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Château les rêves , alphabets de pierre ( RC )


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photo:  St Julien du Tournel  –  au pied  du mont Lozère

 

Un château de rêve

Suspendu dans la brume

Navigue lentement

Lourd volatile au milieu des aigles

Alphabet de pierres

Assoiffées de l’onde

Les cristaux du poème.

Les peintures de Magritte

Chimériques

Echappées des rocs

Issues de l’esprit

Comme vagabondent

De l’âme et du monde

Mots en fantaisie.

Château des esprits

Vaisseau des écrits

Traversent les obstacles

Annulent les distances

Comme les ailes frôlent

De leurs plumes,            paroles,

Et les tours rondes   des songes.

peinture: René Magritte: le château des Pyrénnées

peinture: René Magritte: le château des Pyrénnées

Comment créer vraiment

Ce qui n’est pas encore

Et lui donner corps ?

Corps à penser, corps à rire,

Coeur à corps et à cris…

Même si c’est murmures

Aux furies du vent…

Château des écrits

D’édifices fragiles,

Cristaux de papier,

Traversent aussi le temps,

Espaces et nations,

Vertiges et vestiges,

Siècles et révolutions.

Une vue de l’esprit ?

Aux déserts,      mirages,

Qui persistent     et signent

En ouvrant paupières,

Même en coeur  de nuit noire,

….Au trente-sixième dessous,

Le rêve n’est pas dissous.

RC – 29 mai 2013

L’expression  « Alphabet de pierres »  est issue  d’un des poèmes  de Henri-Etienne Dayssol, auteur  de « Voxpoesi »,- plus exactement  l’expression « alphabets des pierres », nous rappelle-t-il… et qui anime le site poétique – du même nom…


Attendre que se dilue le temps (RC)


Steve Messan drop, - voir some-landscapes.blogspot.com

 

Attendre , debout, dans la gare

Aux mouvements pressés des passagers

Venant tous d’un ailleurs,

Ou se cherchant une voie d’ailleurs

 

Et pensant que seul le décor changerait

Comme un tapis des villes  et des champs

Et qu’une foule de personnes identiques

Serait reportée dans un ciel de Magritte

 

Attendre dans la salle vide

Sous le regard  rond  de la pendule

Et l’alignement régulier des chaises

Au faux air  d’objets soumis

 

Attendre dans la salle pleine

Sous le regard pressé de la pendule

Et l’alignement  défait des chaises

Soupirant sous le poids des personnes

 

Attendre  au carrefour où les autos

se traînent ,et le bus qui ne vient pas

la poussière des champs  sur l’asphalte

Et mon ombre pointant avec le soleil.

 

Attendre  que se dilue le temps

Marqué par les heures sentinelles

En un reflet de pierres, en, suspension

En patience de lac endormi.

Art: sentinelles de sel Jean-Pierre Formica photo Eric Preau


Mercredi dans les Alpes (RC)


photo perso: lumière du matin dans les Cévennes ( St Cirgues en Montagne)

——–

Pourquoi j’ai choisi ce titre ?

Hein,  -sans doute parce que

Cà sonne comme un jour  changeant ,

Et les sonnailles du bétail dispersé.

 

Le lendemain, transforme le monde,

Les murailles  gris bleu sont maintenant orange

En tournant la tête, je déchire   quelques  nuages

Cavalcade  de quelques bouquetins en  éboulis

 

Le lendemain est aussi tout à l’heure

L’épaule suspendue  de la montagne

Se teinte  d’éclairages  d’hiver et la fantaisie

d’oiseaux de Magritte englués dans le roc

 

Sages tracés de remontées mécaniques

striant les pentes de lignes mobiles

Ruches bourdonnantes d’immeubles agglutinés

Comme d’excroissances vénéneuses.

 

Le lendemain changeant me dit le pays voisin

Transformant la parole, en langage étranger

Mon père disait  » mâcher de la paille »

En absence – Prévert -de passage- muraille

 

Et de tunnels routiers audacieux

Et les spirales des voies ferrées d’antan

Forant des kilomètres  rocheux

Et jouant    des ponts si  improbables

 

C’est vers Tende, je me souviens

Me rappeler pourquoi, avant la mer

Les pentes  sont  encore les Alpes

Les replis gardant de petits  lacs miroirs

 

Autant de joyaux liquides

Aux balcons des pentes velours

Le lendemain qui transforme le monde

Attend en silence le départ de l’ombre

 

Le rideau de lumière, combattant la nuit

Après avoir happé les  crêtes,

Peu à peu lui grignote une part de jour

En allégeant son triangle- c’était en rosé

 

Le lendemain est aujourd’hui, posé

L’aube a relégué mercredi

D’un  éclairage nouveau le haut fantasme

de glaces                      construit le jeudi.

—-

RC

5 fev 2012

Peinture: René Magritte