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Perfections et symétries – ( RC )


 

Tu mesures les formes parfaites,
où tous les côtés se répondent,
et obéissent aux mesures identiques .

Ainsi le constructeur tend vers l’utopie
de la vision où la mathématique
prend le dessus de la vie .

Les rosaces des cathédrales,
tournent en mouvements figés ,
aux soleils fractionnés,

Les mosaïques aux jeux complexes,
zelliges enchevêtrés
excluent l’humain dans le décoratif.

Des palais imposants,
forçant la symétrie,
se mirent à l’identique

avec le double inversé,
du bavardage pompeux
des images de l’eau .

Se multiplie la dictature
de la géométrie des formes
répondant à leur abstraction ,

comme des planètes qui seraient 
cuirassées dans une sphère lisse
d’où rien ne dépasse.

…  Des formes si lisses,
voulues à tout prix,
qu’elles génèrent l’ennui

excluant la fantaisie
le désordre
et le bruit.

Les formes parfaites
s’ignorent entre elles
définitives, excluant la vie

comme des pièces de musée,
pierres précieuses,
diamants de l’inutile

dont finalement
la froid dessin, clos sur lui-même
finit par encombrer .

Dans le passé, on ajoutait
à un visage de femme trop régulier
un grain de beauté, une mouche,

quelque chose pour lui apporter
une différence, un cachet
sa  personnalisation, un « plus » de charme

une irrégularité, une surprise,
portant dans son accomplissement
la griffure du vivant

Elle se démarque du cercle fermé
de la beauté idéalisée par quelque chose
contredisant la perfection

Celle-ci demeure une vue de l’esprit,
bien trop lointaine
pour qu’on puisse s’en saisir.


RC – août 2016

 

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Automne du manoir – (RC)


--

 

 

 

 

C’est l’automne au manoir, et ses vitres troublées.

Le rendez-vous des fantômes  et leur vie moulée

Dans les interstices  des boiseries du château

Les tissus étanches  d’araignées pensives

 

Voiles pendantes, de temps  étirés

Aux tains  ternis des miroirs piquetés

Et des lattes vermoulues, qui cèdent sous les pieds

Mais pas ceux des spectres, toujours attentifs

 

A rapporter les légendes  à mademoiselle la hulotte

Qui manifeste son intérêt en secouant ses ailes

Et qu’approuve toujours un nuage de poussière

Grisaillant un peu plus les livrées des laquais

 

Suspendues  dans l’office, seulement rafraîchies

Par  la pluie  qui s’infiltre à travers la toiture effeuillée

Et  la porte dégondée, qui baille au passage

Sur les malles ouvertes  aux  cuirs affaissés.

 

——–Négligence coupable du personnel de service

Qui a laissé se voûter, la splendeur des pourpoints olive

Les perruques  poudrées d’une  époque , sans plus avoir

Sur la glace, de la cheminée de style, un humble reflet.

 

Le  parc  à l’ordonnancement  sarcastique

Et symétrique , les allées encombrées  de ronces

A  fini  par renoncer aux mathématiques

Clos par sa haute  grille,       – et scellé par le temps.

 

 

 

RC  11 avril 2012