voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “Michel Hubert

Michel Hubert – captif d’un homme


 

 

Gandy_Comparative_Architechture_1837_186_detail.jpg

image  : Gandy

 

10  –

Quand on sait ce qu’est la perversité

pour qui je désespère

d’une larme trop facile

sans que le corps étouffe

et se détruise dans l’horreur de mes mains

  • quand on est soi-même pervers sorcier qu’une jeunesse afflige –

quand on sait à quel rôle ultime de frontaliers seront voués ses yeux à la seconde même de glisser dans la mort on applique à chaud la lumière des givres

Je pleure ?

moi le sourcier de mon visage pour tuer l’hypnose de la lampe dans ce long souterrain

( j’ai deux petites épingles de bronze une dans chaque main pas plus grosses que le plus petit des chagrins )

je me suis approché sans trembler de mes yeux

toute affiche d’un fleuve si belle

si chromatique soit-elle finira dans la nuit de l’égout

 


Michel Hubert – Captif d’un homme – 11


-11-

Pourquoi tant de lumière livrée à l’universalité de l’aile montante ?

pour une plus haute et plus incandescente approche de nos yeux ?

toute la vérité ses mensonges poisons qui n’ouvrent pas seulement la mort à nos sommeils profonds

non

il n’y a rien de réparable dans le Dieu de ton Sexe au tonus de mezscal puisque c’est un tout ou rien puisque c’est

MOI ou RIEN (et je ne crois pas que ce Dieu face à la casse dans mon langage ait un accent suspect)

il n’en demeure pas moins que je serai

que je demeure ta chaude et tendre prévision

l’amour

le nécessaire pour les noces

la mort

tout ce qui est jeu est provisoire le vert est communautaire

mais le jeu sait

le jeu est fait pour savoir

qu’est-ce qu’un enfant pour la chasteté ?

extrait du recueil  » Hypothèse de craie  »        1983

peinture: Le Greco

peinture: Le Greco


Michel Hubert – Captif d’un homme – La cendre


 

 

Montage perso  - à partir de photos de Bretagne  et Tournus

                       Montage perso – à partir de photos de Bretagne et Tournus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La cendre

blesse de froid

ses pluies les plus aveugles

sur ton masque d’absence

d’autres vies sans retour s’appuient de même au simulacre de ton corps dans ma parole tue

quelle aile blanche de l’enfance ne s’est au moins soudée une fois qu’une seconde même à mon embrasement ?

dans la mémoire la marée monte

monte de tout ce que j’ai pleuré

pour ton visage

pour tes lèvres arrachées

de mon souffle

os à nu

pour la grisaille sans larme

dans mes veux

hors la limite imperturbable

d’un tel visage humainement terrestre

 

L’ombre

l’ombre d’inaperçu délimite que trop sous l’aile blanche de l’irréel ce grand voile noir de mon regard qui s’épaissit aussi lentement dans l’appel fatidique du soir

Il ne suffit pas de la lumière en lentes coulées blanches limpides comme des bras

et ce possible retour

sans origine

qui serait ne plus rien dire

Bientôt j’aurai besoin de tes yeux à la ferveur éclair d’un poignard dans l’unité blanche de l’être

et qu’a l’école de ma nuit j’attends des eaux que cesse tout ressac de mort

 

extrait du recueil  » Hypothèse de craie  »

1983


Michel Hubert – hypothèse de craie – captif d’un homme 13


photo  Christine Lebrasseur

photo Christine Lebrasseur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-13-

pure et simple

ce qui n’était qu’intuition

de ce feu

ô phalène crépusculaire

eut suffi à maintenir

ta pâle fascination de l’hiver

plus longuement distincte

de celle autrement transparente

de la mort

on ne recommence pas deux fois

à la face l’innocence

même si j’accepte ta douleur

-illégitime ta douleur-

comme le plus fidèle double de tes yeux

certes ton double même vieilli

d’aussi longues années

se souviendra

que dans cette réalité fragmentaire

il est un ailleurs encore

-par delà les terres basses de l’enfance auquel tu appartiens

 

 


Michel Hubert – Hypothèse de craie –



Plus au sud du rêve
ah pas qu’un soleil plus au sud du rêve :
certes
rien n’est si simple
aussi simple
que la géométrie bleue
d’un ciel andalou
c’est d’Arcos a Ronda pourtant

dans la Serrania

que l’homme sculpté

dans les troncs d’oliviers

se tord en ombre

des mille scolioses du sud

 

– extrait de  « hypothèse de craie »  – captif de l’homme