voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “mesure

Carolyn Carlson danse Rothko – ( RC )


photo :dialogue avec mark Rothko – Carolyn Carlson

 

Carolyn Carlson évolue dans l’espace.
Celui-ci est clos.
Il partage une  série de grandes toiles peintes.
Ce n’est pas un décor,

où le noir lutte  avec le rouge
et le rouge  chavire d’orangés
« blottis dans les  recoins enflammés de lumière ».
         La couleur est habillée et se déplace  .

Traversés de vermillon,
les habits noirs de Carolyn
Portés de gestes lents
Sont autant pinceaux  que tableaux.

Des aplats écarlates s’y meuvent  ;
le corps est graphie,               la danse est solo
Le dialogue  s’engage  et répond,
Aux peintures  de Rothko .

Il semble             que la lumière sourd de la toile,
se met  en mouvement
           Confronté à elle,      le corps  , parfois  se fond,
le déplacement  est sa seule  mesure.

Les ombres portées la précèdent  sur la  scène.

RC –  juin 2015

 

*  l’expression

« blottis dans les  recoins enflammés de lumière« , est de C Carlson elle-même.

peinture M Rothko untitled red 1964

peinture            M Rothko untitled red             1964


Tomas Tranströmer – Cartes postales noires


gravure: Hirano Naoya

gravure: Hirano Naoya

I,
L’agenda est rempli d’un avenir incertain.
Le câble fredonne un refrain apatride.
Chutes de neige dans l’océan de plomb. Des ombres
se battent sur le quai.
 
II,
Il arrive au milieu de la vie que la mort vienne
prendre nos mesures. Cette visite
s’oublie et la vie continue. Mais le costume
se coud à notre insu.
 
Baltiques, Le castor astral et les Ecrits des forges, 1989

Mario Luzi – à l’image de l’homme ( extrait )


sculpture: visage dans une plaquette - pierre   art punique

sculpture:                 visage dans une plaquette – pierre                   art punique

 

 

 

 

Trop différente de nous. Trop

hors de portée de l’appel

ou du signal de retour.

Anéantie même

douceur et tourment

du souvenir et de la différence.

 

D’au-delà de toute mesure

humaine il nous regarde,

cet âge qui fut souverain,

pétrifié par sa distance

soustrait par l’oeuvre du temps

au temps et au changement.

 

Ô ère qui es la nôtre

et qui te fossilises peu à peu,

fais-moi sortir du ventre

de ton dur monument

comme chenille, comme chrysalide dans le vent.

L’après, le plus, doit venir à l’aide.
.

 
.


Prisonnier de la petite condition ( RC )


 

 

 

peinture perso.  Détail

peinture perso   1998. Détail

Prisonnier  de la petite condition,
De ma fatigue, l’essence de la vie
Je rayonne moins  qu’un cheval au galop,
Et moins encore qu’un train,
Un assemblage de mécaniques,
qui ne pose aucune question,
Ainsi se délimite
Le contour des choses,
Le rayon d’action,
Ce qui est à portée  de mains,
Ou de geste.

Je me rappelle, comment la base des arbustes
Est taillée régulièrement
Dès lors que les chèvres  s’en chargent
Pas plus loin que ce que permet
L’extension maximale  de leur corps,
Et de même
Ayant rassemblé mes esprits
Mes idées  éparpillées,
Utilisant le jour,
Comme le permettent mes forces,
Je  délimite un espace

En empiétant sur la nuit,
Qui fuit de temps à autres,
Mais si peu,
La cellule mobile
Que je tapisse
De couleurs
Et de songes
Matériellement , peu définie,
Mais qui reste
Comme un costume
A ma mesure.

RC-  23 mars 2013

 


Robert Marteau – La Sagrada Familia


photo Céline & Jeremy, de leur blog  Paris-Bali:                intérieur de la Sagrada Familia – Barcelone  —   A  GAudi

C’est défaite d’abîme,  étrange astrologie!
Les vagues prennent corps,coiffent, chaussent l’azur
Du feu le plus léger.  Tout s’élève en un mur
Organique de plis, d’entrailles; vers la vie

Tout monte;  d’elle tout s’éloigne;  la mesure,
Que brise le ressac, que la flamme dévie
En solaire oriflamme,  à la pointe surgit
Du métal affiné par la foudre, très pur,

Très saint,unique cri que la pierre répète;
(Sanctus! ) seul cygne ou prend sa forme la trompette,
Dans ce réseau de nerfs clamant son agonie,

Proclamant son triomphe;et sa note s’appuie
Sur la nervure et l’os, le moignon que l’esprit
Reconnaît pour sa voix,  son trèfle en broderie


ROBERT MARTEAU :  extrait de « terres et Teintures »


Eclaircie – Porte close


.

peinture: Georges Braque: les oiseaux de nuit

 

 
Comment partir
sans ébrécher les ailes de la nuit
voiler le rayon du soleil

Le chemin bordé de ronces
s’était pourtant ouvert
happant la crainte

L’océan avait enfoui le silence
dans ses vagues
le temps qu’au front de mer
le pas hésitant se mesure

Et puis
il y a eu ce matin
où la porte s’est refermée
laissant une âpre brume
à côté du foyer

(pour René P)

 

 

Eclaircie  est le pseudo de l’auteure  qui publie, par ailleurs  sous un autre nom  sur JePoeme  – un site  d’amateurs  qui est très divers  on y trouve  du moyen comme  de l’excellent  – à mes  yeux- …  il faut chercher, évidemment…

je  crois  que celui que je  re-publie  appartient  à la  seconde catégorie…

 

cheminée du château de Blois