voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “mécanique

Jean-Michel Espitallier – La chute –


Fernand LEGER -Nature morte aux éléments mécaniques

.

La chute, molle.
Dans le volume du cylindre,
La coulée des graisses s’étale sans plisser, régulièrement.
Des mèches finissent de se consumer.
Des bouts,
Quelques fragmentations,
Un voile d’essences volatiles,
Et c’est tout.

La chute.
Une attente allongée, flottante.
Une attente sans sonorité
(Les résonances du volume sont si amples).
Tout est arrondi.

La chute.
L’effondrement des pans,
La violence des projectiles,
La tendre épaisseur du vide sans vertige,
Elle choit,
Livrée à l’immédiat de sa détente,
Dans le déferlement strident de la lumière.

Ponts de Frappe

Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne


Marc Hatzfeld – la pensée


L’HORLOGE DE LA GALERIE DU CLARIDGE

   horloge à eau , imaginée par Bernard Gitton,

Une araignée mélancolique
File la toile mécanique
De la pensée automatique
Et toc
Du temps savant
Que la clepsydre famélique
Des gouttes crottes
Porte au cadran symptomatique
Des mots pesants
Qui balancent leurs tacs
et leurs tiques
Pour que s’enchaîne le rythme logique
Du corps pourri
De la pensée cacophonique
Et toc
Qui m’étouffe le cœur.

Marc Hatzfeld est par ailleurs auteur de livres « reportages » et engage une réflexion sur le génocide au Rwanda; comme « là où tout se tait »;


Cheminement contradictoire – ( RC )


Sorry Giotto is a new LED lighting collection by Italian brand Catellani & Smith. The name refers to the legendary perfect freehand circle drawn by Italian painter Giotto di Bondone in the 14th century. The modern circular objects in question are made from hand painted copper and LED, projecting relaxing warm light on the vertical surface. The collection includes a wall and a floor versions, the latter of which has already scored the ‘Best Floor Light’ award at the Wallpaper Design Awards ...:

 C’est devenu une habitude :
Je supporte mon corps
Apparemment sans effort .
Ses poumons  s’ouvrent  à l’air  extérieur,
Le cœur  est  toujours en lieu sûr,
Et se manifeste par une pulsation,
d’ une évidence, portant à l’oublier.

Le chemin est tout tracé pour le sang :
Il suit son cycle, sans qu’on ait à ouvrir la mécanique,
Ni qu’on la remonte  avec un ressort .
Les muscles  sont  en place,
se contactent  quand  on le leur  demande,

Mais il y a toujours un fossé,
où le corps, dans  sa familiarité ;
voisine l’esprit,
sans intention de lui nuire :
Un décalage au monde,
comme  si la langue  que je pratique,
n’était pas celle des autres .

Un cercle invisible  difficile à franchir,
occupé par les gestes  quotidiens,
âme prisonnière de son destin,
côtoyant les démons intérieurs
qu’elle  souhaite pourtant combattre.

Et où en trouver  l’énergie,
si tous se nourrissent du même  sang,
de l’air que je respire et des mêmes pensées ?
De leur bavardage  continuel,
ils conduisent mes pas :
d’une démarche  qui se veut  assurée,  
dans des intentions contradictoires .

Je connais leur  dialecte,
mais je n’ai pas, pour les comprendre,
la version complète,
chacun empiétant sur l’autre
en une oscillation perpétuelle  .


RC –  sept 2015


Henri Bauchau – LIANT Déliant


photo montage perso.

 

 

 

 


LIANT DELIANT

Doutant du regard
doutant de la voix
doutant du passage réel
de l’amour dans les bois enroués par l’hiver

Suivant le courant
la voie des rivières
relisant du cœur
les points les accents la course légère
de ses lignes bien espacées

Doutant redoutant
l’arrêt du soleil
des songes du temps des dons du sommeil
ne redoutant plus
l’air en mouvement l’écriture claire
liant reliant
déliant l’émoi
de sa mécanique légère

Henri Bauchau, Poésies 1950-1986, Actes Sud, 1986