grands  en superficie,  des grands Causses ( Larzac, Noir, Méjean )…   Le Sauveterre tient  son nom d’un petit village  du même nom,  à la  « verticale  »  de Ste Enimie,  bien connue  des touristes de passage. ( moins connaissent les  charmes plus austères  des  « hauteurs » )

plus  d’infos  en images:  c’est  sur mon blog parallèle, où je fais parler la photo  (photo-loz):

et ce texte est inspiré  de l’Ode au vent  de J Séné,

dont  j’ai  retranscrit précédemment une  de ses créations ( comme une apparition)

-complété le 3 juin 2012 après la lecture  du poème

de Jacques Delaveau: ( visible sur le site de Claude Ber)
FEUILLE ROUGE RESTÉE

Les oreilles du lièvre aussi sont fragiles
que dire du rouge-gorge qui s’est aventuré dans la pièce où j’écris
viens lui dis-je d’une voix adoucie en le prenant
entre mes mains qui tremblent de ce qu’il tremble
que je te rende l’absolu de ton ciel où tes semblables règnent
parce que vous êtes purs comme la neige et les prophètes

Et cette feuille qui a navigué si longtemps
en demeurant toujours à la magistrature de sa branche
d’où elle assiste au lent procès du jour
sèche noyée de pluie parcheminée comme une main

L’hiver ne l’a pas rendue à la terre
elle est rouge du feu qu’elle ignore
plissée d’une lointaine rêverie
la branche autour est nue comme la vérité
quelle est la vérité ? quelle est son heure ?

(Instants d’éternité faillible)

 

 


cet hiver à venir qui se cache (RC)


En écho à Nath  (  bleupourpre)….   et ma réponse  sur L’aveu de l’hiver sera assez tôt…

Et cet hiver à venir qui se cache

Soies et cachemires sont à broder
Aux feuilles et racines par l’été érodées
La lumière jaillissante enlacée
Tables paillardes agacées

Accordéons et fêtes en cours
Aux gibiers ruisselants, chasse à courre
L’après-midi digeste de la cuisine des dieux
Porte les plateaux ocres jusque vers les cieux

En attendant des temps moins cléments
Des outrages d’orage, et vents déments
D’un engourdissement allant vers l’oubli
Sous le froid latent des montagnes et des plis.

neige au mont Lozère, photo personnelle

—–

Et la patience des pins restés debout
Encapuchonnés de blanc sur le vert, marabouts
Et l’obstination à ne pas faire deuil
Du chêne blanc, à ses feuilles

Se déroulent sur le causse les saisons
Dont on attend l’improbable horizon
Sous la marche forcée des nuages
Cachant de l’hiver, le vrai visage